Opportunités ou Menaces ?

Des Croisières Après Corona

Avec le secteur de l'aviation, l'industrie des croisières est l'une des parties les plus en vue de l'industrie du tourisme. La croissance du secteur se traduit par une offre permanente de nouveaux navires, de nouveaux concepts, de nouvelles routes et de nouveaux groupes cibles. La crise liée au corona montre une fois de plus que l'industrie des croisières, du seul fait de sa notoriété, se retrouve rapidement dans l'œil du cyclone. L'ère post-corona est-elle celle de nouvelles menaces ou de nouvelles opportunités ? Une analyse, et un point de vue.

 

Le secteur des croisières : toujours un défi pour l'image.

L'industrie des croisières est habituée à être au centre des grandes discussions. Il est fait référence aux croiseurs océaniques lorsqu'il s'agit de durabilité, mais ils sont également considérés comme l'une des causes du sur-tourisme dans certaines villes. La recherche constante de moyens pour éviter les impôts par les compagnies maritimes, ainsi que les conditions de travail et de vie de la majeure partie du personnel navigant sont régulièrement mises à mal. Et chaque année, des contaminations sont détectées sur certains navires. Première conclusion : même en temps normal, l'industrie des croisières est confrontée à un défi permanent en matière d'image et de communication.

 

Défis structurels et anecdotiques

Ce défi comporte deux aspects : la critique structurelle et les aberrations anecdotiques. Sur le plan structurel, l'industrie des croisières travaille d'arrache-pied à des améliorations rapides et tangibles. L'objectif de réduire les émissions de CO2 de 40 % d'ici 2030 est réaliste - la plupart des compagnies maritimes respectent le calendrier, notamment grâce à de solides investissements dans la technologie. La discussion sur le "sur-tourisme" est en cours. Si les compagnies maritimes soulignent à juste titre que la plupart des villes concernées ont tout fait dans le passé pour attirer les navires de croisière, elles ne sont pas trop soucieuses d'ajuster les fréquences et engagent des discussions avec toutes les parties possibles.

 

Quant aux problèmes anecdotiques, si cela tourne mal, alors cela tourne généralement mal. L'apparition du norovirus ou de la grippe à bord d'un navire est très rare - mais quand elle se produit, c'est l'actualité mondiale. Même des choses relativement petites, comme une manœuvre d'amarrage qui tourne mal, sont rapidement envoyées dans le monde entier grâce à la combinaison des médias sociaux et de la presse à sensation. Deuxième conclusion : l'industrie des croisières travaille dur pour obtenir des améliorations réelles et mesurables - mais c'est une bataille difficile.

 

Victime de corona

Depuis le déclenchement de la pandémie de corona, le secteur des croisières est une nouvelle fois victime. Le monde est chaotique et fermé, mais les bateaux de croisière cherchent un port d'escale et des navires avec - inévitablement - des patients infectés et malades, des histoires crémeuses et, surtout, des titres savoureux. L'un d'eux, ce week-end, dans un journal belge de qualité : "Qui ose monter à bord d'un bateau de croisière ? Deux pages d'informations confisquées, et enfin on conclut que l'industrie des croisières survivra, mais le mal est déjà fait. Il est logique que l'industrie des croisières soit quelque peu indignée de se retrouver dans ce maudit coin alors que le monde entier est à la recherche des faits

 

5 menaces, converties en opportunités

Mais en effet : le secteur des croisières survivra. Plus encore : les menaces d'aujourd'hui peuvent être transformées en opportunités de demain. Quelques faits en un coup d'œil.

 

Fait 1 : Un bateau de croisière est un hôtel flottant - et même une station balnéaire flottante.

  

Menace : Une fois qu'un virus est à bord, il peut se propager rapidement.

 

Opportunité : précisément parce que chaque navire est une communauté fermée, les compagnies maritimes peuvent mettre en œuvre des mesures préventives rapidement et avec précision. Cela peut aller du certificat médical obligatoire à la prise de température lors de l'embarquement. Un navire peut également être entièrement désinfecté, après quoi les mesures nécessaires pour les voyageurs et l'équipage pendant le voyage peuvent être communiquées, contrôlées et suivies de manière claire et non équivoque.

 

Conclusion : de cette manière, un bateau de croisière peut être maintenu "sans corona" plus efficacement qu'un hôtel au sol ou une station balnéaire.

  

Fait 2 : un bateau de croisière est dans la plupart des cas un mélange de nationalités - et donc un mélange de personnes ayant une expérience différente avec le corona.

 

Menace : Il peut y avoir un mélange de passagers venant de pays plus ou moins contaminés.

 

Opportunité : l'afflux de nationalités peut être parfaitement surveillé et dirigé sur un bateau de croisière. Pour citer la réaction d'un lecteur à un article précédent : lorsqu'il s'agit des chiffres de la mortalité par corona, la Belgique ne va pas bien, c'est le moins qu'on puisse dire. Il est donc possible que les voyageurs belges soient tenus à l'écart de certains navires plus longtemps que, par exemple, les Allemands ou les Suédois. Si c'est le cas, ce n'est pas vraiment bon pour le marché belge des croisières à court terme - mais là aussi, des mesures telles qu'un "visa santé" obligatoire peuvent offrir une solution.

 

Conclusion : les compagnies maritimes peuvent également jouer un rôle actif dans ce domaine afin de prévenir les situations incertaines. Ce n'est pas une tâche évidente, mais elle peut être réalisée.

  

Fait 3 : l'âge moyen du croisiériste est encore assez élevé. Et c’est le groupe le plus vulnérable face au corona.

 

Menace : la perception des navires de croisière comme "un lieu de rassemblement de personnes âgées" (j'exagère délibérément) pourrait être négativement stigmatisante à l'ère post-corona.

 

Opportunité : C'est un excellent moment pour se débarrasser de cette image dans la communication. Au cours des cinq dernières années, l'âge moyen des croisiéristes a chuté de façon spectaculaire, car de plus en plus de jeunes et de familles avec enfants ont découvert les vacances en croisière.

 

Conclusion : le secteur peut ici faire une vertu par nécessité, et réaliser un rajeunissement substantiel de la clientèle. Bien entendu, le vieillissement de la population reste un fait et le secteur devra continuer à pouvoir compter sur la clientèle de plus de 60 ans. Mais c'est là que nous avons vu avec les "faits" précédents que des mesures sanitaires très strictes doivent de toute façon être mises en œuvre.

  

Fait 4 : Le concept "un séjour, plusieurs destinations" est essentiel pour le produit croisière.

  

Menace : le fait que les navires fassent escale dans des ports différents, avec les excursions qui les accompagnent, les rend en principe chaque fois plus "vulnérables face au corona".

 

Opportunité : Les excursions peuvent être effectuées de manière à éviter à 100% les infections, à condition que des mesures et des obligations impensables dans le passé soient prises. Les passagers peuvent être guidés à travers une "zone de désinfection" au départ et au retour. Les excursions se dérouleront avec des mesures strictes de "distanciation sociale", et les visites seront plus que jamais "guidées". En bref : les excursions devront exclure tout contact avec les populations et les produits locaux, au moins pendant un certain temps.

 

Conclusion : en effet, cela semble draconien. Mais l'aspect excursion est la partie la plus vulnérable d'une croisière lorsqu'il s'agit d'infections virales. Il faut donc s'en occuper très bien.

 

Fait 5 : Les bateaux de croisière, en mer ou sur les rivières, sont des lieux où de nombreuses personnes, dans une petite zone, mangent, boivent, font l'amour, vont aux toilettes... la vie, quoi.

 

Menace : à partir du moment où l'hygiène est négligée par une seule personne, l'ensemble du navire est une zone de contamination potentielle.

 

Opportunité : le niveau d'hygiène sur la plupart des navires de croisière est très élevé. Les procédures sont à la pointe, et le contrôle est permanent. L'approche "zéro défaut" consiste, pour la grande majorité des navires, à se concentrer à 100 % sur les mesures et procédures existantes. Les compagnies maritimes peuvent l'utiliser dans leur communication.

 

Conclusion : les problèmes de santé infectieux, causés par un manque d'hygiène, ont été une exception majeure au cours des dernières décennies en raison de procédures strictes. Il existe donc de nombreux arguments pour affirmer que le facteur hygiène est une certitude absolue.

 

Travel360° Take:

Le secteur des croisières peut garantir des voyages sans le coronavirus, à condition que chaque compagnie maritime soit prête à prendre des mesures audacieuses et parfois difficiles. La crainte compréhensible est que ces mesures compromettent l'expérience des vacances. Et, en effet, l'expérience des vacances pendant une croisière sera différente de celle prévue à l'époque post-corona. Mais pour ceux qui ont peur de cela, le dernier fait s'applique : rien ne sera plus comme avant. Il existe un monde et une société pré et post courona. Ils seront très différents. Le tourisme, et plus particulièrement l'industrie des croisières, devra s'intégrer dans ce monde avec une nouvelle normalité. Mais tout comme l'industrie des croisières est capable de définir elle-même ce "Nouveau Normal" et de ne rien laisser au hasard. Les croisières peuvent toujours être le moyen le plus sûr de voyager, même lorsqu'il s'agit de santé. Mais il faudra faire preuve de courage dans la réflexion et la prise de décision. Hell, yes !

16-04-20 - par Jan Peeters