Syrie, Une Histoire Sans Fin

Le rêve face à la réalité

Voilà une phrase que l’on entend souvent au sein de l’industrie du voyage : ‘’nous vendons du rêve’’. Mais cela devient à chaque fois plus difficile de le faire quand ce rêve se trouve durement confronté à la réalité comme c’est de plus en plus souvent le cas ces dernières années. Avec notamment la perception de la sécurité qui est toujours davantage en contradiction avec cette notion de rêve.

Frank Oostdam, le Directeur de l’ANVR, l’association qui représente les agences de voyages aux Pays-Bas, l’a défini cette semaine dans une interview à la radio comme étant ‘’le principal défi pour le secteur du voyage’’ : il a falloir faire en sorte que le secteur soit moins vulnérable dans un avenir proche vis-à-vis de facteurs externes tel que les attentats, l’instabilité politique et les risques de conflits. Car la perception du consommateur est un élément qui prend une importance grandissante. Mais comment gérer cette perception ? La perception d’un attentat dépend ainsi de différents facteurs : l’impact, la proximité, le timing et le motif.

-L’impact. C’est une triste, mais impitoyable loi : plus il y de morts suite à un attentat, plus importante en est la perception. Les récents événements de Stockholm ont montré de grandes similitudes avec les attentats de Nice et Berlin, mais le nombre de morts semblait – notez le cynisme qui s’insinue aussi dans cet article – limité. Le résultat : ‘’Stockholm 2017’’ s’inscrira très vite en bas de page dans la mémoire collective.

-La proximité. Plus c’est proche, plus cela vous touche : une logique tout aussi impitoyable. Les attentats de Bruxelles ont atteint la société belge dans ses fondements. Aux Pays-Bas, on croise les doigts. Mais les propos menaçants d’Erdogan lors du désaccord à propos des meetings concernant le référendum turc sur le sol néerlandais ont rendu inquiets - à juste titre - les différents acteurs du secteur du tourisme.

-Le timing. Nous n’oublierons jamais la déclaration d’un grand spécialiste en sécurité : ‘’Un attentat durant le week-end est bien plus facile à garder sous contrôle qu’un acte terroriste durant la semaine. Ce qui se passe le samedi est ‘’arrondi’’ au dimanche soir en termes de perception. Ensuite commence une nouvelle semaine de travail. Si toutes les conséquences visibles sont effacées, la perception sera également moindre.’’ Cela semble encore une fois très cynique, mais c’est la vérité.

-Le motif. En général, plus large est le motif, plus grande est la peur. Si un acte terroriste est motivé par ‘’la haine envers le mode de vie occidental’’, la peur en devient indéfinissable. Les récents bombardements des USA en Syrie étaient d’une grande violence, mais le motif était clair : selon le gouvernement américain, les dirigeants syriens avaient franchi la ligne rouge en utilisant des gaz toxiques. Cette attaque était bien plus destructrice qu’un attentat terroriste ‘’moyen’’, mais son influence sur la perception a été beaucoup plus limitée.

Soyons clairs : il n’est pas facile pour le secteur du tourisme de trouver une réponse adéquate à la perception du consommateur. Les entreprises touristiques essayent comme des voiliers d’adapter leur cap aux circonstances et aux conditions ambiantes. La flotte est toujours plus réactive face aux éléments et toujours plus innovante pour rechercher des destinations et des ports où être en sécurité.    

C’est peut-être la bonne nouvelle en ces temps difficiles : de nouvelles destinations n’avaient encore jamais été proposées à un rythme aussi élevé, le climat actuel offre de nouvelles possibilités aux acteurs présents sur le marché et si vous faites l’addition de tous les voyageurs, des fournisseurs et des autres acteurs qui font partie du secteur, vous ne pouvez que constater que ce même secteur est toujours en pleine croissance.

11-04-17 - par Jan Peeters