La saison d’été 2015 – tout bien considéré

Personne dans l’industrie des voyages n’a reçu de cadeau avant ou dans le courant de cette saison d’été. Les chiffres actuels indiquent même un ralentissement des activités, mais la saison n’est pas encore terminée. Septembre est traditionnellement un très bon mois last minute, aussi bien en volume qu’en chiffre d’affaires. Il peut donc encore se passer bien des choses. Et c’était encore un bel été… Tout bien considéré : nous avons survécu.

Les noms sont entrés dans l’histoire collective : Charlie Hebdo, Bardo, Sousse. La crise grecque. L’attentat récent à bord du Thalys. Des drames humains. Le démarrage de la saison d’été fut difficile, un long chemin qu’il a fallu souvent recommencer. Des destinations comme la Tunisie ont fait naufrage, la Grèce s’attendait à une bonne saison, mais a dû renoncer à une partie du potentiel last minute, la Turquie a aussi pris une claque. Ajoutez à cela une météo au beau fixe dans le pays et tout professionnel expérimenté du tourisme doit bien l’avouer : tous les ingrédients étaient réunis pour courir à la catastrophe.


Nous avons eu vent des chiffres de l’ABTO pour les vacances en avion à court et moyen terme cumulés fin juin : une baisse de -6%. Le départ (le lancement) de  Sunweb n’a pas influencé ce pourcentage car il a été calculé sur base ‘like for like’. Les chiffres de Sunweb pour l’été 2015 n’ont donc pas été pris en compte. C’est normalement fin juillet que tout le monde se dit que ‘nous pouvons encore faire de belles choses en août et en septembre’. Autrement dit : cette année pourrait nous surprendre. L’appétit de voyages du consommateur varie en fonction du danger théorique ou en tout cas en fonction de l’annonce d’une certaine forme d’insécurité. Et à ce moment-là, la raison s’efface devant l’émotion.

Les vacances en voiture continuent leur chute – nous avons entendu parler d’une baisse de -9% -, mais c’est plutôt un phénomène concurrentiel (la combinaison de la Sainte-Trinité Google Maps, Booking.com et Tripadvisor) qu’un rétrécissement structurel du marché.

Pour le segment des vacances en avion, la conclusion est simple cette année : on en voit de toutes les couleurs et personne ne décroche la timbale. Pour le reste de l’année et avant le lancement de la saison d’hiver, tout le monde retient son souffle : une période suffisamment  longue avec un calme relatif serait la bienvenue, mais les signes
avant-coureurs ne sont pas rassurants.

Si les chiffres de l’ABTO concernant les vacances en avion pouvaient se limiter à une perte comprise entre cinq et sept pourcents, on pourrait se dire que ‘l’année n’a pas été aussi mauvaise que cela.’

Certaines années, le proverbe ‘soyons optimistes, attendons-nous au pire’ fonctionne. Nous sommes sans doute d’infatigables optimistes, mais regardons la situation en face : trop de facteurs externes sont entrés trop rapidement en interaction et ont fait de cette saison une ‘survival season’. Hélas littéralement dans de nombreux cas. Puisse le monde en prendre conscience. C’est important pour l’industrie du tourisme, mais c’est aussi et surtout important pour le bonheur et l’avenir de nos enfants.

27-08-15 - par Jan Peeters