Champion's League de l'Hôtellerie

RIU et TUI : la fine équipe

TUI Group, la maison-mère de TUI Nederland et de TUI Belgique a accueilli 19,2 millions de clients lors de l’année comptable 2015/2016. Soit une légère diminution par rapport à l’année précédente, mais le bénéfice a atteint des sommets inégalés. Le rôle de RIU dans l’ensemble du parcours de TUI est unique. Petite explication.

TUI triomphe, les Pays-Bas marquent

Oui, c’est un véritable triomphe pour TUI avec un EBITA (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements) d’environ un milliard d’euros : un record pour le groupe. La stratégie est connue : posséder ses propres hôtels, avions et bateaux de croisière et exercer un contrôle aussi étroit que possible sur la distribution. Le CEO Joussen a indiqué le cap, le management international l’a bien gardé. La division Western Europe, dont font partie le Benelux et la France, a particulièrement bien fait les choses avec une hausse de bénéfice de 69 à 86 millions d’euros. Avec notamment TUI Nederland qui a connu une excellente amélioration des résultats en tant que premier ‘’rebrandingland’’. ‘’Le rebranding est déjà amorti après un an’’ se réjouissait Joussen lors de la conference call.

RIU: le joyau de la couronne

Le rôle, l’importance et le succès de RIU font partie intégrante de l’histoire de TUI. Tout le monde sait que RIU (TUI in NL…) est la chaîne hôtelière mainstream préférée d’une grande partie des vacanciers belges et néerlandais. Les USP sont bien connus et martelés par chaque agent de voyages : de bons hôtels, de bonnes localisations, un service parfait, une approche client conviviale et une très grande attention portée à la qualité des buffets. RIU a également parfaitement senti quand le moment était venu de passer à la formule all-inclusive, a été un des premiers à accélérer la mise en œuvre du concept adults only et propose désormais des city hotels qui s’adressent aux segments loisirs et affaires. L’entreprise a un feeling du marché comme nulle autre entreprise.

RIU: une entreprise exceptionnellement performante

Mais RIU est aussi un phénomène de réussite en affaires. Les chiffres qui sont présentés chaque année, dans et en dehors du secteur hôtelier, sont impressionnants. Il est très rare que la troisième génération d’une entreprise familiale - Carmen Riu et son frère Louis – rencontre autant de succès.

Vous devez arriver à la page 60 de la présentation de TUI group pour en savoir plus sur les performances de RIU. Nous l’avons fait pour vous et en avons résumé les données essentielles. La conclusion est simple : TUI est très heureux de pouvoir compter RIU dans son portefeuille d’entreprises. C’est pratiquement devenu le critère de référence par rapport auquel toutes les autres activités peuvent être évaluées.

Au sein des activités hôtelières de TUI, RIU bat tout le monde dans tous les KPI (Key Performance Indicators) possibles : un taux d’occupation moyen sur base annuelle de 89,6% laisse bouche bée tous les hôteliers du monde. Les autres hotels & resorts de TUI atteignent 77,5%, ce qui n’est pas mal, mais RIU joue dans une autre division. Le rendement par lit est également élevé : 60,3 €. La différence est ici moins nette avec les autres hôtels du groupe : 58 €. C’est aussi logique : pour arriver à un tel taux d’occupation, vous devez en basse saison et lors de certaines périodes jouer sur les prix.

Les 94 hôtels RIU réalisent ensemble un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros. Avec une marge bénéficiaire de 36%, soit 405 millions d’euros. RIU est également dans ce cas le premier au classement. Ce chiffre d’affaires et cette marge sont très rares dans un marché réglé sur les saisons. Un exemple : les hôtels RIU à Majorque, en Turquie et en Espagne continentale doivent réaliser leur chiffre et leur marge sur le seul été avec une saison d’hiver quasi inexistante.

 

 

Le ROIC (Return on Invested Capital) de Riu est de 26%: cela fait de RIU une excellente opportunité pour les investisseurs.

 

Et en plus : la valeur immobilière

Un peu plus de la moitié des hôtels sont la propriété de RIU. La valeur de

l’entreprise n’est effectivement pas seulement déterminée par ses résultats commerciaux : elle dispose également d’une véritable puissance immobilière, localisée principalement sur des lieux de vacances A+.

 

 

Une vision impressionnante de la dispersion des localisations

La dispersion de la localisation des hôtels couplée à celle des hôtels loués/gérés/franchisés fait également partie des bonnes performances annuelles de RIU. Des 33 hôtels en Méditerranée occidentale, 64% sont sa propriété et tout le monde sait que cette partie de l’Europe a connu une forte demande cette année dans le domaine des vacances classiques.

L’implantation de RIU à l’Est de la Méditerranée est faible et la chaîne n’hésite pas non plus à se retirer de Tunisie alors que les perspectives la concernant à moyen et long terme sont incertaines. 47% des 38 hôtels aux Caraïbes sont la propriété de RIU et ce sont des hôtels qui fonctionnent toute l’année avec des taux d’occupation élevés.

 

En soixante ans, d’un hôtel familial à une chaîne mondiale.

Quelques repères pour comprendre à quelle vitesse le développement s’est opéré : le premier hôtel, le San Fransisco, a ouvert ses portes en 1953 à Majorque. Dès les années soixante, une intense collaboration a été conclue avec le tour-opérateur DR.Tigges, qui allait devenir plus tard TUI. Il n’y a donc pas de hasard dans la vie. En 1976, RIU et TUI ont fondé une nouvelle société, RIU Hotels S.A., une société d’investissements pour la construction de nouveaux hôtels.

En 1985 le premier hôtel hors des Baléares s’est ouvert à Gran Canaria, le RIU Palmeras. En 1991, ce fut au tour du RIU Taino en République Dominicaine. A la fin des années nonante, Don Louis RIU Bertran, le fondateur de l’empire, est décédé. Ses enfants Carmen et Louis ont pris la relève. Et l’histoire a continué de plus belle : USA, Mexique, Jamaïque, Aruba, Cap-Vert, Bahamas, Costa-Rica, Afrique du Nord, Panama, Sri Lanka, Maurice et des projets dans le pipeline avec, entre autres, Dubaï et les Maldives. It’s a RIU World.

09-12-16 - par Jan Peeters