Thomas Cook Group 2013-2015

Back to black

19 millions de Livres Sterling, soit 26 millions d’euros : voilà le bénéfice net du Thomas Cook Group pour l’année comptable 2015. Le CEO Peter Fankhauser et le CFO Michael Healy sont des personnages calmes et posés. Pas d’euphorie donc pendant la conférence de presse à l’occasion de la communication des résultats, mais de la satisfaction et une fierté légitime. Un soulagement aussi. Thomas Cook Group réalise son premier bénéfice net depuis 3 ans. Les conséquences d’une phénoménale opération de turnaround. Un véritable revirement.

Petit flash-back en 2012. Thomas Cook Group vient de vivre une expérience de mort imminente ou presque. Un nouveau CEO, Harriet Green, a été nommé depuis quelques mois. Harriet Green a décidé de solidement secouer le cocotier du schéma organisationnel après avoir découvert une entreprise complexe, divisée en royaumes séparés avec des organisations, des stratégies et des supports IT séparés. Le CEO actuel Peter Fankhauser a d’ailleurs été longtemps maître de son propre royaume : Thomas Cook UK.

En 2012, on avait également enregistré de fortes pertes, mais on regardait résolument vers l’avenir. Les principales raisons ? Le top management de Thomas Cook Group voyait des opportunités dans ce que l’on désigne dans le vocabulaire du management comme un ‘target rich environment’ : une organisation qui devait changer, une structure de coûts qui devait être reprise en mains, une gamme de produits qui devait être revue et un portefeuille de marques à dynamiser. Bref, il y avait pas mal de pain sur la planche en 2012.

Retour en 2015. Harriet Green a quitté Thomas Cook exactement depuis un an en faisant cette déclaration : ‘My work is done’. Peter Fankhauser siège donc depuis lors dans le fauteuil de CEO. Après la période mouvementée des changements en tous genres, ce tour operating man qui a connu bien des combats a mis l’accent sur les grands classiques : mix produits, mix distribution, marge et bénéfices.

Avec un franc succès : tous les chiffres essentiels sont positifs. Finalement, après les grandes manœuvres en matière d’organisation et de marketing, les résultats financiers suivent. (Nous avons converti les montants en euros pour vous).

La marge EBIT (Earnings Before Income Taxes) a grimpé de 1,6% ou 179 millions d’euros à 4% ou 440 millions d’euros. La marge bénéficiaire nette affichait un résultat négatif de 536 millions d’euros et se monte maintenant à 26 millions d’euros. La dette nette a évolué de 1,1 milliard d’euros à 2012 à 339 millions d’euros.

C’est un revirement rarement vu avec des résultats prometteurs sur tous les fronts. Si vous examinez les performances de chacun des protagonistes, il apparaît que la Grande-Bretagne a effectué la plus forte progression. Les pays nordiques pesaient déjà d’un poids remarquable dans les résultats et ont continué dans cette voie. La Belgique et les Pays-Bas font partie de la zone ‘Continental Europe’ qui représente encore un grand défi, notamment avec la France.

Thomas Cook Group is back to black et c’est un message bien plus positif que dans la chanson éponyme d’Amy Winehouse…

 

30-11-15 - par Jan Peeters