Viens ici, 2017 ...

Que je t’embrasse!

Porter un regard rétrospectif sur 2016, c’est risquer de se replonger dans une atmosphère marquée par l’angoisse et l’incertitude. Si vous vous contentez de ce que les médias vous rapportent chaque jour avec une vision étriquée, le monde apparaît en effet comme un endroit peu fréquentable. Guerres, tueries de masse, terrorisme, crises migratoires, réfugiés, fermetures d’entreprises et politiciens en déficit d’image et qui n’ont plus de contrôle sur

grand- chose : l’image n’est pas des plus folichonnes. Et l’industrie du voyage a connu également sa part de coups durs, c’est certain.

Mais si vous élargissez votre champ de vision et si vous regardez l’ensemble en prenant un peu de hauteur, 2016, le monde et l’avenir peuvent vous apparaître très différemment. Le niveau de prospérité moyen de la population a augmenté spectaculairement. Nous sommes en meilleure santé que jamais. Il y a moins de guerres et de conflits qu’auparavant. Communiquer à travers le monde est plus facile que jamais. Les avancées technologiques rendent à nouveau possible de réaliser nos rêves. C’est aussi cela, la réalité. Et c’est l’aliment de base de l’industrie du tourisme.

Nous avons décrit dans de précédents articles 2014 et 2015 comme des années charnières. Eh bien, les charnières ont pivoté, les portes sont ouvertes et la direction est claire : en avant, plus vite, plus fort, plus haut.

En 2016, les acteurs technologiques de l’industrie du voyage ont eu définitivement conscience qu’il y avait un chaînon manquant dans leur success story : le facteur humain. Associer intelligence artificielle, utilisation des Big Data et connexion des gens partout où c’est possible leur a permis de passer à l’étape suivante.

Les acteurs classiques ont à nouveau retrouvé leur place dans l’ensemble. Les tour-opérateurs et les agents de voyages ont compris en 2016 que le professionnalisme, la connaissance des produits et l’expérience des voyages forment encore et toujours le cœur de leur valeur ajoutée pour les vacanciers. Ils vont continuer à investir dans ces domaines et c’est une attitude intelligente.

Le terme ‘’distribution de voyage”” est heureusement de moins en moins employé. Il n’y a plus de confusion des genres : les voyages ne sont plus ‘’distribués’’, mais des voyages sont créés pour des segments et des groupes-cibles spécifiques, adaptés aux besoins des consommateurs individuels et vendus ensuite avec des conseils judicieux et toutes les informations utiles.

L’hôtellerie a d’abord eu peur du succès et de la puissance de communication des nouveaux acteurs de la ‘’sharing economy’’, mais elle a aussi retrouvé des couleurs et une orientation en 2016. Nous sommes convaincus par les méga fusions, mais aussi par le développement de nouveaux concepts, d’idées révolutionnaires et d’innovations audacieuses. Cela signifie que la dynamique d’entreprises comme Airbnb donne de l’énergie aux autres acteurs existants. Résultat : un secteur qui se réinvente à nouveau.

Dans le transport aérien, les consolidations seront inévitables. Le carburant meilleur marché a donné une bouffée d’oxygène au secteur et elle a été utilisée à bon escient par la plupart des compagnies. De la confrontation entre les modèles low cost et classiques sont nées aussi bien des compagnies hybrides que des compagnies basées sur des modèles ultra low cost et ultra service. Cela donne au secteur aérien plus de possibilités et davantage de contenu. Les nouvelles normes d’émissions de CO2 vont également pousser tout le monde à opter pour de nouvelles solutions hautement technologiques.

 L’industrie des croisières est encore en grande partie ancrée dans la logique de ‘’c’est la capacité qui assure la croissance’’ avec le lancement de nouveaux navires gigantesques. Dans le même temps, le secteur des croisières fluviales a connu une superbe année 2016 : cette catégorie en plein boom a beaucoup travaillé pour mettre en place une combinaison alliant confort à bord et contenu des croisières. Des itinéraires comme le fleuve Mekong, les croisières- expéditions ou même des festivals complets à bord agissent comme contrepoids par rapport à l’image ‘’the ship is the destination’’. Le secteur s’est tout simplement diversifié et enrichi.

Que serait l’industrie du tourisme sans les autocars ? Que ce moyen de transport soit utilisé comme transport principal, pour des transferts ou des excursions, l’autocar reste essentiel. Ce secteur de l’industrie du voyage dépoussière lui aussi peu à peu son image vieillotte et développe de nouveaux concepts et de nouvelles combinaisons de produits.  

Il se passe des choses passionnantes sur de nombreuses destinations à travers le monde. La notion de durabilité est désormais incontournable tout comme la nécessité d’associer quantité et qualité. Sur de nombreuses destinations de masse, on découvre que l’hospitalité et le respect se vendent mieux que l’envahissement. On recherche partout un équilibre entre volume et qualité de vie. Cette évolution ne va pas s’arrêter et va générer de nouvelles expériences de voyage encore plus agréables.

Si nous examinons l’image esquissée ci-dessus en mode plein écran, nous voyons un secteur qui a du dynamisme, de la confiance en soi et de la créativité à revendre. Nous voyons un secteur qui a trouvé sa place dans le monde et qui travaille activement à rendre ce monde meilleur. Et entretemps, ce même monde continue à tourner et nous attendons avec impatience l’année qui vient. 2017 sera une année formidable pour tous les gens de bonne volonté. Hell, yes !

22-12-16 - par Jan Peeters