Business Travel

Le voyageur, une priorité ?

Les différents segments du voyage sont prospectés un à un par différents acteurs, souvent de petite taille, qui souhaitent modifier le secteur et innover. Il y a aujourd’hui plus que jamais un intérêt croissant pour les voyages d’affaires. Le fil rouge de l’histoire : le voyageur doit être une priorité. Et c’est une nouveauté.

Une certitude remise en question

Le management des voyages d’affaires s’appuyait toujours sur une certitude : l’entreprise paye, donc la liberté du voyageur est par définition limitée, sauf si vous êtes haut placé dans la hiérarchie. Cette certitude est aujourd’hui remise en question par les plus jeunes voyageurs d’affaires.

“Consumérisation” du Business Travel

Un part toujours plus importante de voyageurs d’affaires a découvert lors de voyages privés comment atteindre un haut degré de flexibilité via une vaste gamme d’outils. Et dès lors, comment de nouveaux hébergements et de nouvelles facilités de transport peuvent présenter des alternatives aux possibilités de choix proposées par l’entreprise.

C’est ce que l’on nomme de plus en plus souvent la ‘’consumérisation’ du corporate travel : les voyageurs expérimentés ne veulent pas être considérés comme des ‘’collaborateurs qui voyagent’’, mais comme des consommateurs disposant d’une liberté aussi large que possible. Incluant l’utilisation de solutions B2B comme Airbnb, Uber et Deliveroo.

La confiance, c’est bien. Le contrôle, c’est mieux ?

Et c’est là où le bât blesse chez de nombreuses entreprises et TMC (Travel Management Companies). La plupart des outils de réservation même modernes partent encore et toujours de la position de l’entreprise en tant que donneur d’ordre avec des règles strictes à respecter. On parle ici de catégories de prix, d’accords avec des fournisseurs attitrés, de gestion des dépenses aussi efficace que possible (bien que pour ce poste cela représente dans bien des cas pas mal de paperasse), de factures en ligne et de comptabilité. Le principe ‘’la confiance, c’est bien. Le contrôle, c’est mieux’’ est encore souvent d’application.

Liberté et confiance

Il semble cependant qu’un changement de regard de l’entreprise vis à vis du voyageur soit en train de s’opérer. De plus en plus d’entreprises estiment que les collaborateurs doivent aussi être au centre de toutes les attentions au même titre que les consommateurs pour être ou rester performantes. Le people management doit accorder plus de confiance et de liberté au voyageur d’affaires. Il faut clairement revoir sa copie. Les voyageurs d’affaires d’aujourd’hui veulent choisir eux-mêmes les meilleures options, décider où ils veulent loger et prendre les meilleures décisions pendant leur voyage, même si elles ne respectent pas à 100% la politique de l’entreprise en matière de voyages.

Cela va plus loin que vous ne le pensez...

Cette évolution est profonde. Un nombre sans cesse croissant d’entreprises limitent leur politique au strict minimum et le voyageur bénéficie d’une liberté nettement plus étendue. Songez aux voyageurs d’affaires qui reçoivent un budget global pour un voyage et qui peuvent en déterminer le contenu. La combinaison d’un vol en business class avec un hébergement Airbnb commun plus avantageux et des repas livrés par Deliveroo dont le montant est partagé entre collègues est désormais possible. Cela peut paraître étrange pour un travel manager classique dans une entreprise classique, mais cette liberté de traitement et cette façon de définir les priorités correspond à ce que veulent de nombreux jeunes voyageurs contemporains.     

De nouveaux outils de management

Il est donc logique, au vu de ces évolutions, que l’on assiste au lancement d’une nouvelle génération de TMC avec une vision et des outils conçus à partir de l’expérience du voyageur. Il s’agit dans 99% des cas d’outils ‘’mobile only’’ destinés à accorder un maximum d’autonomie, de possibilités de décision et de flexibilité. Le contrôle pur est ainsi remplacé par une combinaison de confiance et de souhait du voyageur de pouvoir définir lui-même le cadre de son voyage. Des outils comme Tripactions, Lola et Travelperk ne sont que quelques exemples de start-up qui attisent l’intérêt des voyageurs d’affaires et des investisseurs. 

Oubliez le contrôle, vive le ‘’care’’

Le revirement est définitivement amorcé. Cela va évidemment prendre encore du temps et entraîner des changements de cap avant que cette révolution soit acceptée dans tous les bureaux de direction, aussi bien des clients corporate que des TMC. Nous conseillons à tous les intervenants du secteur de prendre au sérieux ces changements. Oubliez le C de contrôle et remplacez le par le C de ‘’care’’ pour que le voyageur d’affaires devienne une priorité.  

19-11-18 - par Jan Peeters