TUI l'a fait

Un résultat historique

“When the going gets tough, the tough get going” (que l’on pourrait traduire par ‘Quand la situation devient difficile, place aux costauds’) : cette expression semble avoir été créée pour Peter Long, l’architecte du succès de TUI. Actuellement, il doit partager le devant de la scène avec le co-CEO Fritz Jousse, mais les connaisseurs le savent : l’influence de Peter Long pèse toujours dans la politique du tour opérateur.

Autre expression d’un des vétérans de la direction de TUI : “Fritz dreams about the future, Peter takes care of the present”. Et c’est sans doute vrai. Bien peu ont autant de connaissance et d’expérience du secteur que Peter Long. Nous le savons pour l’avoir vécu : si vous devez lui rendre des comptes, mieux vaut connaître vos chiffres à la virgule près et ne rien laisser au hasard.

Le 23 septembre 2015, TUI Group a lancé une ambitieuse et audacieuse communication ‘pre-close trading update’, soit la dernière fois où une entreprise cotée en bourse peut donner des informations sur ses propres performances, avant l’annonce des résultats annuels finaux. Après cette période, vient la période de clôture pendant laquelle l’entreprise ne peut plus rien divulguer sur les résultats attendus. Ce cadre légal a pour but d’empêcher que le cours ne soit influencé par des prévisions irréalistes.

Ce ‘pre-close trading update’ était particulièrement clair : l’entreprise envisageait une croissance du bénéfice de 12,5% à 15% suivie d’une croissance structurelle de 10% au cours des prochaines années. Dans des temps incertains comme aujourd’hui, c’était une déclaration particulièrement forte.

Vous pouviez donc facilement comprendre le sourire de Fritz Joussen et le rictus inimitable de Peter Long lorsqu’ils ont pu communiquer la semaine dernière les résultats pour l’année comptable 2015 qui se terminait le 30 septembre.

Une augmentation du chiffre d’affaires de 8% par rapport à 2014 pour un montant total de 20 milliards d’euros avec une marge bénéficiaire de 15,4%. Au-delà du scénario le plus optimiste donc. C’est le genre de résultats dont la bourse raffole : présenter des objectifs ambitieux et réussir à les dépasser.

Les champions de l’équipe TUI sont la Grande-Bretagne et les pays scandinaves, les divisions Hotels & Resorts et les Croisières. Les chiffres de la division Benelux d’Elie Bruyninckx n’ont pas été  rapportés séparément, mais la division a obtenu de mauvais résultats. Bien entendu influencés par les faibles résultats enregistrés en Afrique du Nord en général et particulièrement en Tunisie. Aux Pays-Bas, les frais de rebranding auraient dû naturellement été déduits – on ne paye la fête qu’une seule fois – et en Belgique, la livraison tardive d’un avion a encore engendré des frais supplémentaires.

Le groupe se prépare également à mettre en vente la division hôtelière en ligne Hotelbeds, mais les services entrants resteront dans le giron de TUI.

Au cours d’une année qui a vu Thomas Cook présenter des chiffres positifs pour la première fois sur une longue période, TUI a fait un solide bond en avant et a produit des résultats records, du jamais vu dans l’histoire du groupe.

Et dire que TUI et First Choice ont été pris de vitesse par Thomas Cook et Myravel il y a huit ans. Une reconstruction de l’histoire récente pour fixer correctement les positions sur l’échiquier en 2015.

En février 2007, le monde du voyage avait été surpris par ‘la mère de toutes les fusions’ : Thomas Cook avait annoncé qu’il fusionnait avec le groupe britannique MyTravel. Les deux entreprises étaient à ce moment respectivement numéro 2 et numéro 4 en Europe. Un mois plus tard, le numéro 1 (TUI) et le numéro ??? (vier 2x…) (First Choice) tombaient dans les bras l’un de l’autre.

Cela ressemblait fort à une fuite en avant pour ces survivants dans un marché en profonde mutation avec toujours davantage de nouveaux concurrents.

Huit ans plus tard, il semble bien que Thomas Cook comme TUI regardent l’avenir avec confiance. Tous deux ont finalement réussi à adapter leur business model et offrir une réponse à la concurrence agressive des TO en ligne et des compagnies aériennes low cost.

Vous trouverez ci-dessous une interview du co-CEO Fritz Joussen à l’annonce officielle des résultats. Il est le numéro 1 sur le podium, mais il n’en oublie pas pour autant l’influence de son collègue Peter Long.

 

13-12-15 - par Jan Peeters