Nouvel an à l’ABTO

Quid en 2016?

Les nuages noirs s’amoncellent dans le ciel de la saison des réservations 2016. La teneur générale des discours lors de la réception de nouvel an de l’ABTO était plus qu'un peu hésitante. Il y a de la fébrilité, de la méfiance et de l’incertitude dans l’air. Guerres, attentats et instabilité politique ne sont pas de bons ingrédients pour passer des vacances sereines et sans souci. Et c’est que ressentent de nombreux membres de l’ABTO. Certains ont connu une belle croissance cet année (l’année dernière), de nombreux autres ont su maintenir le navire à flot, quelques-uns ont subi des avaries. Le coup porté à Enjoy Paradise et à ses entreprises satellites fut rude. Nombreux sont ceux qui l’avaient vu venir depuis longtemps, mais les dégâts ont été bien plus importants que prévu.  

Nous avons besoin d’une bonne dose de sérénité !

Les réservations pour cet été ? Un gros problème. Le consommateur en veut, mais hésite. Le budget est disponible, l’envie de voyager et de prendre des vacances est grande, les perspectives économiques ne sont pas mauvaises. Que se passe-t-il ? Les ‘événements’ agissent sur la sérénité des consommateurs. Et de la sérénité, vous en avez vraiment besoin pour pouvoir profiter pleinement de vos vacances.  

Quel est le prix de la peur ? 

Des destinations où les Belges et les Hollandais ne pensent pas trouver provisoirement la tranquillité d’esprit nécessaire : l’Egypte, la Tunisie, la Turquie. Les conseils de voyage négatifs vers la Tunisie et Sharm El Sheik vont plus que probablement être revus et corrigés dans le courant de février ou de mars. Bonne nouvelle, mais la grande question est : quel est le prix de la peur ? En d’autres termes : jusqu’où les prix doivent-ils baisser pour que le consommateur pense faire ‘l’affaire de l’année’ ? Cela vaut aussi sans nul doute pour la Turquie : l’offre laissée en friche est tellement importante que les prix vont lentement, mais sûrement tomber en chute libre. Et un hôtelier turc, qui peut et qui ose baisser fortement ses prix, peut toujours espérer une compensation en faisant un deal avec un marchand de souvenirs ou une bijouterie. 

Le paradoxe grec

‘A la recherche de tranquillité’ : voilà la meilleure façon de décrire l’humeur du consommateur aujourd’hui. La Grèce est en victime, du moins temporairement. Dans des circonstances normales, les îles grecques devraient être parmi les premières destinations selon le principe des vases communicants, mais les réservations pour la Grèce accusent un fameux retard. La tranquillité d’esprit joue ici aussi un rôle important dans le processus de décision du consommateur. 

Les spotlights européens ont été braqués l’année dernière pendant tout l’été sur la Grèce, les montants de la dette du pays donnaient le tournis, les images des distributeurs automatiques fermés ont fait le tour du monde. Mais ce sont surtout les images au début de la crise des migrants qui ont encore porté préjudice à celle de la Grèce. C’est injuste évidemment : nous avons appris entretemps que ces flux migratoires sont un problème mondial, et des pays comme la Belgique et les 

Pays-Bas ainsi que l’Union Européenne essayent avec l’énergie du désespoir d’y apporter des solutions acceptables.  

Lors du Salon des Vacances d’Utrecht, c’est le bourgmestre de Kos en personne qui a essayé de convaincre les principaux tours opérateurs que son île pouvait l’année dernière et peut maintenant être garantie aux touristes comme une destination de vacances à 100%. Les systèmes administratifs sont au point, les migrants ont été accueillis et envoyés ailleurs, et les secteurs touristiques sont prêts pour la saison d’été. Le bourgmestre ne pouvait selon ses propres dires rester passif devant la situation, tant les chiffres de réservation pour Kos ont été dramatiquement bas l’année dernière. 

Looking for serenity … 

Gemoedsrust. Serenity. Tranquilité d’esprit. Gemütsruhe. C’est la clé en 2016 pour que des destinations qui ont été présentées négativement d’une manière ou d’une autre dans les médias puissent recevoir des vacanciers.

Les destinations qui ont le vent en poupe regardent par contre chaque jour avec plaisir l’évolution des réservations. L’Espagne et les Iles Baléares, la Bulgarie, la Croatie, l’Italie et ses îles, le Cap-Vert : les attentes – et les prix – sont chaque semaine revus un peu plus à la hausse.

Une tuile de dernière minute : le Championnat d’Europe de football en France

Comme si ce n’était pas déjà suffisamment compliqué, un événement sportif d’envergure se profile juste avant la haute saison : le CE de foot. Cela va avoir un double effet : un effet retard sur la saison des last minutes et le consommateur peut s’attendre à des mesures de sécurité draconiennes sur l’ensemble du territoire français. 

Terminons cet article avec une réflexion inspirée d’une phrase célèbre du footballeur anglais Gary Lineker : “Football is a simple game. 22 players chase the ball for 90 minutes, and in the end the Germans win.” 

And the winner is always … 

Cela peut être paraphrasé pour le tourisme comme ceci : ‘Le tourisme est un jeu qui se joue avec de nombreux joueurs internationaux. Mais à la fin, ce sont toujours les Iles Canaries qui gagnent’. Ceux qui ont encore des clients pour la haute saison vers LPA, TFS, ACE of FUE : c’est maintenant qu’il faut réserver. Pas demain, pas à la fin de la semaine. Maintenant.

18-01-16 - par Jan Peeters