Course difficile pour TUI

... MAIS SANS CRASH

Les temps sont durs pour les grandes entreprises de tourisme internationales. Même TUI a dû admettre en communiquant ses résultats du 3ème trimestre (jusque fin juin) que les circonstances ne sont vraiment pas favorables cette année. Les mots-clés : Brexit, 737 Max et dans une moindre mesure, l’effet des réservations plus tardives. Pouvons-nous faire une comparaison avec une saison de Formule 1 ? C’est parti.

TUI en tant qu’écurie de F1

Si TUI était une écurie de F1, elle aurait sans doute participé à la course au titre mondial, mais aurait terminé juste derrière les 3 premiers. Au cours de cette saison, quelques plus petites écuries, avec moins de budget mais avec plus de chance, auraient lutté pour le titre de champion du monde. Une partie de la presse aurait mis l’accent sur les résultats décevants, mais la presse spécialisée aurait fait remarquer à ses lecteurs qu’il n’y a pas de raison que l’écurie ne (re)devienne pas championne du monde la saison prochaine et celle d’après.

En effet, la voiture est compétitive, le moteur est puissant et fiable, les pilotes ont du talent et l’équipe est expérimentée. Le propriétaire de l’écurie a une vision juste des choses, non seulement en termes de course, mais aussi de l’évolution de la Formule 1 en général.

Des revers liés à la saison

Tout le monde doit constater que cette saison l’écurie doit encaisser pas mal de déconvenues à cause de facteurs externes. Le fournisseur de pneus rencontre de gros problèmes et il a fallu faire appel à un autre, moins spécialisé, avec des pneus moins performants. Et il y a aussi une certaine incertitude due à une nouvelle réglementation imminente. Résultat : difficile de pouvoir faire des plans à court terme.

A cause de toutes ces péripéties, l’écurie a du mal à étendre sa domination sur le terrain comme les saisons précédentes. Cependant, le propriétaire de l’écurie reste relativement optimiste puisque les indicateurs à long terme sur lesquels est basée la stratégie sont bons. Il s’agit donc de terminer la saison du mieux possible car le regard est déjà porté sur l’année prochaine.

 Max, Brexit & réservations tardives

Une comparaison pendant les mois d’été peut être plus risquée qu’à un autre moment, je l’admets. Mais les connaisseurs de TUI et les amateurs de F1 l’ont déjà compris : les problèmes de pneus font référence à la problématique du 737 Max (TUI en possède 15 et devrait encore en mettre 8 en service fin mai. Un planning parfait se transforme en cauchemar financier et opérationnel, mais l’origine provient d’un seul fournisseur : Boeing).

 

Les modifications imminentes du règlement font référence à l’incertitude due au Brexit (le no man’s land dans lequel nous vivons depuis longtemps n’est pas une bonne chose pour le méga marché maison du Royaume-Uni pour TUI). L’été 2018 a encore apporté une ombre au tableau sous la forme de réservations plus tardives. Cette ombre s’éclaircit lentement, notamment grâce aux conditions météo estivales finalement très variables, mais cela a coûté de l’argent. Par exemple, les réservations tardives en Espagne ont été assez difficilement vendues et ‘’difficilement’’ signifie en langage TO ‘’bon marché’’.

Fin de la comparaison avec la F1

Le problème 737 Max a ainsi entraîné une perte de bénéfice de 300 millions d’euros. Ce sont des éléments externes que même le meilleur planificateur ne peut prévoir. Les autres contretemps de la saison 2018/2019 ont bien été absorbés par le business model de TUI. Le segment ‘’Markets & Airlines’’ a pris un maximum de coups et c’était l’objectif depuis le début. De cette façon, on sait très clairement où se situe ou non la douleur temporaire.

Le segment “Holiday Experiences” a connu quant à lui une augmentation de 15% de ses bénéfices. Le choix stratégique d’étendre la marque TUI Blue à 100 hôtels en 2020 semble également judicieux. La croissance rapide se matérialise aussi, entre autres, en Amérique Latine, en Chine et en Inde : l’expansion que connaissent ces pays, via des canaux de distribution en ligne performants, va selon TUI atteindre le million de clients non-européens plus rapidement que prévu.

13-08-19 - par Jan Peeters