Compagnies aériennes en difficulté

C’est Reparti

La fin de la récréation vient à nouveau de sonner dans le monde du transport aérien. Pendant des années, les compagnies ont profité d’un carburant à bas prix. Dans ce secteur de folie, cet avantage se traduit inévitablement par des tarifs moins élevés et des prises de risque parfois inconsidérées en matière de capacité et de routes. La cause principale : un raisonnement à court terme. Plusieurs compagnies rencontrent des difficultés et l’hiver est encore long. Entretemps, Flybe a déjà confirmé que ses objectifs ne seraient pas atteints.  

 

La liste est longue : en 2017, nous avons assisté aux faillites d’Air Berlin et de Monarch Airlines et en 2018, Azur Air et Primera Air ont également mordu la poussière. Un avertissement sur les résultats émis par Ryanair était surtout dû au climat social tendu dans l’entreprise, mais la situation est claire : le business model de la plupart des compagnies est sous pression.

Flybe a déclaré cette semaine que la combinaison de la hausse des frais de carburant et de la diminution de la demande allait avoir comme conséquence de devoir revoir à la baisse le montant du chiffre d’affaires prévu cette année. Pour les actionnaires de la compagnie, c’est un nouveau coup dur : la valeur de l’action représente aujourd’hui à peine 15% de son prix d’introduction en bourse il y a 8 ans…

Mais ce n’est pas tout.

Le secteur du transport aérien a toujours exercé un fort pouvoir d’attraction sur les cowboys. Cela semble en effet simple de prime abord : vous louez un ou plusieurs avions, vous annoncez un certain nombre de routes et vous démarrez avec l’argent des investisseurs et des premiers acomptes des clients. Il n’y rien de plus facile que de brûler du cash, jusqu’à ce que les premières difficultés surviennent : certaines routes semblent entraîner des pertes structurelles, la concurrence est un peu moins prévisible que prévu et les frais sont en réalité plus élevés que ceux qui avaient été budgétisés.

Le prix peu élevé du carburant a rendu les choses plus faciles pendant une assez longue période. Il est donc aussi prévisible qu’inévitable que les petites compagnies rencontrent l’une après l’autre des problèmes vu la hausse rapide du prix du carburant.

Et ce n’est pas encore fini.

L’IATA publie depuis des années des chiffres de croissance à donner le tournis, mais néglige systématiquement de tenir compte des conséquences d’une telle croissance. Les nouvelles compagnies – souvent dans la zone low cost – n’arrivent pas à tenir leurs promesses entre qualité de service et prix plancher. Avec comme résultat une méfiance croissante du consommateur, souvent à juste titre

Les compagnies changent les règles du jeu comme elles veulent, quand elles veulent : l’augmentation débridée des catégories de prix et de service, des directives bagages imprévisibles et l’arrêt soudain de routes ne sont pas des exemples de stabilité et de vision. Sans parler des hausses brutales des tarifs.

La consolidation est-elle la seule option ?

L’image souvent dépeinte de quatre ou cinq compagnies dominantes en Europe deviendra peut-être une réalité. Quelques compagnies classiques complétées par un nombre limité de compagnies low cost : voilà déjà une base plus fiable pour les consommateurs comme pour les investisseurs. Il est également paradoxal que l’UE semble vouloir empêcher une trop forte concentration de parts de marché alors que la fragmentation dans l’industrie du transport aérien à toujours mené à son affaiblissement et à des surprises pour le moins désagréables. 

Too big to fail?

Nous serons brefs. Aucune compagnie aérienne n’est ‘’too big to fail’’. Point.

17-10-18 - par Jan Peeters