Brussels Airlines & Thomas Cook

Deal stratégique

C’est un CEO de Brussels Airlines ravi que nous avons eu en ligne ce jeudi après-midi. Bernard Gustin : ‘’C’est un jour symbolique pour Brussels Airlines. Le premier vol vers Mumbai a décollé et grâce à l’intensification de notre collaboration avec Thomas Cook, nous allons augmenter de manière drastique  notre offre et le volume dans le segment loisirs.’’ C’est en effet un cap important, pour différentes raisons.

-Thomas Cook Belgique fait des choix

Thomas Cook Airlines dispose de cinq avions à Bruxelles et ce n’est pas une situation évidente. Une telle flotte est trop réduite pour pouvoir être gérée de façon rentable. Une solution s’imposait tôt ou tard.

Thomas Cook et Brussels Airlines collaborent depuis 15 ans déjà, mais au cours des cinq dernières années cette collaboration s’est transformée en un intense partenariat. Le nombre de destinations que TC offre via Brussels Airlines est passé de 5 en 2013 à 18 en 2017. Les deux parties ont maintenant l’intention de franchir une étape supplémentaire : on parle désormais de partenaires stratégiques pour les destinations de loisirs.

Aussi bien Thomas Gustin que le MD de Thomas Cook Jan Dekeyser insistent sur le fait qu’il s’agit d’une initiative locale : deux partenaires locaux voient les avantages d’un partenariat stratégique que les deux parties renforcent mutuellement. Brussels Airlines double l’offre de destinations de vacances et Thomas Cook augmente son offre de vols, sa flexibilité et son potentiel de fréquences. 

 

Travel360° Take: Les deux parties sont une division locale d’un acteur mondial. Il est réjouissant de constater qu’il y a de la marge, de la liberté de décision et du soutien pour le management local afin de concrétiser des idées et des initiatives créatives outside of the box. Ce partenariat donne au monde belge du voyage une nouvelle opportunité originale.

-Brussels Airlines accélère sa croissance.

Une estimation rapide : par cet accord, le nombre de voyageurs (Brussels Airlines parle ‘’d’invités’’) de Brussels Airlines va augmenter d’au moins un million. La compagnie choisit ainsi un accélérateur de croissance et l’objectif ambitieux de 10 millions de passagers en 2018 devient plus que réaliste. Combinez cela avec la dynamique des saisons loisirs et vous obtenez un scénario de rêve en théorie : le marché des vacances tourne à plein régime aux moments où le marché d’affaires faiblit et inversement. La division yield de Brussels Airlines va pouvoir s’en donner à cœur joie.

Travel360° Take: Un an après le 22/03/2016 et précisément un mois après l’annonce de la reprise de la totalité des actions par Lufthansa, le timing est excellent. Le management de Brussels Airlines apporte la preuve éclatante que la compagnie aérienne qui appartient à Lufthansa reçoit toute latitude pour déterminer son propre cap. Bernard Gustin : ‘’C’est un signal fort de la part de Lufthansa Group. Le développement de Bruxelles est une importante priorité stratégique du groupe et ces décisions locales sont également soutenues à 100%.’’ 

-Thomas Cook entrevoit des opportunités long-courrier

Les deux parties signalent explicitement qu’elles examinent les possibilités de long-courrier vers l’Amérique du Nord, les Caraïbes, l’Afrique et l’Asie. Cela pourrait aussi changer le paysage long-courrier de loisirs sur le marché belge : avec notamment l’Asie et les Caraïbes en forte croissance dans le segment vacances. Aujourd’hui, l’offre long-courrier de Thomas Cook propose il est vrai des vols au départ de Bruxelles, mais avec une escale à Francfort. Lufthansa est le principal fournisseur vers Francfort et Condor la compagnie long-courrier vers la destination finale. Une offre plus large de vols directs au départ de Bruxelles pourrait rendre Thomas Cook plus concurrentiel dans le segment long-courrier.

Travel360° Take: la déclaration émane de l’ex-patron de Thomas Cook Belgique Gert de Caluwe :’’Le marché belge est trop petit pour deux compagnies long-courrier de loisirs.’’ Avec cette solution, vous pourriez réunir le meilleur des deux mondes : une augmentation réaliste de la capacité long-courrier au départ de Bruxelles, sans la surcapacité qui va de pair. Et donc sans guerre des prix. Une croissance saine en d’autres termes.

 

 

-Un deal séparé : deux avions

Pour que tout soit clair, Brussels Airlines ne reprend pas Thomas Cook. C’est un deal entre le tour-opérateur et la compagnie aérienne. Brussels Airlines a effectivement besoin d’appareils supplémentaires pour assurer ses objectifs de croissance et via le nouveau contrat, il y a chez Thomas Cook Airlines des appareils et le personnel ad hoc disponible. Deux avions et 160 membres d’équipage vont donc aussi passer de TC Airlines vers Brussels Airlines, si l’intention est transposée dans le contrat.

Travel360° Take: Finalement, c’est aussi une bonne nouvelle pour les membres d’équipage concernés. Ils sont intégrés dans une entreprise locale à forte croissance et font partie d’une des plus importants groupes aériens au monde. Cela offre de nouvelles opportunités de croissance et de développement de carrières (internationales).

-Hybride au carré

Les deux acteurs jettent avec ce deal plus que les bases d’un joli business model hybride. Les trois combinaisons de services/tarifs de Brussels Airlines s’adaptent au positionnement des marques belges du groupe Thomas Cook : le client Neckermann attentif à son budget choisira la classe avantageuse Check & Go, les voyageurs Thomas Cook entreront dans le schéma Light & Relax et la marque premium Pegase sera associée à la formule Flex & Fast. Et le voyageur Brussels Airlines bénéficie d’une offre de service homogène en tant qu’invité d’affaires et/ou de loisirs.

 

Le caractère hybride de Brussels Airlines au niveau du mix de destinations sera également plus marqué : le nombre de destinations loisirs sera sensiblement augmenté et sur la plupart des destinations, le mix affaires/loisirs s’en trouvera renforcé.

Avec ce deal, Brussels Airlines franchit aussi une étape supplémentaire dans la combinaison d’une offre point to point avec connectivité qui tient la route.

Travel360° Take: Des déclarations comme ’’L’arrêt des activités de Thomas Cook Airlines est une catastrophe pour l’aviation belge’’ (Kurt Callaerts – ACV Transom) sont absurdes. Une offre plus large depuis Bruxelles, avec à terme des vols directs via des compagnies aériennes stables est la meilleure garantie pour un avenir prometteur. C’est une bonne nouvelle pour l’aviation belge, mais pour  cela vous devez voir un peu plus loin que le bout du tarmac.

31-03-17 - par Jan Peeters