Le futur n'est plus ce qu'il était

Nul ne le sait encore

Parfois, vous ne pouvez pas faire de comparaison avec le passé, parce que dans certaines situations toute comparaison est impossible. C’est le cas avec la saison d’été 2016. Même les vieux de la vielle de l’industrie du voyage n’en savent pas plus. Un départ pas vraiment folichon de la saison des réservations, des perspectives peu engageantes pour la suite et soudain, le monde entier qui s’arrête. Dans les semaines qui ont suivi le 22 mars, il est logique que des diminutions catastrophiques aient été constatées.

Certains pourcentages ont filtré ici et là indiquant des baisses de 40 à 50%, toujours dans la période post 22/3. Et alors ? Dans de telles circonstances dramatiques, les comparaisons ne sont pas fondées et même totalement inutiles. Entretemps, les réservations ont légèrement repris et une partie de l'industrie du voyage espère encore un rush des last minutes notamment vers la Turquie, mais aussi vers la Grèce. Pour beaucoup d’acteurs, ce ne sera pas une bonne année, sans aucun doute. Mais il y a toujours du nouveau sous le soleil.

C'est pourquoi tout n'est pas sombre. Différents tour-opérateurs actifs dans des niches et même des agents de voyage producteurs étaient jusqu'au 22/3 assez satisfaits de leurs chiffres - ils voient même ces dernières semaines leurs réservations reprendre à nouveau prudemment. Etonnamment, d’après les chiffres de l'ABTO, il ressort que beaucoup d'agents de voyage ont trouvé le chemin des packagings dynamiques, même si beaucoup ont dû faire face à la dure réalité résultant du crash de Gateway. Les clients font encore preuve de compréhension lorsqu'il s'agit de catastrophes naturelles ou de faits de guerre, mais que l’intermédiaire d’un intermédiaire pose problème, ils n’y comprennent plus rien…

De même, il ne faut pas oublier l'insatisfaction, l'inquiétude et l'incertitude grandissantes au sujet de tout ce qui se passe autour de nous et dans le monde. L'Europe perd chaque jour de son prestige et de sa puissance, la crise des réfugiés continue et certaines parties de la population montrent chacune à leur tour leur mécontentement à l’intérieur du pays. Et apparemment, personne ne sait encore dans quelle direction nous tourner pour trouver des solutions. Cela entame chaque jour un peu plus le moral de tout le monde. Pourtant, chacun sait inconsciemment que demain le soleil se lèvera. Il existe donc aussi des raisons d'être résolument optimiste.

Les habitudes du consommateur en matière de voyage et surtout en matière de réservation évoluent à un rythme rapide. Et qui se penche sur les chiffres de croissance combinée des compagnies aériennes et des offres alternatives de transport et de séjour sait qu'il n'y a pas de comparaison possible avec les années précédentes. La ligne Bruxelles-Paris est prise d’assaut par le covoiturage, tandis que l'offre low-cost des compagnies de bus et de trains augmente presque chaque mois. Aucune comparaison ne tient compte de ces nouvelles tendances. Quelle est la part de Blablacar dans le segment des vacances en voiture ? Quelle est l'importance des séjours Airbnb dans le segment des voyages en avion ? A combien se monte le nombre de voyageurs, toutes options de transport confondues, qui entament leur voyage sans planning fixe - en recourant ensuite aux possibilités offertes par Booking.com qui leur garantissent sécurité et flexibilité ? A nouveau, nous ne le savons pas. Mais l'histoire nous apprend une chose : les opportunités sont toujours plus nombreuses que les menaces. Ceci s'applique également ici.

Car dans ce climat d’incertitude, on entrevoit nettement le germe d'un avenir meilleur. Si on considère l'ensemble de la situation, on arrive inévitablement à cette conclusion : 2016 est une année où toute comparaison est bancale. C'est pourquoi nous devons oser jeter par-dessus bord les anciennes certitudes, les anciennes comparaisons, les statistiques connues, les études de marché apocalyptiques et les catégorisations réductrices. 2016 est une année comme aucune autre, mais à la fin de cette année nous pourrons une fois de plus constater que les innovations, les changements et les nouvelles dynamiques compensent les revers, le négativisme et le catastrophisme. Les comparaisons ne tiennent pas la route, les chiffres ne sont plus interprétables, mais qui voit et pense large remarque que l'avenir se façonne dès aujourd'hui. Le secteur du voyage se prépare à un nouvel avenir avec de nouveaux acteurs et de nouvelles opportunités. Pour chacun. Inutile de regarder en arrière, allons de l’avant : l’avenir nous sourit !

18-05-16 - par Jan Peeters