Thomas Cook Retail Belgium

La Force d’1% d’Espoir

“Il existe 1% de chance que les activités de Thomas Cook Belgique se poursuivent’’. C’était une déclaration de Jan Dekeyser après une réunion du personnel ce lundi et qui a été reprise par les médias et les syndicats. Jan était en réalité plus nuancé : ‘’Aussi longtemps qu’il y a 1% de chance d’arriver à une solution, nous allons essayer’’. Vous devez le lui accorder : il a essayé avec son équipe. La chance était là et ils l’ont saisie. L’histoire est en marche.

75 professionnels efficaces sur le marché de l’emploi

C’est évidemment dommage pour les clients qui ont dû passer leurs derniers jours de vacances dans l’incertitude ou qui n’ont pas pu partir en vacances. Mais sincèrement, il y a des choses plus graves dans le monde. 75 personnes ont perdu leur emploi suite à l’arrêt momentané de Thomas Cook Belgium et Thomas Cook Retail. C’est beaucoup plus grave. Nous sommes cependant confiants dans le fait que ces professionnels du voyage vont vite réintégrer le circuit du travail. Il s’agit d’employés bien formés, performants et très motivés. A peu près tous les tour-opérateurs de ce pays sont à la recherche de collaborateurs, d’après ce que je sais. Alors ne cherchez plus, chers employeurs…

36 heures intenses

Le top management de Thomas Cook Plc a demandé lundi à 3 h du matin la mise en faillite du groupe. A peine 36 heures plus tard, le top de la branche belge a pu confirmer à 510 collaborateurs qu’ils conservaient leur job. 48h après l’annonce de la catastrophe depuis Londres, on a pu annoncer depuis Gand que les salaires seront bel et bien payés. Je m’incline sans aucune retenue devant cette prouesse qui a demandé du courage, de la détermination et de la persévérance. Chapeau à Jan Dekeyser et à son équipe. Et des applaudissements amplement mérités comme ceux qui ont retenti plusieurs fois lors de la réunion de staff d’hier.

Une grande question, trois réponses

La question que tout le monde se pose : cette initiative est-elle viable à terme ? Ma réponse est oui et pour différentes raisons.

La première : le réseau retail de Thomas Cook/Neckermann est une machine efficace et bien huilée. Neckermaan tour operating & distribution n’a pas été seulement pendant des années le noyau dur de l’organisation, mais a aussi contribué à sa santé financière. Le temps est révolu où les agences Neckermann pouvaient uniquement vendre des voyages ‘’directement via l’ordinateur’’. Des produits et services sur mesure peuvent également être vendus par des agents spécialisés. Et avec succès.

La seconde : de nombreux acteurs internationaux sont intéressés par un ancrage stratégique sur le marché belge. Le légendaire duopole a fait peur à pas mal d’investisseurs au sein et hors du secteur du voyage. La distribution a semblé pendant des années être elle aussi cadenassée. Il existe en Belgique, par rapport à d’autres pays, relativement peu d’acteurs régionaux suffisamment forts dans la distribution avec plus d’un ou deux points de vente. Le fait qu’il y ait soudain une chaîne avec plus de 80 points de vente disponibles a éveillé l’intérêt de plusieurs acteurs. Pas encore de noms par souci de discrétion à ce stade, mais ils viendront bientôt.   

La troisième : différents fonds d’investissement disposant de capital (à risque) sont à la recherche de placement intéressants. De nombreux voyants sont toujours au vert pour le secteur du tourisme : le nombre de voyageurs augmente sans cesse, on dispose de davantage de temps libre et avec l’arrivée d’internet, le monde est vraiment devenu un village. Des facteurs comme l’influence sur le climat et le surtourisme sont importants, mais on part du principe que le secteur va prendre des mesures intelligentes dans un avenir proche. Un acteur comme Triton Investment (les investisseurs derrière les reprises de Corendon et Sunweb) a montré spontanément de l’intérêt il y a plus d’un moins dans la branche scandinave de Thomas Cook. Et Triton n’est pas le seul à avoir des projets paneuropéens.

 

Trois étapes

Conclusion : l’indépendance de Thomas Cook Retail Belgium est une initiative audacieuse, mais pas insensée. La première étape était de demander une protection contre les créanciers. C’est fait. La deuxième étape est de diriger la vague de clients inquiets vers les bons canaux, en l’occurrence le Fonds de Garantie. C’est en cours. On va pouvoir ensuite travailler depuis Zwijnaarde à renforcer la nouvelle structure et à discuter avec des repreneurs potentiels. Des oreilles attentives sont d’ailleurs aussi à l’écoute à Hoofddorp, Stockholm et Munich.

24-09-19 - par Jan Peeters