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Du changement dans l’air

Si vous revenez de vacances, bienvenue chez vous. J’espère que vous avez eu l’occasion de bien vous reposer et que vous avez pu recharger vos batteries après avoir déchargé vos valises pace que ce sera plus que nécessaire. Maintenant que le farniente et tous les événements sportifs de l’été sont derrière nous, Jeux Olympiques y compris, il est temps de se focaliser à nouveau sur le business et sur les prochaines évolutions de cette année 2016 un peu folle.

A la fin de du deuxième trimestre, juste avant l’exode estival, de nombreux acteurs de l’industrie du voyage avaient le sentiment que ‘’c’est une année pas terrible, mais qu’il y a peut-être encore moyen de sauver les meubles’’. Tout au long de l’été, nous avons reçu des messages très contradictoires. La vague de last minute attendue n’est pas venue, et de toute manière les prix n’étaient pas vraiment avantageux – surtout parce que la demande vers la Turquie avait encore chuté. Et il s’avère que la destination avait à disposition tout un arsenal de promotions et un volume gigantesque de lits et de sièges d’avion.

Les tour-opérateurs ont pris des coups, mais les compagnies aériennes s’inquiètent de l’avenir immédiat. Les hôteliers de la partie occidentale de la Méditerranée ont engrangé des bénéfices, mais ils savent que l’énorme demande de cet été n’est que temporaire – les réservations pour l’après haute saison ne sont d’ailleurs pas propices aux déclarations triomphalistes.

Entretemps, de nombreuses négociations fébriles sont en cours entre de surprenants acteurs. Au cours de l’été 2016, les chasseurs avides de gains rapides ont été mis à genoux les uns après les autres. L’histoire du crash du LowcostGroup est connue. En Allemagne le fondateur d’Unister très actif en bourse a été malheureusement victime d’un accident d’avion et l’entreprise est tombée rapidement en faillite. Il semblerait que le fondateur ait conclu un deal financier aussi inespéré que douteux avec des partenaires en affaires pas très clean. Nous suivrons avec davantage d’intérêt et d’inquiétude que précédemment le marché des banques de lits car un grand nombre de ces acteurs adoptent un business model basé sur une croissance quasi illimitée. Et lorsque la croissance n’est pas au rendez-vous, de telles entreprises connaissent rapidement des problèmes de trésorerie et leur fin est souvent proche.

L’accord stratégique récent entre Thomas Cook et Sun Hotels (filiale du groupe Webjet) est peut-être un exemple de collaboration qui sera également suivi avec grand intérêt par différentes parties. L'externalisation des tâches de contracting et de follow up de 75.000 hôtels offre d’un côté la possibilité à Thomas Cook de se concentrer complètement sur ses propres marques et ses produits stratégiques. D’un autre côté, Thomas Cook compte sur la technologie de Sun Hotels et de Webjet pour combler son retard sur les purs acteurs en ligne.

Il y a en fait deux mouvements parallèles qui pourraient se rencontrer plus souvent dans la seconde moitié de 2016. Les acteurs en ligne sont plus que jamais obstinément à la recherche d’une ‘composante émotionnelle’ dans leur relation avec leurs clients et l’industrie classique du voyage s’est faite à l’idée que cette composante émotionnelle est probablement sa force, mais elle doit être développée via tous les moyens de communication en ligne possibles. Cette situation réclame une collaboration plus rapprochée. Vous pouvez donner votre main à couper qu’il y aura pas mal de discussions au cours de prochains mois entre des parties qui jusqu’à présent n’étaient jamais entrées en contact l’une avec l’autre.

Dans un monde qui tourne fou, la concurrence est devenue une donnée toute relative. D’ailleurs, nous campons sur notre position : il y a longtemps que les cartes n’ont pas été aussi bien distribuées pour un agent de voyage entreprenant. Alors, parlez ouvertement et sincèrement avec autant d’acteurs possibles et examinez de façon objective ce que cela pourrait amener à chacun. Vous avez en effet ce que tout le monde cherche : le contact direct, face à face avec le client. C’est une force, mais si vous ne partagez pas cet atout avec le reste des acteurs, la partie risque d’être vite terminée. Personne ne veut que vous disparaissiez, tout le monde veut collaborer avec vous. Allez de l’avant et l’année 2016 deviendra extrêmement intéressante. Hell yes!

22-08-16 - par Jan Peeters