Résultats de Thomas Cook Group

Plus de peur que de mal

Thomas Cook Group est revenu lors de la communication des résultats 2015/2016 avec un certain soulagement sur une année difficile marquée par les turbulences. Le groupe en est sorti indemne et plus important encore : l’équipe managériale a pu maintenir le cap stratégique du navire. Malgré les attentats, l’incertitude liée au Brexit et quelques destinations-clés qui ont dû être écartées par la force des choses.

Un léger tassement (0,3%) du chiffre d’affaires, un léger recul du bénéfice opérationnel et un bénéfice net tout juste positif: vu l’histoire récente de l’entreprise, combinée à un exercice 2016 particulièrement difficile, on peut voir les choses du bon côté chez Thomas Cook.

Le plus grand défi du groupe cette année a été le déplacement du volume de clients prévus sur la Turquie : Thomas Cook est leader du marché pour cette destination sur les marchés allemands et britanniques. Le chiffre d’affaires sur cette destination a dégringolé de 47%, mais cela a été compensé par l’augmentation en Espagne (8%) et sur les destinations long-courriers (17%). C’est plus que probablement le plus fort manque à gagner sur une haute saison en Turquie qui a conduit à un bénéfice net de 10 millions d’euros inférieur à l’année précédente. La branche belge a également été citée, et bien que les résultats n’aient pas été présentés séparément, on a souligné plusieurs fois que la Belgique avait souffert sous ‘’l’effet des attentats de Bruxelles’’.

La compagnie aérienne Condor, a fini cette année dans le rouge, notamment à cause de la baisse de volume en Turquie. La compagnie a dû diminuer de 40% le nombre de sièges sur cette destination et a été contrainte de compenser sur les routes aériennes espagnoles où la concurrence est rude avec une compression des prix comme conséquence inévitable. Quelques mesures sont au programme de Condor en 2017 : davantage de vols long-courriers, un schéma de vols plus flexible et une collaboration plus étroite avec les tour-opérateurs du groupe pour remettre la compagnie sur les rails.

Il n’était donc pas incompréhensible que le CEO Fankhauser soit apparu quelque peu soulagé lors de l’annonce du résultat final. Mais il y a encore pas mal d’épines dans le pied venues du passé, dont la suite du deal avec la chaîne d’agences de voyages Co-operative en est une. Un des prédécesseurs de Fankhauser  a eu la mauvaise idée de conclure un contrat de joint-venture peu avantageux avec cette chaîne d’agences de voyages britannique, juste au moment où le consommateur semblait opter massivement pour l’achat en ligne de forfaits vacances au Royaume-Uni. Cela reste gérable en principe, mais l’accord entre TC et Co-operative Group indique qu’à partir du 1er décembre de cette année Thomas Cook peut se retrouver dans l’obligation d’acheter une partie de cette joint-venture. Coût possible : 93 millions d’euros. Ils appellent cela l’héritage du passé. L’univers du tour operating ? On ne s’y ennuie jamais.

24-11-16 - par Jan Peeters