Réservations anticipées, last minutes : part II

L’article ‘Pourriez-vous supprimer ce terme Last Minute, svp ?’ a suscité de nombreuses réactions. Par téléphone, par mail et sur le site de Travel360°. Des discussions positives, des avis et des points de vue bien argumentés et structurés. Exactement ce dont le secteur a besoin. Vous avez directement mis l’accent sur les éléments manquants dans ma réflexion et vous avez élargi le débat. Quelques ténors de l’industrie des voyages ont réagi ‘off the record’. D’autres nous ont fait part directement de leur avis. Petit tour d’horizon.

Le toujours alerte Joan Baeten a relevé que les réservations anticipées sont une nécessité absolue pour les tours opérateurs et les a comparées à une assurance : un important volume de réservations est synonyme de liquidités, d’enregistrements dans le système et des sièges qui seront certainement occupés. Le tout forme une ‘assurance saisonnière’ et ne vous coûte qu’une seule fois de l’argent. C’est donc largement suffisant.

Ce qui revient dans la plupart des réactions et des commentaires ? La conviction que les principaux acteurs du secteur ont créé un monstre de ‘réductions sous tous les prétextes possibles’. Kees Kooimans, qui s’est lui aussi longuement penché sur la santé du secteur, redoute que ce système perfide ne puisse être profondément réformé. Selon lui, qui est chaque jour en première ligne sur le terrain tout comme Joan, le client se fait rebattre les oreilles avec des réductions, des promos et des ‘occasions à ne pas manquer’ tout au long de l’année. Kees pointe aussi du doigt le système de ‘logger pricing’ qui semble vivre de façon totalement autonome.

Walter Merckx, qui a également participé à de nombreux combats, plaide pour que les brochures avec leurs livrets de tarifs soient une bonne fois pour toutes renvoyées dans les livres d’histoire. Elles sont à mon avis aussi dépassées que la loi qui les encadre.

Le plus frappant n’est pas que tout le monde arrive au même constat sur les problèmes structurels, mais que tous soient conscients de la difficulté de repenser le système. Une autre citation de Joan :’Il est tout de même étrange, pour autant que sache, que nous soyons le seul secteur à consacrer autant  d’énergie pour arriver à vendre à des prix aussi bas que possible (et donc avec aussi peu de marge que possible). Je peux ajouter quelque chose ? Nous sommes, pour autant que je sache, le seul secteur qui noie en permanence ses meilleurs arguments de vente (rêve, expérience, découverte, profiter de l‘instant)  sous des termes comme ‘avantageux’, diminution de prix’, ‘réduction’ ou même sous cet affreux slogan : ‘moins cher que de rester chez soi’.

Il y a du boulot ? Oh que oui !

03-07-15 - par Jan Peeters