"Le résultat trimestriel du Groupe TUI : les hôtels et les bateaux marchent bien, le voyage un peu moins"

Il est frappant de voir comment les 90% des médias ont purement et simplement repris le communiqué de presse sur les résultats du premier trimestre du groupe TUI tout fraîchement fusionné. Et pourtant : les bonnes performances de la division hôtel et croisière ont conduit à un meilleur résultat général par rapport à l'année dernière, mais les résultats de la division voyage (anciennement Tui Travel PLC) étaient  décevants. Et ça, ça faisait longtemps.

Essayez de prononcer sans fautes la phrase suivante en anglais, en faisant de votre mieux : “One Tui is better than two Tui’s”. On y est revenu, lors de la présentation des résultats du premier trimestre qui ont suivi la fusion entre TUI PLC et TUI AG. Cette fusion implique beaucoup plus que "une jonction de deux sociétés où les synergies se forment": tout porte à croire qu'un changement important dans la stratégie globale s’annonce. Mais entre-temps,  il semble que le groupe a gagné du temps.

La division croisière est passée d'une perte de € 16 millions au premier trimestre de l'année dernière à un bénéfice de € 2 millions cette année. La divisions hotels & resorts a également fait des miracles: de € 26 millions de gains l’an dernier à € 51 millions de gains opérationnels ce trimestre. Ces résultats ont conduit à une réduction de la perte opérationnelle de € 141 millions à € 108 millions cette année, pour la même période. Une amélioration de 15%. Pour plus de clarté : ces pertes opérationnelles trimestrielles sont une chose tout à fait normale pour un tour-opérateur européen. Les gains sont réalisés au cours de la saison d’été, alors que le premier trimestre tombe entièrement dans la saison d'hiver.

Et pourtant, il y avait pour la première fois depuis des années une raison pour laquelle il y avait une certaine inquiétude. Le résultat de la division voyage du groupe était en effet plus faible que pendant la même période l'an dernier. Principales causes: pression sur les marges des gains dans les îles Canaries pour le marché allemand, un marché scandinave moins performant et les difficultés en Égypte. Eh bien: ce sont toutes des raisons compréhensibles. Pendant ce temps, les hôtels de luxe ont obtenu de bons résultats et les parts de marché en ligne continuent à croître. Et pourtant : ce n’était pas l’histoire à succès habituelle de TUI Plc.

Les deux CEO, Friedrich “Fritz” Joussen et Peter Long, ont annoncé tout confiants qu'ils ... eh bien, étaient très confiants. Et qu’ils savent ce qu'ils veulent, et qu’ils viendront dans quelques mois avec des "grands projets". Une restructuration de la division aérienne, une réorganisation au sein de la division croisière, et des "nouvelles manières" pour améliorer la part des réservations en ligne.

Nous leur croyons, mais cette fois-ci, cela nous a semblé un peu comme "acheter du temps" en attendant les changements majeurs. En principe, il n’y a rien de mal à ça, les restructurations et les fusions ont tout simplement besoin du temps. Mais venir dans quelques mois avec des résultats convaincants à 100%, cela veut dire qu’en particulier, les marchés allemands et scandinaves  stratégiquement très importants devront revenir en bien meilleure forme. Car ces marchés sont un peu plus importants pour le groupe. Cela ne peut pas compenser même les bons résultats Belgique / Pays-Bas. Je peux me tromper, mais celui qui peut lire entre les lignes de la présentation de ces résultats a probablement le même sentiment que moi: attendre et voir.

18-02-15 - par Jan Peeters