Un été 2017 Horrible!

... Ou pas vraiment ?

Sincèrement, si vous jetez un coup d’oeil en arrière sur les deux ou trois derniers mois et surtout si vous parcourez les titres des articles dans la presse, l’été 2017 ne peut que rentrer dans l’histoire en tant qu’été touristique d’une horreur absolue. Catastrophes, événements terribles, perturbations en tous genres… Et si finalement, tout ne s’était pas si mal passé ?

 

Les files d’attente …

Cela a commencé fort avec de longues files d’attente à l’aéroport de Schipol et elles ont fait la une au Pays-Bas. Le tout a été traité comme une catastrophe naturelle : on a donné la parole aux victimes, les politiciens ont fait des déclarations tonitruantes, les avocats se sont frottés les mains en prévision d’une avalanche de réclamations… Résultat, pas mal de ‘’Schipol bashing’’ à cause de KLM.

 Le surtourisme …

Les médias ont également découvert un autre sujet important qui a été traité de façon sensationnaliste : le surtourisme sur les lieux de vacances populaires. Résumons les articles de la presse et du web : de plus en plus d’attractions et de curiosités croulent sous l’afflux de touristes. La population locale ne trouve plus de logement accessible et est forcée d’aller voir ailleurs. Les touristes adoptent des comportements indécents et foutent la pagaille, pour rester poli. De nombreux articles et reportages ont été consacrés à ce phénomène, parfois dans le style ‘’correspondant de guerre’’ : les touristes ont été confrontés aux porte-parole des comités d’action locaux et autres graffitis vengeurs.

Des incendies un peu partout…

Il semblait aussi que tout le sud de l’Europe était en feu. De nombreux feux de forêt inquiétants ont en effet éclaté cette année, mais avec un printemps très sec, ce n’est pas si exceptionnel que cela au regard de l’histoire récente. Les titres des journaux, mais pas les articles de fond, surfaient sur la vague sensationnaliste : ‘’Le sud de l’Europe en feu’’ avec des photos de touristes en fuite ou réfugiés sur les plages (souvent les mêmes photos reprises partout). Cela donnait l’impression que tout n’était qu’un gigantesque brasier.

 Vagues de chaleur et coup de chaud pour les vacanciers …

N’oublions pas non plus à quel point il a fait chaud dans différents endroits d’Europe : dans certaines régions d’Espagne, d’Italie, de Turquie et de Grèce, la chaleur était en effet étouffante. Des températures dignes de Dubaï. Un grand danger en termes de santé publique selon les médias qui ont insisté sur les problèmes dermatologiques et intestinaux. Dans certains articles, il semblait que la majorité des vacanciers souffraient en permanence le martyre…

Tremblement de terre …

Un séisme, tout comme un ouragan dans certaines parties du monde à certaines périodes de l’année, est toujours possible. Notamment à Kos cette fois où la terre a fortement tremblé avec une magnitude de 6,7 sur l’échelle de Richter qui en compte 7. De quoi s’offrir une belle frayeur même si vous séjournez dans un immeuble bâti dans les règles. Une citation : ‘’les verres s’entrechoquaient, le contenu des trousses de toilette se répandait sur le sol de la salle de bain et le carrelage s’est surélevé dans le restaurant’’. La situation était pourtant plus grave dans quelques petits villages de l’île, mais ce fut frappant de voir à quelle vitesse la discussion s’est orientée vers ‘’remboursé ou non ?’’.  

Conclusion : on est seulement en sécurité chez soi. Vraiment ?

Pourquoi reprenons-nous tous ces faits marquants de l’été 2017 fin août ? Car nous voulons attirer l’attention de tous les véritables professionnels du tourisme sur le fait que chacun de ces événements peut (et va) survenir quasiment chaque été. La seule différence est que les médias vont sans doute enfoncer le clou à l’avenir en traitant chaque fait séparé en profondeur jusqu’à l’épuiser et avec un maximum de sensationnalisme. Le tout avec la combinaison rêvée ‘’Le titre qui tue + photo à sensation + citation émotionnelle d’un touriste sur place’’. Le seul but de cette approche : dans une période où les journaux sont traditionnellement moins lus et moins cliqués sur les sites web, consacrer tous les moyens nécessaires pour encore et toujours attirer l’attention des lecteurs potentiels.    

Les conseillers et les organisateurs de voyages devront être toujours mieux préparés à relativiser la situation, à la replacer dans son contexte et à fournir des informations appropriées. Chaque professionnel est aujourd’hui un porte-parole potentiel et chaque professionnel peut jouer ce rôle. Via les canaux de communication propres au secteur, via les médias sociaux et même via les médias classiques en les alimentant de manière assertive avec des faits et des chiffres reflétant la réalité. Car si vous alignez les articles des deux derniers mois les uns à côté des autres (nous l’avons fait), vous ne pouvez en tant que consommateur lambda arriver qu’à une seule conclusion : vous n’êtes en sécurité que chez vous. Et cette conclusion non plus ne fonctionne pas. La vie est en effet une activité risquée par définition : vous allez en effet aussi en mourir inévitablement. Tel est notre lot à tous.

PS : Un fait réellement horrible comme l’attentat terroriste de Barcelone ne rentre évidemment pas dans cette liste. C’est un événement d’un tout autre ordre. Bien que les attentats terroristes puissent aussi faire potentiellement partie de la vie de tous les jours, il s’agit d’autres causes, d’autres conséquences au plan de la souffrance humaine et cela s’inscrit dans une toute autre histoire, provoquée uniquement par des personnes animées par la haine et l’irrationnel. Nous tenions encore une fois à le souligner.

23-08-17 - par Jan Peeters