Kuoni ou les Américains?

TUI Travelopia

TUI a mis il y a six mois sa ‘’Specialist Division’’ en ‘’liquidation’’. Il s’agit de plus de 50 marques de TO de niche dont la plupart peuvent revendiquer un management expérimenté, d’excellents produits et une réputation en béton. Le Suisse Kuoni montrerait plus qu’un intérêt superficiel dans une reprise. Mais il n’est pas le seul à s’y intéresser et ses rivaux ont largement les moyens.

TUI Group a pris des décisions concrètes pour mener à bien une des plus retentissantes initiatives de ‘’garage sale’’ de l’histoire de l’industrie du voyage. L’entreprise met en vente plus de 50 marques de tour operating en une fois et a choisi la banque Citigroup pour que la transaction se déroule dans les meilleures conditions. Ce n’est cependant pas une liquidation ou une opération de soldes : le prix demandé est loin d’être bradé. Mais c’est bien la fin définitive d’une stratégie d’entreprise révolue.

La liste des marques, rassemblées par TUI sous la marque parapluie temporaire Travelopia, est une véritable caverne d’Ali Baba pour les connaisseurs. Il s’agit souvent de spécialistes qui fonctionnent bien, d’acteurs de niche avec un beau produit servi par des managers et des collaborateurs enthousiastes. Quelques exemples : Quark Expeditions, MyPlanet, Brightspark, We Love Rugby, mais aussi Sunsail, Hayes & Jarvis et les Sawadee Reizen bien connus en Flandre et aux Pays-Bas.

L’année passée, Travelopia a été rapidement mis en avant comme terme générique pour les marques spécialisées de TUI Group.

Le chiffre d’affaires cumulé de ces entreprises atteint un demi-milliard d’euros avec une marge bénéficiaire d’un petit 50 millions d’euros. En ce qui concerne le prix demandé, TUI se base sur de solides scores multiplicateurs un peu ‘’vieux jeu’’ : le groupe s’attendrait à un prix de 10 à 12 fois la marge bénéficiaire. Soit une fourchette comprise entre 500 et 600 millions d’euros.

Il semblerait qu’il y ait des propositions concrètes sur la table de TUI à Hanovre de la part de Kuoni et des investisseurs à risque américains Warburg Pincus et KKR, tout sauf des novices.

Le prix demandé par TUI paraîtrait actuellement un peu trop élevé pour les intéressés, mais des personnes bien informées présument que le moment crucial approche. Après la vente de Hotelbeds pour 1,2 milliards d’euros dans les premiers mois de 2016, TUI a pu consacrer environ un demi-milliard d’euros pour continuer à investir dans des actifs stratégiques comme les bateaux de croisière et les hôtels. Soit tout ce qui concerne la ‘’stratégie 100% verticale’’.

Le come-back de Kuoni serait un fait important sur l’échiquier du tourisme international. Kuoni a été repris l’année dernière par le groupe suédois EQT et pourrait avec le portefeuille Travelopia se relancer dans la reconquête du marché du tour operating de niche.

Dans un tel cas, ce serait intéressant de voir comment, à côté des ‘’blocs mainstream’’ de Thomas Cook et de TUI, se développeraient un ou plusieurs ‘’blocs de niche’’. Et cela pourrait aussi offrir des perspectives à quelques propriétaires tour-opérateurs de niche belges et néerlandais qui recherchent des repreneurs potentiels pour leurs activités. Une histoire à suivre absolument de près !

 

10-01-17 - par Jan Peeters