Banques ou organismes de voyages?

Emprunter pour voyager

L’idée n’est pas neuve, mais avec les possibilités technologiques actuelles, ce n’est pas mal de la remettre au goût du jour. Ce sont les acteurs en ligne mondiaux qui ont repris cette idée de proposer aux clients une formule de  crédit qui leur permette de voyager sans payer leur voyage en une fois. 

Il ne s’agit pas d’acteurs de second plan : aussi bien Expedia, que Lufthansa, United et Southwest Airlines testent différentes pistes pour que les clients puissent échelonner le paiement de leurs vacances. Les vieux de la vieille sur les marchés belges et hollandais se rappelleront sans doute d’autres tentatives du genre menées dans le passé.

Un nouvel élément-clé dans le scénario est évidemment l’aspect technologique. Les entreprises fintech, pour financières-technologiques, jouent un rôle central. Ces entreprises ne disposent pas d’une licence bancaire, mais d’un logiciel qui sécurise les transactions de telle sorte qu’elles sont en mesure de proposer des services financiers au consommateur, parfois par l’intermédiaire d’une banque, parfois pas. Des entreprises comme UpLift, Affirm et Airfordable collaborent avec des partenaires de l’industrie du voyage et veulent que le concept de paiement par mensualités devienne le mode principal de paiement dans l’industrie du voyage.

UpLift s’appuie sur des chiffres : ils affirment que dans la première année entre 5 et 10% du chiffre d’affaires brut des réservations pour leurs entreprises partenaires proviennent de clients qui ont choisi une des options de paiement d’UpLift.

Le montant moyen emprunté est de 2.240 $. L’entreprise fait appel à FICO (Fair Isaac Corporation), une société qui sur la base d’une analyse attribue aux consommateurs un certain score par rapport à leur solvabilité. En fonction de différentes données, le score attribué varie entre 300 et 900 et plus il est élevé, plus grande est la solvabilité. Les scores FICO ont été déjà utilisés à partir de 1956 pour les crédits hypothécaires et ont ensuite été élargis aux cartes de crédit et aux cartes de paiement et de fidélité des grands magasins.

Affirm présente aussi des chiffres intrigants : ce partenaire fintech d’Expedia  collabore avec les marques Travelocity, Orbitz et Cheap Tickets. La société  affirme avoir constaté une hausse de 20% de conversion en proposant leur service de paiements échelonnés.

Les mensualités sont un produit qui refait souvent surface dans des périodes économiquement difficiles, lorsque le consommateur hésite à passer à l’achat. Nous nous rappelons encore un produit d’US Airways, entre autres, appelé ‘’Bill Me Later’’. Un produit vendu de façon agressive et les consommateurs qui présentaient un retard de paiement recevaient immédiatement des amendes salées.

En temps de crise, le risque de non-paiement augmente évidemment : un consommateur qui opte pour les paiements échelonnés ne dispose pas dans de nombreux cas d’un gros capital. Cependant, dans cette période millenial, une autre façon de penser et de faire apparaît. De nombreux jeunes adhèrent pleinement au principe ‘’live life to the max here and now’’ et choisissent d’échelonner leur paiement pour des expériences et des produits importants. Ils choisissent de consacrer beaucoup d’argent à vivre et beaucoup moins à posséder. 

Cela pourrait faire sortir le système des paiements échelonnés de la zone de danger et l’ancrer dans le comportement d’achat mainstream du consommateur. Actuellement, les entreprises fintech ne sont actives qu’aux USA, mais ce n’est peut-être qu’une question de temps avant que le phénomène ne débarque en Europe.

14-11-17 - par Jan Peeters