Fin de la marque sunjets

Cette fois, c’est fait

La grande question qui se posait deux ans auparavant : pourquoi Sunjets n’a-t-il pas été intégré en même temps que Jetair dans la marque TUI ? La réponse : la direction belge n’avait pas osé franchir le cap à ce moment-là. Et cela se comprend parfaitement. Sunjets est un direct seller orienté prix. Sur une période de plus de trente ans, il est passé d’une sorte de catalogue par correspondance à un TO online avec ‘’les ’prix les plus bas’’ comme argument de vente principal. Le slogan ‘’Partez malin, payez moins’’ est révélateur.

Le programme Sunjets déjà repris

La date est annoncée : à partir du 1er avril 2019 (oui, les saisons changent désormais à cette date, c’est comme ça) la marque aura cessé d’exister. Sans que cela ne change pas grand- chose : pour la saison d’été en cours, tous les hébergements Sunjets ont été repris dans TUI. C’est un test parfait pour savoir si les clients fidèles de Sunjets – et il y en a beaucoup – vont opter pour TUI à des conditions comparables.

La foi en la ‘’super marque TUI’’

Ce changement de cap marketing est plus important qu’on ne le pense : Sunjets s’est positionné depuis des décennies comme un champion des prix. Ce positionnement désormais abandonné en dit long sur la foi en la ‘’super marque TUI’’. TUI Belgium déclare ‘’qu’il n’y a pas de valeur ajoutée à vouloir conserver les deux marques avec un profil identique’’. Un élément essentiel ? La reprise par TUI de la garantie des prix les plus bas, soit l’adaptation automatique du prix pour un même voyage si le client trouve moins cher ailleurs. Cela va créer une forte pression supplémentaire sur la marque TUI, car son positionnement ressemble à une combinaison entre Lidl et Delhaize. 

Le management belge de Sunjets a gagné deux ans en 2016

Il est de notoriété publique que le patron de TUI Fritz Joussen, a accepté à contrecoeur les arguments du management belge de faire une exception pour Sunjets il y a deux ans à l’époque du rebranding. Ce ne sont pas des arguments marketing, mais un chiffre d’affaires, des marges et un résultat plus que solide qui ont été mis sur la table par l’équipe dirigée par Dirk Van Holsbeke  pour pouvoir mener à bien la disparition progressive de Sunjets. C’est une fois de plus compréhensible. Car en même temps que le rebranding, des objectifs de croissance, non négociables, avaient été imposés au marché belge. L’expérimenté Dirk Van Holsbeke a défendu avec conviction la sortie de Sunjets. Et il a gagné deux ans.

Un défi pour la ‘’super marque TUI’’

La dissolution de Sunjets en tant que marque est une étape logique : la force de frappe de TUI en tant que marque mondiale omni-canal a fait ses preuves, le déploiement sur tous les marchés sources européens a été réalisé avec succès et le moment est venu d’être cohérent partout. Il est important de noter à quel point la confiance est de mise dans la marque TUI. TUI doit en effet pouvoir tout faire : rester une marque qui symbolise la qualité, le service et la sécurité, mais être aussi concurrentielle sur les prix. Si TUI devait être un constructeur automobile, ce ne serait pas BMW ou Mercedes, mais Renault ou Volkswagen. Ce n’est pas un hasard si ces marques sont respectivement la première et la deuxième la plus vendue en Belgique en 2017.

28-06-18 - par Jan Peeters