Thomas Cook Group

(NOT) FOR SALE – 2

Nous avons évoqué dans un précédent article les rumeurs incontrôlées qui sont récemment apparues après un article paru dans la presse sur la vente éventuelle de Thomas Cook Group. Pas de fumée sans feu comme dit le proverbe, mais ce n’est peut-être qu’un feu de paille... Nous avons repris dans une première analyse 5 faits incontournables en rapport avec Thomas Cook. Aujourd’hui, nous abordons 5 pistes possibles. Une remarque au préalable : ce ne sont que des hypothèses.

Piste 1: vente de Tomas Cook Airlines.

C’est le scénario le plus classique. Si le groupe devait céder la compagnie aérienne, cela lui rapporterait beaucoup d’argent. On pourrait alors s’attaquer à résorber la dette et des investissements pourraient également être effectués au niveau des produits. Il est crucial dans ce cas que Thomas Cook Group ait la certitude de bénéficier du volume de sièges nécessaires pour ses clients, à un prix concurrentiel et avec une flexibilité de rendement. L’entreprise peut obtenir cette garantie en l’intégrant dans l’acte de vente. Une autre possibilité est que Thomas Cook aille faire son shopping dans le monde du transport aérien. Ce serait une étape difficile, mais intéressante compte tenu du risque de sièges excédentaires.

Estimation piste 1 : probable

Piste 2: des investissements effectués par le principal actionnaire

Il s’agit de l’acteur qui possède aujourd’hui le plus grand nombre d’actions (17%) : Fosun. Ce conglomérat chinois est propriétaire du Club Med et possède une joint-venture avec Thomas Cook pour le marché chinois. Détail intéressant : Fosun ne peut pas acheter la combinaison tour-opérateur + retail + compagnie car les directives européennes interdisent qu’un acteur non-européen devienne actionnaire majoritaire d’une compagnie aérienne européenne.

La piste Fosun pourrait devenir réaliste avec ou après une vente de TC Airlines à une tierce partie. Fosun développe une stratégie d’investissement originale : l’entreprise utilise ses moyens impressionnants dans des activités qui apportent ‘’Health, Happiness and Wealth’’ au consommateur. Cela se traduit dans un portefeuille diversifié avec des participations, entre autres, dans le Cirque du Soleil, la brasserie Tsing Tao (une bière qui est toujours 1 € plus chère en Chine qu’une Heineken ou une Stella) ou la marque française de luxe Lanvin.

Estimation piste 2 : possible

Piste 3: investissements dans Thomas Cook par les plus grands fonds de capital à risque.

Il s’agit avant tout de fonds qui ont déjà de l’expérience dans le secteur du tourisme. Viennent spontanément à l’esprit les noms de KKR et EQT (sans rapport direct). Attention : cette piste est encore plus hypothétique que la deuxième. En effet, aucune de ces entreprises n’ont émis le moindre intérêt pour Thomas Cook au cours des dernières semaines. EQT est propriétaire de Kuoni Group et KKR a racheté une série d’acteurs de niche appartenant précédemment à TUI et qui ont été mis sur le marché sous le nom de Travelopia. Elles ont donc une expérience certaine dans le domaine du tourisme, mais rien de concret à ce jour vis-à-vis de Thomas Cook.

Estimation piste 3 : cela se pourrait, mais pas pour le même prix.   

Piste 4: une fusion avec un acteur existant.

C’est sans doute le scénario le plus improbable de tous. Mais comme nous sommes en train de dresser la liste des possibilités théoriques, il ne faut pas écarter cette piste. Evidemment, une fusion avec TUI, par exemple, entraînerait beaucoup de questions en Europe. Ce ne serait pas non plus un mariage idéal : trop de doublons en termes de départements, de postes et de destinations et une trop longue relation concurrentielle. Mais il ne faut jamais dire jamais. Le sujet a été évoqué avec dédain dans les couloirs des hautes sphères de TC et TUI, mais des ébauches de plans ont été envisagées ici et là chez certains conseillers stratégiques. You never know, comme on dit.

Estimation piste 4 : si cela devait arriver, j’irai de Louvain jusqu’à Groningen en vélo et je m’arrêterai pour discuter chez chaque agent de voyage sur le trajet. 

Piste 5: une acquisition par un géant online

C’est un scénario qui devait selon nous être sérieusement envisagé. C’est aussi une piste que nous avons déjà évoquée plusieurs fois dans des articles et des présentations : que se passerait-il si un acteur comme Expedia ou Booking Holdings se décidait à faire des avancées stratégiques considérables dans le domaine ‘’High Tech, High Touch’’ ? C’est le CEO d’Expedia lui-même qui l’a dit il y a deux ans : ‘’We have to put the A back into OTA’’. Ces acteurs disposent des fonds nécessaires et ils peuvent facilement convaincre d’autres investisseurs avec un regard stratégique acéré sur l’avenir. Le résultat serait un mix de ‘’mainly product & retail’’ (TC) et de ‘’mainly technology and online sales’’.

Estimation piste 5 : Osé ? Peut-être. Intéressant ? Certainement.

 

Conclusion temporaire : il n’est pas certain qu’une de ces pistes soit empruntée dans les mois qui viennent. Mais en considérant également les faits, nous avons un meilleur aperçu des besoins et des possibilités. Prochain article : une dernière analyse très personnelle de l’avenir éventuel de Thomas Cook. Alerte spoiler : il existe différentes possibilités positives à première vue dans cette situation Catch 22. Mais il faut aller au fond des choses pour les voir. Nous le ferons. Mais avant cela, nous aurons écouté les déclarations du CEO de Thomas Cook Group, Peter Fankhauser, au Skift Forum de Londres. Greetz from London !

30-04-19 - par Jan Peeters