Les forfaits vacances sous pression

Un nouveau départ s'impose

‘’Finalement, c’est un constat amer : les acteurs du tourisme qui ont réalisé des prouesses dans les heures, les jours et les semaines qui ont suivi les attentats de Bruxelles voient maintenant leur chiffre d’affaires décliner fortement. C’est la dure réalité, mais c’est comme cela.’’ J’ai noté cette déclaration faite il y a peu par un agent de voyage ayant des années d’expérience et qui réalise son chiffre d’affaires avec un mix de tour operating, une production de niche propre et du travail sur mesure.

Les forfaits vacances ont été déclarés cliniquement morts au début de ce siècle, mais une part importante du marché semble toujours chercher ce produit complet, clair et à prix avantageux. Le forfait vacances est la Volkswagen du secteur du voyage : cela ne nous vous attire pas directement, mais c’est un produit solide et fiable qui parle à une grande partie du public. S’y ajoute en plus un excellent rapport qualité/prix. Pour les gens qui travaillent dur et qui mènent une vie bien chargée au quotidien, le forfait vacances tout compris représente un important moment de repos dans l’année : ne plus rien faire, ne rien avoir à contrôler, débrancher la prise. La totale. La comparaison avec Volkswagen n’est pas si exagérée que cela : parmi les forfaits vacances, vous trouvez aussi des modèles comme la Polo jusqu’à des véhicules nettement plus chers comme le Touareg. Et pour les plus originaux, il y a encore la Bettle Cabrio.

Aujourd’hui, la plupart des agents de voyage sont d’accord sur un point : le marché est difficile, c’est assez pénible depuis un bout de temps, mais les produits de niche et sur mesure affichent des résultats raisonnablement bons. Les coups pleuvent sur les produits mainstream et certainement pas seulement en Egypte, en Tunisie et en Turquie. C’est le groupe-cible des forfaits vacances qui après le flux des réservations anticipées, va devoir se décider à acheter ses vacances annuelles. Un mauvais climat politique, l’insécurité économique, l’instabilité dans le monde : l’hésitation est bel et bien là et n’incite pas à passer à l’action.

Revenons à la déclaration de l’agent de voyage au début de l’article : il y a objectivement une part d’injustice dans cette situation. Quelques heures après les attentats de Bruxelles, les grands tours opérateurs ont activé un plan de crise. Le seul ‘inconvénient’ que les vacanciers aient rencontré le 22/3 et après fut le changement d’aéroports et là encore, on a engagé le maximum de moyens pour simplifier autant que possible la vie des voyageurs.

Nous ne le disons pas assez souvent : l’industrie du voyage organisé a encore prouvé d’une façon exemplaire toute sa valeur ajoutée pour le consommateur. Mais cela n’a pas suffisamment retenu l’attention des médias. Au contraire, ils ont préféré donner la parole aux quelques voyageurs qui se plaignaient.

Aujourd’hui, plus d’un mois après les événements, c’est encore toujours le calme plat sur le marché des forfaits vacances. La période last minute approche, mais nombreux sont ceux qui se demandent ce qu’il convient de faire dans de telles circonstances. Il est peut-être déraisonnable de vouloir forcer le marché avec des prix discount, mais d’un autre côté, les réservations doivent vite reprendre pour sauver quelque peu la saison d’été. Il en résulte une situation où les nerfs sont mis à rude épreuve.

Et au fait, les médias n’ont rien trouvé de mieux la semaine dernière de souligner que des attentats étaient probablement planifiés sur toutes les principales destinations de vacances cet été. La source était un article du Bild Zeitung, le journal le plus important, mais aussi le moins fiable et le plus à sensation d’Allemagne. Un exemple de journalisme irresponsable. Pour avoir une idée du contenu et du ton du Bild Zeitung, en voici un exemple. Il n’y a rien à ajouter.

 

27-04-16 - par Jan Peeters