Nous Comprenons-Nous Suffisamment Bien ?

Une Questions de Points de Vue

Créer une passerelle entre le monde réel et le secteur du voyage : c’est devenu une mini-série sur la plateforme Travel360°Benelux (sans que ce ne soit l’objectif visé au départ). Tout a commencé lors d’une présentation de Travel360° au Salon des Vacances d’Utrecht. Désolé pour tous ceux qui n’ont pas pu y assister et pour ceux des 5 rangées du fond qui ont dû rester debout. Serait-il possible de disposer d’une plus grande salle la prochaine fois, chers organisateurs ? Ceci dit en passant. Mais passons à tout autre chose. Le principal problème du monde d’aujourd’hui vient d’une incompréhension mutuelle qui entraîne une forme de réprobation qui est alors source de mépris, le tout par manque de connaissance.

Si vous relisez cette phrase, la logique ne vous sautera pas aux yeux directement. Prenons alors un exemple hors tourisme avant de faire un virage vers notre propre secteur.

Protester est une bonne chose. Tous les avis doivent pouvoir s’exprimer.

En Belgique, les étudiants du secondaire brossent les cours et manifestent parce qu’ils estiment que les connaissances qu’ils acquièrent à l’école sur la problématique du climat ne sont appliquées concrètement à aucun niveau par les décideurs du pays et des régions. Ils ont choisi de s’exprimer le jeudi. La première semaine, ils étaient 3.000 dans les rues de Bruxelles. Les jeudis suivants, ils étaient respectivement 12.000 et 35.000. Et dimanche dernier, une marche pour le climat a rassemblé 70.000 participants, toutes générations confondues malgré les conditions météo hivernales. 

So, What’s Wrong?

Par un manque de connaissance des motifs sincères des étudiants, il règne entre eux et le monde politique une incompréhension mutuelle qui, si nous lisons les réactions méprisantes sur les médias sociaux et d’autres canaux, entraîne une forme de réprobation teintée de paternalisme mesquin vis-à-vis des actions ‘’des étudiants qui feraient mieux d’assister au cours et d’aller en vélo à l’école’’.   

Cela s’est passé de la même façon avec les manifestations contre la guerre du Vietnam, dans la période hippie, et encore récemment avec les Gilets Jaunes : les différentes parties se sont envoyés des messages plus ou moins bien formulés. Sans rien connaître des motivations, des points de vue et des objectifs stratégiques des uns et des autres. D’où une incompréhension mutuelle et des esprits qui s’échauffent.

Les leçons d’un homme d’Etat belge

C’est Jean-Luc Dehaene ex-premier ministre belge qui a dit en son temps avoir acquis une philosophie de base grâce à son père qui était psychiatre : ‘’Pour comprendre la logique de vos interlocuteurs, vous devez reconnaître leurs points de vue.’’ Et il avait bien raison, Jean-Luc.

Le virage en hélicoptère

Si à première vue, il n’y a pas de rapport direct avec le secteur du voyage, montons dans l’hélicoptère.

Si nous observons le terrain en prenant de l’altitude, nous pouvons résumer la situation comme ceci : les tour-opérateurs ne comprennent pas les points du vue des agents de voyages, les agents de voyages ne comprennent pas les points de vue des tour-opérateurs, les croisiéristes ne comprennent pas pourquoi les agents de voyages n’envoient pas massivement des clients sur leurs bateaux, les agents de voyages ne comprennent pas pourquoi les croisiéristes doivent proposer des cabines à des tarifs aussi aberrants et personne, vraiment personne, ne comprend les points de vue des compagnies aériennes.   

Une question

Cela peut paraître un peu sévère comme constat, mais avouez, ce n’est pas vraiment exagéré. J’ai une question pour le secteur : comment pouvez-vous comprendre et jouer le jeu dans un monde en constant changement, si vous ne comprenez pas votre propre monde dans lequel vous évoluez ? Jean-Luc Dehaene verrait en un coup d’œil, à bord d’un hélicoptère évidemment, où se situe le problème. Chaque partie a son propre agenda, à la fois honorable, ambitieux et réaliste. Mais chacun semble jalousement cacher cet agenda aux autres. Une sorte de chaos ? Tout à fait. Et aussi la recette classique de bien des crises de couples.    

Un premier pas

Une tentative de solution en soulignant un élément commun. Les tour-opérateurs veulent des clients aussi satisfaits que possible et des clients qui reviennent. Tout comme les agents de voyages et les croisiéristes. Et même les compagnies aériennes.

Et maintenant, l’étape suivante ? Parlons-en au BTS

Quatre parties avec au moins un point de vue identique. La prochaine étape ne devrait pas être si difficile à franchir, non ? Commençons par le Belgian Travel Summit dans trois mois à Rash Al Khaimah. Abandonnons toute forme de scepticisme et écrivons l’histoire. Au lieu d’émettre des critiques en coulisses, le plus souvent sans connaître le point de vue des uns et des autres, nous devrions plutôt nous serrer les coudes.

Un Sommet et non un Congrès

Les organisateurs ont choisi le concept d’un Sommet et pas celui d’un Congrès. La différence est importante à plusieurs niveaux : en termes de préparation des participants, d’interaction attendue lors de l’événement et de résultats.

En quoi doit consister un tel Sommet ? Un Sommet est par définition une rencontre… au sommet où les forces vives de toutes les branches du secteur doivent être concernées et lors duquel un agenda clair et précis doit être suivi. Un effort doit également être fait par tous les participants pour arriver à un accord le plus large possible au lieu d’être seulement une réunion passive. L’accord obtenu doit être scellé dans un document écrit et signé par tous les participants. Le document doit ensuite jouer un rôle-clé dans l’activation des décisions dans le secteur. 

La différence entre un Congrès et un Sommet tient en quelques notions essentielles : ‘’opinion leaders & decision makers’’, interaction’’, ‘’débat constructif’’, ‘’output’’ et ‘’participation active’’.

Ceux et celles qui se rendent à un sommet s’engagent à collaborer activement à atteindre un résultat sous la forme d’un texte qui lie toutes les partis. C’est un véritable challenge.

Bien plus qu’une simple participation

Vous êtes manager ou dirigeant d’entreprise ? Commencez par expliquer ce qui selon vous devrait être abordé. Vous envisagez de participer au Sommet ?  Confirmez dès maintenant votre participation, plongez-vous dans les thèmes et formulez vos propres points de vue. Et consultez vos collaborateurs, vos fournisseurs et vos collègues. Vous faites partie de l’organisation ? Exprimez maintenant vos points de vue, pas seulement vers les participants éventuels, mais vers l’ensemble du secteur du voyage. A tout le monde :faites-le dans un langage compréhensible. Car il est important que les thèmes commencent à vivre dès maintenant.

C’est le moment

J’ai commencé cet article avec un regard sur l’actualité et sur le citoyen qui n’hésite pas à s’exprimer avant un retour vers le secteur du voyage et le Belgian Travel Summit. Je crois qu’il n’y avait pas de meilleur moment pour l’organiser. Notre secteur est un des principaux acteurs économiquesdans le monde entier comme dans notre pays et chez nos voisins. Let’s start acting it. Hell, yes!

29-01-19 - par Jan Peeters