La Tunisie et la saison d’été 2015: business as usual

En tant que professionnels du tourisme, nous apprenons à vivre avec l'inattendu. Les divers événements partout dans le monde, de l'Irak, en passant par la Crimée, à Londres, Egypte, Norvège, Paris, Bruxelles, Verviers et Tunis –aussi horribles qu’ils soient- font partie de la vie. Nous devons donc regarder l’avenir immédiat de manière sobre, professionnelle et rationnelle. Pour la Tunisie cet avenir immédiat c’est: la saison d’été 2015.

Dans un autre article, j’ai comparé les réactions de l’opinion publique quelques jours et semaines après l'attaque à Paris. Business as usual. Personne aujourd'hui n’hésite à se rendre en Norvège. Personne ne pense à deux fois avant de visiter Bruxelles ou Verviers. Les compagnies aériennes et les tour-opérateurs ont continué à voler en Egypte, moi-même, j’y étais à Noël pour des vacances à Marsa Alam.

Ces jours-ci, le consommateur oublie vite. Ce qui aujourd'hui éveille les émotions, appartient demain à la mémoire collective à long terme. De là vient cette déclaration claire: il n'y a aucune raison de déconseiller au client de passer ses vacances en Tunisie. S’il est dangereux d’aller en Tunisie au cours des prochaines semaines, alors il en est de même pour Londres, Paris, Bruxelles et Stockholm.

Dans de telles situations, l’industrie du tourisme a une position très difficile. Nous devons immédiatement surpasser l'horreur et la douleur collective et passer à l'ordre du jour. Et l'ordre du jour c’est: remplir des avions à destination d’Enfidha et Djerba. Les équipes professionnelles se tiennent prêtes à accueillir les touristes. Les hôtels offrent le même service que la veille, avec le même rapport qualité/prix.

Soyons honnêtes et rationnels: aujourd'hui, les événements de Tunis sont encore présents dans l’actualité. Demain, cette histoire devra céder la place à une avalanche d’actualité toute fraîche. Nous pensons au désastre que s'est passé dans les Alpes. Après le week-end, le consommateur pense à d'autres choses. Après quatre semaines, tout cela n’est encore qu’un souvenir lointain. C’est la vie. Il n'y a pas de raison d’en douter. Business as usual.

25-03-15 - par Jan Peeters