Christoph Müller relève à nouveau le défi

L’expression vient de l’un des plus célèbres gestionnaires de crise belges, Karel Vinck (Eternit, Bekaert, Union Minière, SNCB): "Quand on est spécialiste de la merde, on le reste toute sa vie". L’expression peut être facilement appliquée à la carrière actuelle de Christoph Müller, spécialiste de l’aviation, qui devient le grand patron de Malaysia Airlines. C’est un travail difficile, et quelqu'un doit le faire. Un saut de kamikaze, un changement de carrière réfléchi ou tout simplement un salaire astronomique? Quoi qu'il en soit, le 1er Juillet, il entre en fonction.

Un avion disparaît du radar quelque part dans le sud au-dessus de l’océan Indien, et ne fut jamais retrouvé. Un autre avion fut abattu au-dessus de l'Ukraine. Deux catastrophes, avec  au total 537 victimes. Les pertes financières s’accumulent. Une restructuration qui a coûté à environ 30% des employés leur emploi. Avouez-le, même dans l'industrie du transport aérien, nous sommes susceptibles de trouver un emploi plus agréable que d'être CEO de Malaysia Airlines. Pourtant Christoph Müller a échangé  Aer Lingus contre Malaysia Airlines, et devient le premier étranger à la tête de la compagnie aérienne nationale de la Malaisie. La nomination a provoqué l’envie chez l'ancien Premier Ministre de la Malaisie de faire la remarque "Nous ne croyons, apparemment, plus en nous-mêmes. Peut-être que nous devrions aussi  nommer un blanc en tant que Premier Ministre, ils sont apparemment plus intelligents que nous. " Atmosphère agréable  pour Herr Müller.

Cependant, l'Allemand a déjà eu affaire à des situations semblables, d’où la citation de Karel Vinck au début de cet article. En 1999, il a été envoyé par la Swissair de l’époque à Bruxelles en tant que directeur opérationnel de la Sabena, en 2000, il devient le CEO. Le 7 novembre 2001, il a annoncé la faillite de la Sabena. Ensuite, il a confirmé qu’au moment où il a commencé le job, qu'il ne savait pas à quel point la situation de Sabena était grave, "sinon je n’aurais jamais commencé."

Dans son travail actuel aussi, en tant que CEO d'Aer Lingus, Müller devait "abattre pour pouvoir croître": il a licencié 600 personnes, puis élargi le réseau d'Aer Lingus, en particulier transatlantique. Il n’a pas prêté attention à des propositions de reprises répétées de la part de Ryanair.

Et maintenant Malaysia Airlines. Tout ce qui peut tourner mal dans l'aviation, a tourné mal pour cette compagnie aérienne. Désastre, problèmes financiers, une économie hésitante et surtout: des années de mauvaise gestion au plus haut niveau. Malaysia Airlines désespérément à la recherche de l'argent et d’une nouvelle image de marque. La compagnie sera retirée de la Bourse. La concurrence, en particulier, Air Asia sur le marché domestique est difficile et douloureux.

Christophe Muller est un gestionnaire de crise très expérimenté, mais cette fois il semble qu’il ait choisi un travail très difficile. Quoi qu'il en soit, il y a un côté positif: s’il réussit ce travail avec succès, toutes les compagnies aériennes  du monde l’attendront à bras ouverts et avec un contrat en or.

10-12-14 - par Travel360°