Une nouvelle limite a été franchie

Agression A Majorque

Des voitures de location ont été sérieusement endommagées à Palma de Majorque. L’alarme devrait retentir dans toute l’Europe. Car une limite a été franchie à nouveau en termes d’anti-tourisme. Mais l’histoire ne colle pas. Elle ne colle même pas du tout.

Usage abusif du tourisme

Le groupuscule (presqu’un club)  qui revendique la responsabilité de cette action de vandalisme poursuit plusieurs agendas. Conclusion après quelques heures de recherche : le tourisme a été pris pour cible pour attirer l’attention. Les auteurs agissent sous le nom d’Arran. Et c’est en fait une clique de jeunes ayant en général des parents aisés.

La vidéo a fait son travail

Cette vidéo a entretemps fait le tour du monde et vous l’avez probablement déjà vue. Et c’est précisément l’objectif de ces agitateurs. Il s’agit d’un enregistrement effectué par ‘’l’organisation Arran’’ pour attirer l’attention de tout le monde sur… oui, mais sur quoi finalement ? Deux militants masqués qui vandalisent des voitures de location ? Sur le fait qu’il y ait 100.000 voitures de location ( !) disponibles à Majorque ? Sur le phénomène de la saturation touristique ?

Pas la première fois 

Non, en effet. Arran est une ‘’organisation’’ qui mélange plusieurs semi objectifs pour ensuite en faire ce qui lui passe par la tête. Cette attaque récente n’est pas un fait isolé. Il y a exactement deux ans, des jeunes ont débarqué dans un restaurant sur le port en ‘’uniformes’’ Arran arborant le logo Arran. Les touristes présents – l’établissement était plein – ont pensé qu’ils étaient face à un acte terroriste. Le slogan du moment ? ‘’Les touristes nous exploitent. Majorque a besoin de disposer de son indépendance, de ses propres droits, d’autodétermination’’. Le point commun entre ces différents éléments est pour moi une énigme. Le tourisme ne s’est pas imposé à Majorque au contraire : l’île est le berceau de l’industrie touristique espagnole.

Auparavant, entre 2013 et 2016, le groupe a mené d’autres actions : des drapeaux espagnols ont été brûlés, le siège central de Barcelo Viajes a été couvert d’affiches et en divers endroits des touristes ont été invectivés (un bus a même été stoppé et les pneus ont été crevés). Comment les vacanciers allemands, anglais, hollandais et belges doivent-ils se positionner face à des slogans tels que ‘’Unification et indépendances des territoires catalans’’ ou ‘’ Stop à l’exploitation de la classe ouvrière majorquine’’ ? Ce n’est pas évident au premier abord…

Rich Kids

A noter : la plupart des actions se déroulent pendant les périodes d’affluence lors des vacances d’été car la majeure partie des membres d’Arran sont des étudiants de classe aisée. Un des membres les plus actifs suit des cours dans une école scandinave réputée. Les autres étudient sur le continent dans les meilleures écoles dont le minerval n’est pas donné.

Mélange des genres

Conclusion : Arran est le passe-temps de quelques gosses de riches qui essaient de mélanger des choses qui n’ont pas de rapport entre elles. Le plus tragique est que la partie la plus visible de l’industrie du tourisme et des touristes soient pris pour cible, non pas pour faire passer un message, mais pour que le nom du groupuscule apparaisse dans la presse.

Une évolution dangereuse

Cette histoire montre clairement que nous devons, en tant qu’industrie du tourisme, rester extrêmement vigilants. Nous devons utiliser notre pouvoir de lobbying pour que de telles dérives soient tuées dans l’œuf. Il existe des problèmes concernant l’influence du tourisme sur le climat et le surtourisme en certains endroits. Mais que le secteur du voyage soit pris en otage dans un tout autre contexte ne doit plus être toléré. D’où cette mise au point.

07-08-19 - par Jan Peeters