Espagne vs Turquie vs Tunisie

Last Minute

Le marché last minute est intéressant à plus d’un titre cette année. En 2016, des destinations comme la Turquie et la Tunisie avaient quasiment disparu de la carte et les lits de qualité en Espagne avaient été réservés très tôt. Cette année, il en va tout autrement. Les vrais amateurs de bonnes affaires peuvent avoir le sourire : l’offre est abondante, les prix sont bas (dans la plupart des cas) et les possibilités de choix très larges. Une analyse.

Eté 2016: un marché orienté offre

La situation il y a exactement un an était particulièrement spéciale : les attentats de Paris et de Bruxelles étaient encore bien présents dans les mémoires et les terroristes avaient aussi frappé en Turquie, d’Istanbul à Ankara en passant par la riviera turque. La Tunisie était encore touchée par un avis de voyage négatif. Les grands acteurs avaient transféré autant que possible leur capacité vers d’autres destinations : des pays comme la Bulgarie et bien entendu les inévitables Canaries avaient vu leurs hôtels devenir rapidement archi complets. De vrais spécialistes de la Turquie comme Corendon ont été obligés de maintenir une part de leur capacité sur la Turquie, de telle sorte qu’ils ont pu réaliser un gros volume de last minute sur les destinations turques, mais ils étaient les seuls à pouvoir le faire.    

Eté 2017: une image nuancée

Les cartes sont distribuées autrement cette année : la Turquie et la Tunisie s’invitent dans l’offensive last minute (La Tunisie pour ses régions côtières a reçu le feu vert de quasi tous les pays, sauf des Pays-Bas et du Royaume-Uni). Les prix sont bas et la capacité sur place est presque illimitée. Mais un acteur inattendu se joint au combat : l’Espagne.

Les hôteliers espagnols ont beaucoup appris durant la saison d’été 2016. Ils ont en effet vu comment leurs contrats tour-opérateurs devaient être honorés – réductions pour réservations anticipées incluses et des périodes de libération aussi courtes que possibles pour les contingents contractuels – tandis que la demande last minute restait élevée. Les canaux online continuaient à frapper à leur porte et ils ont offert en juillet, août et septembre la possibilité de vendre à très bons prix. C’était devenu un marché de la demande pour ces destinations et le prix occupait une place moins importante.

Espagne : des adaptations dans la politique de distribution

Cette année, de nombreux hôteliers espagnols ont apporté des modifications dans leur politique de distribution. Les tour-opérateurs restent importants pour eux, mais ils ont maintenu leur stock stratégique de lits pour la saison ultra last minute. Maintenant donc. Ils offrent ces lits comme bon leur semble, selon l’occupation. Les hôtels sur des destinations très demandées, pensez aux Baléares, mais aussi à Tenerife et à la Costa del Sol, partagent leurs chambres via divers canaux de distribution pour maintenir les prix aussi élevés que possible. Un exemple de ‘’yield optimisation’’.
 
D’un autre côté, il y a aussi des hôtels, souvent sur les mêmes destinations, qui ont eu les yeux plus grands que le ventre et ont fait grimper leurs prix à un niveau irréaliste. Ces acteurs restent avec leur offre trop chère sur les bras et se voient obligés de lancer ces jours-ci sur le marché leur stock à ‘’prix réduits’’.  

Un marché last minute hybride

Pour la première fois dans l’histoire récente, nous avons donc aujourd’hui un marché last minute hybride avec une vaste gamme encore jamais vue de possibilités et de catégories de prix. C’est difficile à expliquer au consommateur : d’une part, des acteurs comme Sunweb donnent le ton avec des prix ‘’killers’’ de 399 € et 499 € dans leurs campagnes médias. D’autre part, le consommateur est confronté sur certaines destinations à une offre last minute beaucoup plus chère.

“Last Minute”: un concept fourre-tout

Plus que jamais, le concept last minute est un véritable fourre-tout cette saison. Cela ne simplifie pas les choses. Il aurait été utile que le secteur saisisse l’occasion de donner une image nuancée dans les médias sur les vastes possibilités offertes au vacancier de reporter sa décision jusqu’au dernier moment. Question : les médias et le secteur sont demandeurs ou nous préférons continuer à nous complaire dans les slogans de vente rapide ?

06-07-17 - par Jan Peeters