Vague de bons de réduction

Les Agents de Voyages Sont Exaspérés

Un bon de réduction de 200 € a été diffusé à très grande échelle auprès des consommateurs à travers tout le pays. Cette réduction est valable ‘’pour la réservation de vos prochaines vacances’’. 200 €, cela fait inévitablement réfléchir. De nombreux consommateurs se sont donc rendus dans les agences de voyages, le bon de réduction à la main. Cela a entraîné pas mal de confusion et de discussions difficiles. Résultat, des agents de voyages exaspérés, mais aussi choqués.

Bei Uns in Deutschland…

Vous ne devez pas vous faire du souci immédiatement, cher lecteur : l’événement s’est déroulé… en Allemagne. Le comparateur de prix et vendeur de produits discount Check 24 a envoyé à l’ensemble de sa gigantesque base de données un bon valant jusqu’à 200 € à utiliser lors de la réservation de  vacances. Durée de validité : du 20/12/2018 au 31/12/2019. Une importante réduction donc, mais pas une réduction classique de réservation anticipée.

Résultat : le secteur allemand du voyage est sens dessus dessous. Les agents de voyages sont chauffés à blanc, les tour-opérateurs… espèrent que cela va vite se calmer. Car Check 24 est un important canal de distribution en ligne. Mais également d’autres sites comme Holidaycheck et Lastminute sont nerveux. La combinaison d’une diffusion massive et d’une longue durée de validité font de ce bon de réduction une arme fatale.  

Mais aussi aux Pays-Bas et en Belgique

Vous pouvez cependant aussi commencer à vous faire souci : Cash 24 offre également des départs aux Pays-Bas et en Belgique via des aéroports nationaux et régionaux. Cet hôtel en Egypte peut ainsi être réservé avec un départ en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique.

 

 

Depuis Bruxelles :

 

Depuis Amsterdam : 

 

Dommages collatéraux : l’agent de voyages

Cette arme fatale crée donc des dommages collatéraux dans ces trois pays : l’agent de voyage est en première ligne. Les clients présentent leur bon de réduction et demandent à leur agent de voyages de l’accepter. Et la situation devient pénible. Pour le client, le bon de réduction représente deux billets de 100 euros. Mais en fait, c’est le principe du cash back qui s’applique. Le consommateur paie ses vacances et est remboursé sur son compte bancaire plus tard. Point. Difficile dans ces conditions de mettre en avant votre service et votre plus-value comme arguments. Non pas que ces arguments ne soient pas judicieux, mais à ce moment-là, le client ne les écoute pas. Les 200 euros l’ont rendu sourd.

Check 24 : ‘’Nous réagissons aux réductions omniprésentes sur le marché’’

Par contre les arguments avancés par Check 24 pour se défendre de cette action méritent d’être entendus. Selon un porte-parole ‘’Check 24 réagit uniquement au raz-de-marée d’actions et de réductions en tous genres qui sont diffusées via tous les canaux possibles par les OTA, les chaînes d’agences de voyages, les agents indépendants et les tour-opérateurs.’’

On récupère de la main droite ce qu’on perd de la main gauche

Les connaisseurs des discounters et des comparateurs de prix signalent qu’avec ce type de réduction, les voyages sont peut-être vendus sans marge bénéficiaire ou même à perte. Mais Check 24 va récupérer ce manque à gagner parce que de nombreux clients seront tentés d’acheter d’autres produits avec des marges bénéficiaires bien plus élevée via son site (des assurances voyages, mais aussi des smartphones, de l’électro d’autres produits d’assurance, etc.)

Tout le monde a la conscience tranquille ?

Après les premières réactions scandalisées des agents de voyages, il semble d’une manière ou d’une autre que quasi tous les acteurs aient la conscience tranquille. Les TO ont fermé les yeux aussi longtemps que possible parce que Check 24 est pour eux un important canal de distribution. Des produits de ces TO sont souvent vendus avec 200 € de réduction. Des réductions sont offertes par toutes les parties online et offline, sur des canaux clients ouverts et fermés. D’où une situation qui n’est vraiment pas transparente, voire hypocrite.

Tant que de gros volumes seront écoulés via tous les canaux discount plus ou moins agressifs, la discussion sur l’utilisation des bons de réduction ne sera jamais menée de manière ouverte et sincère. Les tour-opérateurs pourront toujours se plaindre que leurs produits perdent ainsi de la valeur, mais ils savent pertinemment que lorsque cela arrive, il y a deux règles qui priment : ‘’Heads in the beds’’ et ‘’Bums on the seats’’. Cela vaut également d’ailleurs pour la plupart des croisiéristes.  

Un effet aspirateur ?

La principale préoccupation : le déplacement de part de marché vers ces sites discount et comparateurs de prix. C’est la version TO de l’effet Booking.com dans le secteur hôtelier : si un acteur aspire toujours davantage de parts de marché, le contrôle sur les différents aspects du marketing mix devient toujours plus difficile.

 

Il y aura une suite ! Tenez-vous au courant. Nous y reviendrons dans la prochaine newsletter.

 

11-02-19 - par Jan Peeters