TUI-Group: réorganisation au niveau du top management – Elie Bruyninckx au sommet

Lors d'une soirée glaciale d’hiver 2010, dans l’Usine Eskimo à Gand, pendant une soirée spectaculaire, Jetair a présenté le programme pour l'été suivant. Ils ont profité de ce même moment pour annoncer que Bart Brackx, CEO de TUI Belgium, allait céder sa place à Elie Bruyninckx. Bart allait se concentrer entièrement à ses responsabilités vis-à-vis de TUI Europe de l'Ouest. Cinq ans plus tard, Elie Bruyninckx fut nommé CEO de la zone Europe de l’Ouest, la région d’Europe qui comprend la Belgique, les Pays-Bas et la France. Un autre belge dans les plus hauts échelons de TUI. Et quel défi.

TUI a secoué sa division mainstream et a raccourci la distance entre les “source markets” et le sommet de la société. Ces trois anciens CEO des pays se dirigent vers le “Executive Board”,  le niveau de management le plus élevé au sein de TUI Group. L'ancien patron de TUI UK & Ireland, David Burling, devient le CEO de la zone Europe du Nord (Royaume-Uni, Irlande, Suède, Norvège, Finlande, Danemark, Canada, Russie) et le responsable des produits & achats et de plates-formes aériennes. Sebastian Ebel a cumulé, déjà auparavant, sa fonction de CEO Allemagne avec la responsabilité d’Hôtels & Resorts et les compagnies de croisières, IT et TUI Destination Services. Il devient désormais également le responsable de la zone Europe Centrale (Allemagne, Autriche, Suisse, Pologne). Elie Bruyninckx est le nouveau venu de ce groupe sélect. En plus de la Belgique et des Pays-Bas, la France vient élargir son portefeuille.

Jusqu'à la semaine dernière Johan Lundgren, en tant que Deputy CEO et Managing Director Mainstream, était encore le patron de cet illustre groupe. Il a annoncé qu’il quittait TUI Group. On s’y attendait depuis qu'il a été annoncé que le projet de fusion entre TUI Travel et TUI AG allait se poursuivre. Mais avant son départ, Lundgren a toujours été considéré comme le successeur du CEO Peter Long, mais il a soudainement vu son chemin obstrué par un Allemand un peu plus âgé, mais très ambitieux, sans aucun bagage de tour-operating: l’ex topman de Vodaphone, Fritz Joussen. C’était une question de temps avant que Lundgren annonce son départ. C’était quelqu’un pour qui Peter Long avait beaucoup d’estime. Ça en dit long sur la prime de départ.

Elie Bruyninckx s’est donc retrouvé au sommet, à la vitesse d’une fusée. À première vue, l’étendue de son terrain avec la France n’est pas si spectaculaire, mais les apparences sont trompeuses. Avec TUI France à son bord, Elie a reçu la noix la plus difficile à casser au sein des pays-TUI. La récente histoire de TUI en France c’est  des pertes accumulées, des mauvaises décisions, la mauvaise gestion et les tentatives de fraude. Au moins quatre anciens administrateurs se retrouvent dans des procédures judiciaires. La récente reprise de Corsair, la compagnie aérienne de TUI, a été officiellement annoncée et à la dernière minute de nouveau annulée. En bref : c’est un foutoir, là en France. Bart Brackx a encore froid dans le dos, sur sa terrasse dans le sud de l'Espagne, quand il repense à cette période.

Maintenant, c’est à Elie Bruyninckx de redresser la situation. La promotion qui vous propulse au niveau d’Executive Board est, évidemment, le rêve de tout manager ambitieux, mais Elie aura besoin de grandioses compétences de gestion pour mettre le navire sur la bonne voie en France. Looking from the bright side: s’il réussit, il réécrira pour la deuxième fois l'histoire de TUI Group. Son premier exploit historique a été un modèle d'entreprise de Jetairfly unique et hybride, qui a connu un grand succès. Bonne chance et félicitations, Elie.


Voici le club des top managers absolus des plus grands tour-opérateurs d’Europe.

15-05-15 - par Jan Peeters