Put The World First

A propos de politique

Je le sais : le tourisme ne se mêle pas en principe de politique. L’industrie du voyage est traditionnellement très prudente en la matière : nous sommes supposés être neutres. Donc un préalable : le contenu de cet article n’engage que son auteur.

Après les élections aux Pays-Bas et en France, certains ont été passablement déçus, mais une majorité a poussé un soupir de soulagement. Les partisans des frontières hermétiques, d’une société repliée sur elle-même et de la méfiance vis-à-vis de tout ce qui est ‘’étranger’’ n’ont pas gagné la partie.

Aux USA, un président a été élu avec une série de slogans dont ‘’Putting Amercia First’’ n’est pas le moindre. Cela se traduit actuellement par des tentatives d’interdiction de voyage pour certains pays, d’interdiction d’ordinateurs portables sur certains vols et d’un durcissement général des us et coutumes. On ne peut pas vraiment parler d’hospitalité.

La rhétorique de nombreux leaders européens qui aspirent à être plus ‘’solides’’ entraîne de plus grandes conséquences qu’escompté : cela mène à ce fameux durcissement, mot utilisé pour la seconde fois. Dans de trop nombreux pays, les citoyens sont incités à ‘’d’abord penser à nous‘’ ou au fameux ‘’on est chez nous’’. Le Brexit est un ‘’bel’’ exemple d’une telle mentalité.

Ce n’est pas bon.

Peut-être est-il temps que le secteur du voyage fasse entendre sa voix dans ce débat. Il a depuis toujours fait preuve d’une ‘’morale flexible’’. C’est souvent logique : nous emmenons des gens dans des pays où la plupart des richesses sont aux mains d’une petite minorité et nous faisons des affaires sur des destinations où des régimes dictatoriaux sont au pouvoir. En ce qui concerne la politique, l’industrie du voyage a depuis des décennies choisi la position de la pomme de terre : sans odeur et sans saveur, parfaitement neutre, pouvant être combinée avec tout.

Il est temps de faire entendre notre voix

Chaque pays, chaque nationalité qui choisit de se replier sur soi choisit de se couper du monde. Cela rend par définition le monde plus petit. Le secteur du voyage ne doit pas choisir pour l’une ou l’autre tendance politique, ce ne serait pas intelligent. Mais puis-je proposer un slogan qui pourrait tous nous rassembler ?
 “Putting The World First”

“We put the World First” doit être clairement la seule véritable position du secteur. Cela se traduit dans la liberté de visiter d’autres clients, d’autres populations et d’autres cultures, dans la durabilité, dans l’ouverture et la tolérance. Ce sont les valeurs fondamentales du tourisme et le secteur doit être particulièrement ferme à ce sujet et ne laisser passer aucune opportunité de défendre ces valeurs.  

J’ai écouté il y a deux semaines avec grand intérêt une déclaration de Derek Jones, CEO pour la Grande-Bretagne de Der Touristic Group. Derek a parlé en son nom propre : ‘’Ma vision, et c’est celle que j’ai toujours eue, est que les gens partout dans le monde aient une vie aussi satisfaisante que possible, pour eux et leurs proches. C’est le point le plus important que nous avons en commun. Mais cela signifie aussi que les gens ont plus de choses en commun que ce qui les différencie. D’où également une différence de perception entre le climat politique et l’expérience de voyage. C’est pourquoi, il y aura toujours des vacanciers pour se rendre en Turquie, au Moyen-Orient, en Egypte et en Tunisie.’’

Il serait bon de mener des études sur la satisfaction et le sentiment de sécurité des voyageurs. Mais ce serait encore mieux de revendiquer ensemble un slogan chapeaute le tout : “We Put The World First”. Hell, yes!

11-05-17 - par Jan Peeters