Istanbul 28/06

Point de non-retour ?

Vous ne pouvez pas utiliser pour la énième fois les mots ‘‘horreur’’, ‘‘barbare’’ et ‘’terrible’’ pour dénoncer la situation, c’était hélas prévisible et du déjà-vu. 41 morts, 239 blessés au dernier bilan. Ce sont surtout les similitudes avec les attentats de Bruxelles qui sont angoissants : trois hommes qui se font sauter l’un après l’autre après avoir tiré des rafales dans la foule au hasard. Les images du carnage sont aussi comparables tant elles sont abjectes.    

A noter le rapide appel du président turc Erdogan : ‘’J’espère que l’attentat de l’aéroport Atatürk sera un tournant dans la lutte contre les organisations terroristes et que les nations occidentales y joueront un rôle central’’. Le président turc a tout aussi rapidement souligné que de tels attentats-suicides pouvaient se produire dans n’importe quel aéroport dans le monde.

Et maintenant ? Celui qui pense que vais donner un avis, une opinion ou développer une analyse dans cet article se trompe. Je n’en ai encore aucune idée aujourd’hui. Le fait est que le monde ne dispose d’aucun moyen fiable pour éviter ce genre d’attentats perpétrés par des individus qui sont fermement décidé à se suicider tout en faisant le plus de victimes possibles.

Nous avons d’une certaine façon, après l’invasion de l’Irak et l’escalade en Syrie, atteint un point de non-retour. Nous allons apparemment devoir vivre avec un sentiment permanent d’insécurité. Nous allons devoir tous et toutes subir des mesures de sécurité encore plus drastiques, nous plier à des procédures encore plus strictes et nous allons toujours moins vivre et voyager l’esprit tranquille.

Le point de non-retour est atteint et nous ne pouvons que nous rendre à l’évidence. Cela n’a aucun sens de proclamer que ‘‘les voyageurs d’affaires ont besoin de liaisons rapides’’ ou que ‘’les désagréments pour les voyageurs doivent être réduits au maximum’’. Nous devons nous préparer à échanger rapidité, flexibilité et confort de voyage contre un minimum de sécurité et de protection. Mais même ce minimum, personne ne peut le garantir.

Le monde civilisé fonctionne en partie sur des accords et des conventions suivis par le plus grand nombre. Si demain un autre détraqué dans le trafic vers Amsterdam ou Bruxelles décide de prendre une entrée d’autoroute à 150 km/h et de venir s’encastrer dans la file, il y aura des morts. Vous ne pouvez pas l’éviter, malgré que vous ayez prévu de contrôler chaque entrée et sortie. Nous ne le faisons pas parce que nous partons du principe que chacun se conforme à ce qui est généralement convenu. Si une minorité croissante ne respecte plus ces conventions culturelles pour poser des actes insensés, c’est de début de la fin. Le point de non-retour.

 

29-06-16 - par Jan Peeters