La fin de Skiworld et Pam Vermeulen: l'euthanasie à un âge avancé

Skiworld et Pam Vermeulen sont les deux marques importantes qui disparaissent suite à la faillite des sociétés Intertravel NV et Passaat NV. Le patient âgé, malade depuis longtemps a vu que finalement, ce serait encore plus douloureux et lourd de vivre que de choisir l’euthanasie. Une fin inévitable.

"L'homme qui a appris aux Belges à skier" c’est ainsi qu’Eddy fut appelé dans les années nonante. La publicité pour Skiworld et pour cette autre marque, Intercomfort, sur les trams d’Anvers et sur les poubelles - oui mais vraiment - était devenue la partie intégrante des rues d’Anvers. Eddy Hernould, un ex-banquier, est arrivé dans l’industrie du tourisme il y a plusieurs dizaines d’années, une période que certains appellent encore maintenant "le bon vieux temps." Il a été et l’est toujours, l’entrepreneur de deals rapides, d’hauts risques et de faibles marges.

Skiworld a été le début et la fin – d’encore quelques autres activités dont Voyages Barbier à Mouscon- pour les activités touristiques d’Eddy Hernould. Skiworld a été la marque des -principalement d’Anvers- jeunes passionnés de ski, qui cherchaient un moyen pas cher pour passer leurs vacances de ski avec beaucoup de plaisir, une vie nocturne intense et un hébergement simple à un prix abordable.

"Prix bas, grands volumes, risques élevés" : ces trois éléments ont toujours occupé une place centrale dans la façon d’Eddy Hernould de faire des affaires. Des autocars ont été affrétés, des hôtels ont été loués et même exploités, plus tard les avions ont été affrétés chez toute une série de compagnies aériennes européennes et non-européennes.

Un pic temporaire, mais en même temps le début de la période la plus noire de la vie d’affaires d’Hernould fut la fusion, en 2006, de Sunworld, son tour-opérateur de l’époque,  avec Mediterra, la société d’Eray Serimözü. C’était une fusion qui a provoqué de nombreuses discussions entre les  deux entreprises, qui avaient espérer pouvoir réaliser ensemble ce qu’elles n’arrivaient plus à réussir séparément: en tant que “troisième acteur” sur le marché belge, maintenir une position stable avec une rentabilité acceptable.

En août 2010, cette histoire a été finie, et l'entreprise a fait faillite. Le Fonds de Garantie Voyages a essayé de trouver l’un ou l’autre arrangement, jusqu’à ce qu’une solution ait été trouvée pour  "plusieurs milliers de voyageurs."
Ce qui restait à Eddy Hernould c’étaient ses agences de voyages et un groupe de sociétés et de marques qui n’étaient pas concernées par le crash de Sunworld / Mediterra. Il a encaissé des coups personnels et financiers, et est allé plus loin "parce qu'un homme doit quand-même faire quelque chose dans la vie." En 2009, il a repris l’Anversois Pam Vermeulen, l’organisateurs de voyages en car,  Skiworld était encore opérationnelle à ce moment-là. Avec sa fille, son beau-fils et un minimum de personnel, il a fait de sorte que les affaires continuent. Contre toute évidence? Peut-être. Mais avec beaucoup d'enthousiasme et avec une force de travail légendaire. Après tout, la devise d’Eddy Hernould a toujours été: “Work hard, play hard”.

Nous sommes en avril 2015 et l'histoire se termine. Il n’y aura plus de brochures qui partent chez l’imprimeur après les week-ends et les nuits interminables, plus de sites web sur lesquels on a travaillé avec force mais qui devaient toujours rattraper du retard face aux " vrais acteurs en ligne ". Plus de voyages d’études qui en fait, étaient une petite fête prolongée. Cette fois-ci, la VVR -“Vlaamse Solidariteit Reizen”, l’association flamande  des agences de voyages, où les sociétés sont assurées, qui s’en est occupée pour que "Aucun client ne soit abandonné à son sort. L'assureur décidera quels voyages pourront avoir lieu, éventuellement effectués par un autre tour-opérateur. Si le voyage ne peut pas avoir lieu, le client se verra remboursé de tous les coûts ".

La fin était inévitable. La concurrence avec des acteurs comme, entre autres, Skikot  de Sundio Group de Joost Romeijn, allait apporter un combat perdu d’avance. Pam Vermeulen a vu ses clients fidèles mourir un par un, de vieillesse. Les marges étaient faibles, les risques trop grands, le chiffre d’affaires évaporé, les investissements étaient devenus impossibles: une fin inévitable. Celui qui, au cours des trois dernières années, est entré dans les bureaux se trouvant dans la Jezusstraat à Anvers, savait: que cela n’allait plus durer. It ain’t over till it’s over, but now it is over. Inévitable.

24-04-15 - par Travel360°