Congrès de l'année 2018

La Vérité sur la Durabilité

Pour la première fois dans l’histoire de l’industrie belge du voyage, plus de 470 professionnels du secteur, des étudiants et des professeurs étaient présents lors d’un congrès sur le thème ‘’Voyager durable’’. Vous recevrez un compte-rendu du contenu du congrès Joker/ViaVia – Travel360° dans les prochains jours via cette newsletter et dans les semaines qui viennent via nos autres canaux. Mais d’abord une première impression. Car pour de nombreuses personnes, tout est devenu soudain plus clair.

Un message très clair

Les participants au congrès “The Travel Future We Really Want” qui n’auraient pas au moins commencé à réfléchir à l’aspect ‘’durabilité’ ont besoin d’aide d’urgence. Car le message était très clair : si nous continuons tous à agir comme nous le faisons, nous allons nous retrouver face à des problèmes insolubles.

La réussite contre la survie

Cela va plus loin que la réflexion classique ‘’les défis qui nous semblent importants’’. Il s’agit plutôt ‘’des défis que nous ne pouvons pas ignorer’’. La différence ? La réponse aux premiers types de défis : la réussite. La seconde réponse : la survie. Et elle conditionne la première. Nous devons apprendre à réfléchir.

Pas d’option – Une nécessité

Le mix des orateurs au congrès était consciemment diversifié et réparti entre acteurs du secteur, spécialistes du secteur et intervenants externes. Et ce mix a fonctionné : les participants ont eu un bel aperçu des tendances du comportement des consommateurs et découvert des exemples d’initiatives prises par le secteur, mais surtout, ils ont reçu une sérieuse piqûre de rappel à prendre absolument en compte.

Voyager de façon durable n’est pas une option, c’est une nécessité. Les chiffres de croissance présentés par le secteur du transport aérien – le double du nombre de vols entre 2016 et 2036 – devraient, avec la façon actuelle de travailler, entraîner en ce qui concerne les avions, les aéroports et la consommation d’énergie des problèmes tout simplement insurmontables.  

 

‘’Un éléphant dans la pièce’’

L’éléphant présent dans la salle était le secteur du transport aérien. Une question concrète lui a clairement été posée : devons-nous adapter nos modèles, pouvons-nous continuer à proposer des vacances qui ont comme composante un vol (court ou long) ? La réponse a été : oui, certainement. Ou comme l’a formulé un autre orateur : ‘’la certitude de ne plus avoir besoin de police est que nous soyons tous morts. Nous en sommes statistiquement certains. Mais je suis tout aussi certain que ce n’est pas ce que je veux.’’

“Moins’’ ne fonctionne pas  

Le défi n’est pas de faire ‘’moins’’. Le défi est de faire ‘’autrement’’. Il est clair que la réponse pour travailler et voyager autrement est loin de pouvoir être sortie d’un tiroir. Il y a encore pas mal de pain sur la planche. Mais évidemment on ne peut pas trouver la solution si l’on n’admet pas qu’il y a un problème. 

Et croyez-moi, nous avons un fameux problème, cher pro du voyage. Il est tout frais, posé sur la table. Et il faut maintenant s’en occuper. Sinon la problématique sera identique à celle des produits frais. Tous deux vont se gâter, se décomposer et se transformer pour ne plus être comestible et vous rendre malade. 

17 ODD – Pas un objectif, mais un moyen

Les 17 Objectifs de Développement Durable des Nations-Unies étaient le thème et le fil rouge de ce congrès. 17 objectifs qui doivent maintenir un monde vivable. Qu’il n’y ait pas de malentendu : le monde doit d’abord être vivable avant que nous puissions le rendre meilleur. La durabilité ne se bat plus pour un monde meilleur : elle se bat pour un monde dans lequel nous pouvons vivre, en respectant une série de valeurs de base comme la liberté, l’égalité, l’environnement et la santé. 

Un processus d’apprentissage personnel

J’ai beaucoup appris avant, pendant et après le congrès. J’ai appris que la durabilité devrait être une priorité dans l’agenda de chaque entreprise, chaque pays, chaque association professionnelle et chaque individu. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. J’ai appris qu’on ne va pas y arriver en adaptant juste un peu notre comportement : des changements radicaux sont nécessaires pour pouvoir continuer à faire ce que nous faisons, mais d’une autre manière et avec une autre façon de consommer les ressources et une autre façon de traiter les gens.

Ces changements radicaux ne sont pas aujourd’hui à l’agenda. J’ai appris que beaucoup de choses ont été entreprises dans le secteur du voyage au nom de la durabilité, mais que c’est loin d’être suffisant. Et j’ai surtout appris que mon propre comportement vis-à-vis de la durabilité, d’une vie juste et équitable, des initiatives à prendre et de mon propre rôle dans la réalisation des 17 ODD laisse encore beaucoup à désirer.

D’abord une impression, ensuite le contenu

Nous n’avons volontairement pas évoqué de noms d’orateurs dans cet article ni abordé le contenu du congrès ‘’The Travel Future We Really Want’’. Cela viendra très prochainement. Car c’était un congrès historique, avec une participation historique et un casting historique. Mais le message était tellement fort que nous avons d’abord voulu partager cette impression avec tout le monde. Que vous le vouliez ou non. Car le temps du ‘’business as usual’’ est révolu. 

Le Jour de la Terre a eu lieu le 22 avril cette année, comme toutes les années. Déjà 208 jours que nous consommons les réserves de la planète. Déjà 208 jours que les voyants devraient être au rouge sur notre tableau de bord mental. Sincèrement, pour moi rien ne clignotait. Jusqu’à ce mercredi 13 novembre 2018 à 17h45. Lorsque le congrès ‘’The Travel Future We Really Want’’ s’est terminé. J’ai entendu un signal d’alarme et j’ai reçu un coup de poing dans l’estomac. Et je me suis rendu compte qu’il manquait un mot dans le titre de notre congrès : ‘’The Only Travel Future We Really Want’’. Car nous n’avons pas le choix. Il faut y aller. Hell yes!

14-11-18 - par Jan Peeters