Orlando: la honte

Une réaction du secteur du voyage?

Un détraqué a débarqué dans une discothèque à Orlando en Floride et a tué des dizaines de personnes. C’était un acte délibéré de choisir un haut lieu de la communauté LGBT (Lesbian Gay Bisexual Transgender) et d’abattre ces innocents par rapport à leur orientation sexuelle. C’est un acte barbare qui a choqué l’humanité. L’industrie du tourisme, notamment, doit prendre ses responsabilités pour éliminer partout dans le monde toute forme de bashing anti LGBT.

L’industrie du tourisme a toujours eu un comportement pragmatique dans les matières difficiles et délicates. La règle générale depuis des décennies : nous n’interférons pas dans les questions politiques, religieuses ou de société. Le tourisme doit en principe exister partout dans le monde, même dans des pays avec des régimes douteux et où les droits de l’homme ne sont pas ou pas toujours respectés. Pour justifier cela, la position souvent défendue est que le tourisme favorise les contacts entre les peuples à travers toute la planète et qu’il contribue ainsi à une meilleure entente mutuelle.

Cette position fonctionne évidemment. Mais si nous voulons être sincères, nous devons avouer qu’il y a bien d’autres raisons de ne pas être critiques dans la sélection de nos destinations. Si nous devions exclure tous les pays ayant des pratiques plus que douteuses au plan des droits de l’homme, un quart des destinations sauterait et le chiffre d’affaires d’autant. Il en résulterait une offre amoindrie, moins d’emplois dans le secteur et moins de possibilités de croissance. En résumé : nous préférons nous conformer à nos principes.

Il existe pourtant des moments où l’industrie du voyage ne doit pas s’arcbouter à certains principes. Orlando 2016 en fait partie. L’attentat est une chose, les diverses réactions en sont une autre. La communauté LGBT doit faire partie intégrante et indissociée de l’industrie du tourisme, en tant que client et en tant que collègue. Non, l’industrie du voyage ne discrimine jamais, elle ne fait aucune distinction sur la base de l’orientation sexuelle, religieuse, de la couleur de la peau ou n’importe quoi d’autre. Si cela devait arriver, ce serait non seulement moralement condamnable, mais aussi destructeur pour nos activités.

C’est pourquoi, après le massacre d’Orlando, l’industrie du voyage doit faire entendre sa voix partout dans le monde et prendre une position claire et forte. J’ai vu à la télévision flamande une émission d’info où un représentant de la communauté juive et un représentant de la communauté musulmane avaient d’énormes difficultés à donner une réponse claire à une question toute simple : ‘accepteriez-vous que votre fils vous annonce qu’il est homosexuel ?’. La réponse a été éludée avec toutes les circonvolutions possibles. C’est révoltant et dangereux.

Pourquoi l’industrie du voyage doit-elle parler maintenant ? C’est bien simple. L’industrie du voyage ne peut que croître et évoluer avec succès dans un monde où règne un minimum de tolérance et d’humanité. L’attentat d’Orlando et les réactions d’une partie du monde démontrent un possible manque en la matière.

C’est un autre fait du terrorisme de Daesch. Les attentats sont une forme de guerre. Une guerre maladive, mais toutes les guerres le sont. Le bashing anti LGBT est une maladie de civilisation. Et un secteur comme l’industrie du tourisme ne peut rester silencieux.

J’écris cet article parce que suis frappé de manque de réactions officielles après le massacre d’Orlando. Est-ce parce que ce n’est pas cette fois une véritable destination touristique, que ce n’est pas un aéroport ou des voyageurs qui sont touchés ? Peut-être. Mais un tel fait nous heurte au coeur de notre humanité et de notre droit à exister tels que nous sommes. C’est pourquoi, nous devons aujourd’hui et à l’avenir défendre encore plus activement les droits et l’identité des LGBT qu’hier.

16-06-16 - par Jan Peeters