ABTO cherche président

Profil pointu!

L’Association des Tour Operateurs Belges (ABTO) est une des nombreuses associations professionnelles qui veulent chacune représenter une partie de l’industrie du voyage en Belgique. L’ABTO compte 23 membres avec des profils divergents. Quelques exemples : Jetair et Thomas Cook sont des tours opérateurs avec leurs propres activités de distribution et leur compagnie aérienne, Sunweb est un direct seller, Vacansoleil propose des vacances au camping, MSC Cruise est un croisiériste et des acteurs comme Wings ‘n Wheels et Caractère sont des tours opérateurs de niche. C’est donc un club très diversifié.

Le Conseil d’Administration n’est pas en reste : plus de la moitié des membres y ont un représentant. Un président, deux vice-présidents, un trésorier et 11 administrateurs : ça en fait du monde. Résultat : le Conseil d’Administration est aussi un club diversifié au sein duquel des intérêts antagonistes doivent incontestablement être défendus. Le président de l’ABTO doit ainsi veiller à ce que les intérêts de tous les membres soient entendus et c’est parfois une mission délicate.

Depuis le décès du président Claude Pérignon (TUI), la fonction a été reprise par les deux vice-présidents, Jean-Luc Hans de BT Tours (lui-même un ancien président) et Geert Raes de de Wings ’n Wheels. L’élection d’un nouveau président était à l’ordre du jour de l’assemblée générale de ce 27 avril. Candidats : Geert Raes et Luc Coussement (TUI). Un futur président doit y remporter le 2/3 des suffrages. Si ce n’est pas le cas, de nouvelles élections ont lieu le mois suivant et une majorité simple est alors suffisante pour être élu

Aucun des deux candidats n’ayant remporté les 2/3 des suffrages le 27 avril, place à une seconde élection le 18 mai. Entretemps, les candidats et leurs sympathisants vont pouvoir faire du lobbying, faire valoir leurs arguments en coulisses et faire connaître leurs positions. Personne ne l’avouera, mais c’est comme cela que ça se passe en pratique. C’est dans la nature humaine, non ? Dont acte.

Si vous examinez le profil des deux candidats, il est tentant de limiter l’élection à ‘grand acteur contre acteur de niche’. En effet, cela peut jouer – bien que les deux principaux concernés le nieront – mais là ne doit pas être la question. Une possible ‘domination de l’ABTO par les grands acteurs’ est un débat théorique, peut-être bon pour quelques discussions de comptoir enflammées, mais dans le monde réel, ce n’est pas à l’ordre du jour. En effet : l’ABTO a besoin des grands acteurs pour être crédible et pour peser dans le débat et les grands acteurs ont besoin des autres membres pour ne pas donner l’impression qu’ils prêchent uniquement pour leur chaelle. La discussion ‘grands contre petits’ doit donc être cantonnée là où elle mérite de l’être : à la rubrique ‘divers’.

Il est bien plus important que l’ABTO réfléchisse bien au profil de son président. Un président d’une des six (ou sept, je n’ai pas vraiment cherché) associations professionnelles en Belgique doit avoir du poids en interne et doit pouvoir arrêter une discussion si nécessaire pour forcer la décision. Cela doit être quelqu’un qui représente l’association avec charisme et qui doit pouvoir exposer clairement et ouvertement un point de vue face aux médias. Les caméras doivent l’aimer.

Pouvons-nous encore ajouter un point essentiel ? Le prochain président de l’ABTO doit pouvoir apporter une vision sur l’avenir de l’industrie du voyage et doit ouvrir l’association à d’autres acteurs. Autres éléments absolument indispensables : avoir du feeling par rapport aux développements du marché à l’échelle mondiale, avoir des connaissances sur l’évolution du comportement consommateur et être curieux de tout ce qui se passe dans le secteur. Le prochain président devrait pouvoir ouvrir les portes et les fenêtres de la maison ABTO, même quand les membres vont commencer à se plaindre que ‘cela souffle maintenant un peu trop fort ici’.

Pour conclure : l’ABTO a besoin d’un constructeur de passerelles permanent qui va devoir œuvrer à mettre fin à terme à cet éparpillement inutile et improductif entre les organisations du secteur en Belgique. Si aujourd’hui, un ministre veut parler à l’industrie du voyage, ses collaborateurs ne savent vraiment pas à qui s’adresser. Cela doit changer, du moins si nous voulons aller de l’avant.

Rendez-vous le 18 mai. Et en fait : cela peut aussi évidement être une présidente. Très volontiers même. Croyez-le ou non, jusqu’ici, aucune femme n’a encore jamais été à la tête d’une association professionnelle de l’industrie du voyage en Belgique. Ceci dit en passant.

28-04-16 - par Jan Peeters