L’Effet Kompany

Aussi dans le secteur du voyage ?

Vincent Kompany, star mondiale de football, a brillé pendant 10 ans à Manchester City et revient en Belgique pour devenir joueur-entraîneur de son club d’origine, Anderlecht. Ce club était auparavant pompeusement surnommé ‘’l’Ajax belge’’, mais on peut aujourd’hui le comparer à ‘’l’Ajax de l’Aldi’’. La classe, la personnalité et l’expérience de Kompany doivent être le déclencheur du retour d’Anderlecht vers les sommets.

Anderlecht, OK. Mais qu’est-ce que cela à voir avec la vente de voyages?

Vous vous demandez peut-être quel est le rapport entre le paragraphe précédent et le secteur du voyage. A première vue, aucun. Un footballeur qui à la fin de sa carrière active retourne dans le club ‘’où tout a commencé’’ et qui  va essayer en tant qu’entraîneur, mais aussi sur le terrain, de transmettre son expérience acquise en Angleterre à ses jeunes collègues talentueux, mais moins expérimentés.

Le parallèle Kompany

C’est ici que je veux effectuer un parallèle avec le secteur du voyage. En Belgique et aux Pays-Bas, il existe une génération comprise entre 55 ans et la petite soixantaine qui fait la pluie et le beau temps. Ces acteurs ne suivent pas toujours avec une grande facilité les constantes évolutions technologiques et essaient parfois désespérément de comprendre le comportement de consommation et d’achat de l’actuelle génération de plus jeunes clients. Ils voient aussi comment la génération Millenial est entrée avidement dans la vie professionnelle avec d’autres envies, d’autres rêves et d’autres attitudes de travail que ‘’leur’’ génération. Ils mènent cependant encore leurs entreprises sur la voie de la réussite, mais ils sont nombreux à savoir dans leur for intérieur que ces entreprises ne sont aujourd’hui pas vraiment prêtes pour l‘avenir. Ils font ce qui leur a toujours réussi, en espérant que cela marchera également à l’avenir.    

L’Effet Kompany dans le secteur du voyage

Finalement, un ‘’effet Kompany’’ ne serait pas une mauvaise chose pour cette ancienne génération de propriétaires et de managers. Ce serait bien si ces professionnels expérimentés pouvaient prendre du recul et confier les rênes aux trente – quarante ans en matière de stratégie, de vision et de day-to-day : des professionnels qui ne sont pas ancrés dans une période révolue, mais qui comprennent la réalité d’aujourd’hui et celle de demain. Des professionnels pour qui l’avenir est plus important que le passé. 

L’ex-patron travaille sur le terrain

Tout comme Vincent Kompany, ils pourraient devenir ‘’joueurs-entraîneurs’’ d’une entreprise de voyages et soutenir l’équipe existante grâce à leur expérience du terrain. En les assistant et en les conseillant. Je vois ces deux générations travailler ensemble et envisager entre égaux ce qui est faisable. Je vois des ‘’challenging conversations’’ sur de nouveaux produits et des idées marketing, pas dans un rapport patron-employé, mais sur un pied d’égalité. Sans pression hiérarchique, le contact entre de nouvelles idées et des décennies d’expérience peut faire des étincelles.

Des projets ambitieux avec un filet de sécurité

L’effet Kompany pourrait faire en sorte que dans de nombreuses entreprises les forces d’innovation puissent jouer leur rôle et que dans le même temps soit créé un filet de sécurité pour encadrer et parfois tempérer les idées les plus débridées. Pas dans la logique voulant que ‘’le patron doit être convaincu’’, mais par une confrontation positive de points de vue différents. Pour ensuite confier le projet à un nouveau patron plus jeune. Qui dans une telle organisation, ne devra pas chercher à être approuvé – cela a déjà été fait dans un processus précédent au niveau de l’équipe – mais devra endosser la responsabilité finale. Pour le meilleur et pour le pire.

Tentative de définition

Voici comment je définirais cet effet Kompany : des professionnels aguerris ayant remporté de nombreux succès qui ne choisissent pas une fin de carrière où ils se cramponnent à leur fonction, leur pouvoir de décision et leur prestige. Mais qui choisissent le rôle de joueur-entraîneur dans leur entreprise ou dans une autre au milieu des autres joueurs. Le rôle de président, ils le laissent à un jeune visionnaire dynamique et déterminé. 

Le choix Kompany

Kompany aurait pu sans problème terminer sa carrière en gagnant beaucoup d’argent en Chine ou au Moyen-Orient. Mais il a choisi de jouer un rôle constructif à Anderlecht. Peut-être que l’équipe ne sera pas championne de Belgique en 2020, mais elle se prépare pour renouer avec le succès entre 2020 et 2030. C’est cela avoir de l’ambition. Hell, yes !

22-05-19 - par Jan Peeters