La valeur du modele en chaine

Sharm el-Sheikh

Tout à coup, les vacanciers se sont retrouvés dans l’oeil du cyclone, proche d’une région où le terrorisme, la guerre et les intérêts géopolitiques s’entrecroisent. Il n’y avait pas de danger direct, mais la situation s’est compliquée dans la foulée. Les décisions sont très vite tombées : plus aucun départ de vacanciers, des appareils vides vont ramener les clients qui attendent sur place. C’est dans de tels moments que le modèle en chaîne prouve toute sa valeur.

Une remarque : si vous connaissez Travel360°, vous savez que nous prenons des initiatives innovantes qui brisent les codes en place. Nous suivons de très près les start up prometteuses et nous analysons les nouveaux business models. Nous ne vivons pas dans le passé, mais nous regardons vers l’avenir en toute confiance. Nous pensons qu’Airbnb, Uber et peut-être prochainement HelloGbye vont rendre le monde au moins plus intéressant et même peut-être meilleur. Nous pensons que vivre avec son temps est la bonne attitude.

Il existe grosso modo deux modèles dans l’industrie du voyage : le modèle en chaîne et le modèle en parties. Dans le modèle en chaîne, le client achète un forfait où les différentes composantes du voyage ont été réunies par l’organisateur – qu’il en assure la gestion complète ou non. Le modèle en partie a pris de plus en plus d’importance au cours des deux dernières décennies : dans ce cas, c’est le client lui-même qui compose son voyage pour en faire un forfait.

La fin du ‘voyage à forfait’ – et donc la fin du modèle en chaîne – a déjà été annoncée à de maintes reprises. Ce modèle ne donnerait pas  suffisamment de latitude à la créativité individuelle, il ne serait plus en phase avec les souhaits et les besoins du consommateur d’aujourd’hui… Le voyage à forfait, le modèle en chaîne et les acteurs classiques se sont souvent retrouvés sur la défensive. Développer un argumentaire sexy vantant les atouts des modèles classiques et de ‘l’industrie du voyage organisé’, semblait particulièrement difficile.  


Eh bien, tout au long de la crise se Sharm el Sheikh, le modèle en chaîne a prouvé toute sa valeur. Nous allons même plus loin : dans un monde incertain et imprévisible, les arguments de vente en faveur du modèle en chaîne sont plus actuels que jamais.

Après le crash de l’avion russe dans le Sinaï, la théorie d’une bombe à bord devenait plus que probable au fil des jours. Dans la seconde moitié de la semaine dernière, il était tout aussi clair que la sécurité de l’aéroport de Sharm el Sheikh n’était pas en mesure de réussir le ‘test terrorisme’.

Les vols ont été annulés et très vite les tours opérateurs et les compagnies aériennes de différents pays ont pris la décision de rapatrier les vacanciers avec des appareils vides. Problème : les voyageurs devaient laisser leurs bagages car personne ne pouvait garantir un screening fiable et complet. En d’autres termes, n’importe quel fou ou terroriste aurait pu à nouveau réussir à amener une bombe à bord. Solution : Jetairfly a envoyé sur place un service de sécurité, avec matériel et chiens, afin de faire le travail et d’accélérer le mouvement. Thomas Cook a pour sa part envoyé un appareil spécialement destiné à reprendre les bagages.  

Détail important : les vacanciers ne sont pas obligés d’interrompre leurs vacances : les resorts sont sûrs et ils prendront un vol retour à la fin de leurs vacances. Et certains se rendent seulement compte à la fin de leur séjour que l’attention du monde est braquée sur leur lieu de villégiature.

Dans des moments comme ceux-ci, les organisateurs de voyages réalisent des miracles avec le modèle en chaîne. Sous l’énorme pression du temps qui file, on compare les scénarios, on envisage les  possibilités et on prend des décisions. On tient compte des risques, des responsabilités sur le terrain, des obligations et des conséquences financières de chaque décision. 

Le modèle en chaîne n’est certainement pas un idéal sacré et le consommateur d‘aujourd’hui  va toujours davantage vouloir composer et gérer lui-même son voyage. Mais quand tout se précipite comme lors de ces derniers jours, le modèle, les acteurs et l’industrie du voyage révèlent des atouts exceptionnels pour le consommateur.

Le tour de force exécuté dans des moments comme ceux-ci ne peut pas être expliqué suffisamment en détail. Mais à Sharm el Sheikh, mieux vaut être un consommateur qui a opté pour le modèle en chaîne qu’un voyageur qui gère lui-même les différentes composantes de son voyage.

08-11-15 - par Jan Peeters