A propos de l’attentat de Sousse et du rôle de la communication B2B

J’ai été vite tenu au courant de l’attentat de vendredi dernier. J’ai cependant décidé, en accord avec l’équipe de Travel306°, de nous retenir de tout commentaire avant le début de cette semaine. La raison est simple : vous ne pouvez rien ajouter à chaud dans votre communication B2B aux informations diffusées toutes les minutes sur tous les médias à travers le monde. C’est improductif.

C’était vendredi 26 juin 2015, peu après midi : tous les signaux d’alerte en ligne se sont enclenchés. Twitter, Facebook, BBC, Le Monde, CNN : tous diffusaient le même message en même temps. Une deuxième catégorie de médias a repris rapidement et fidèlement les informations communiquées au niveau international. Une troisième catégorie a été prise de vitesse par tout le monde, mais a tout de même trouvé nécessaire de communiquer le même message pour la xème fois.

C’est à ce moment que nous avons décidé de nous taire et de suivre la situation comme les autres. Un attentat a été commis dans une station balnéaire internationale bien connue. Le nombre de morts augmentait toutes les
demi- heures. Les victimes étaient des touristes, le tueur était arrivé par la mer et a ouvert le feu à un endroit qu’aucun pays ne peut protéger totalement : le littoral. Et ensuite à l’intérieur de l’hôtel d’une des chaînes hôtelières les plus appréciées des vacanciers belges. On n’avait encore jamais assisté à une telle conjonction d’événements horribles.

J’ai vu la quantité phénoménale d’informations me tomber littéralement dessus et j’ai décidé de m’en tenir à notre décision commune : ne rien communiquer. Pourquoi : Si vous communiquez en tant que plateforme B2B, vous devez pouvoir ajouter quelque chose de pertinent. Et ce n’était pas possible à ce moment. Ni pendant le week-end. Nous le savions aussi : chaque fois que vous alliez taper sur votre site, les mots ‘Tunisie’, ‘terrorisme’ et ‘Sousse’ dans les 36 heures suivant l’événement, vous alliez obtenir des dizaines de milliers de liens possibles. Mais ce n’est pas là l’essentiel.

En effet : nous savions également que ce n’était pas le moment d’essayer d’entrer en contact avec les tours opérateurs, les hôteliers ou les compagnies aériennes. Ils étaient occupés à rassembler eux-mêmes des informations avant de prendre des décisions extrêmement importantes en étant mis sous une énorme pression et en espérant que ces décisions soient judicieuses.  
Pour ma part, j’ai pu difficilement trouver mes mots devant l’horreur de ce lâche attentat.  Mais j’ai pu fait part de ma solidarité envers avec mes collègues tunisiens et les familles concernées. Car vous devez respecter des priorités dans votre communication à de tels moments. Et donc également avoir le devoir de vous taire. Dans ces circonstances, toute communication qui n’ajoute rien, est vite perçue comme étant opportuniste, voire pire.

Dans les jours et les semaines qui suivent, nous allons devoir répondre ensemble à 3 questions fondamentales. ‘Et maintenant ? Comment poursuivre le tourisme en Tunisie ? Comment allons-nous faire pour répondre au consommateur qui nous demande des garanties sur sa sécurité ?’ Nous allons tous bientôt à nouveau nous concerter. Car c’est notre job de trouver des réponses à ces questions.

Est-ce que cet article apporte quelque chose au débat ? Je ne sais pas. Mais j’ai simplement voulu clarifier notre position. Voilà qui est fait.

30-06-15 - par Jan Peeters