Brussels Airport pris en étau

De mal en pis

Il y a une constante dans chaque dossier économique où les autorités doivent prendre une part de responsabilités : plus de noms de politiciens sont cités, moins les discussions vont à l’essentiel. Le dossier des nuisances sonores a maintenant atteint son point culminant : les discussions n’ont plus rien à voir avec les enjeux économiques, les types d’avions et les mouvements. Tout est maintenant politique. Et le pire est arrivé : des groupes de travail ont été constitués.

 

Cher professionnel de l’industrie du voyage, un bon conseil : surveillez votre tension artérielle dans les prochains jours et les prochaines semaines. Car le spectacle en train de se dérouler sur fond des normes sonores dans les environs de Brussels Airport est choquant, fleure bon l’amateurisme et est souvent carrément malhonnête. Nous pourrions dans cet article nous lancer dans une diatribe dans toutes les directions possibles, mais cela ne ferait pas non plus avancer les choses au point où l’on en est.

Une histoire d’ambition, de croissance et d’emploi

Nous allons donc faire une tentative de mise au point en deux articles. Nous revenons aujourd’hui au 17 novembre 2016. Soit le jour où le CEO de Brussels Airport, Arnaud Feist, a présenté les projets stratégiques de l’aéroport avec un slogan positif et inspirant : ‘’Connecting Belgium to the rest of de world’’.

 

‘’DIRECTEMENT ET NON-STOP DE LA BELGIQUE VERS LE MONDE’’

L’ambition de Brussels Airport est de doubler les activités et le nombre d’emplois d’ici 2040. L’aéroport promet que d’ici 2040 qu’il y aura moins de nuisances sonores pour les habitants qu’à l’heure actuelle. Il a lancé une plateforme de concertation. Deux options sont sur la table et pour lesquelles l’aéroport lui-même n’a pas de préférence.

Dans le projet et lors de la présentation, les différents points ont été clairement et concrètement expliqués : les avions deviennent toujours plus silencieux (moins de nuisances sonores), le taux d’occupation augmente (moins de vols nécessaires), le nombre d’habitants exposés aux nuisances sonores devrait presque diminuer de moitié et le nombre d’emplois devrait se chiffre à 60.000 d’ici 2040.

Plus de jobs, moins de nuisances, davantage de développement économique : un aéroport ne peut pas donner de meilleures nouvelles, pensez-vous.

Et les embêtements commencèrent

Deux jours après la présentation de la vision stratégique, Feist a dû se défendre. Il constate alors que le gouvernement bruxellois va suspendre le 12 janvier la tolérance des normes sonores et il ne voit aucune avancée dans l’approbation de la fameuse ‘’vliegwet’’.

Feist: "Dans de nombreux pays, les gens applaudiraient à un tel plan d’expansion. En Belgique pas. Tout ce qui concerne l’aéroport est tellement chargé émotionnellement que chaque décision est un problème. Le gouvernement bruxellois tue cet aéroport à petit feu.’’

La fin de la raison, le début de l’émotion : le conflit d’intérêts.

Le 2 décembre, le gouvernement flamand a introduit une procédure en conflit d’intérêts. C’est une possibilité pour pouvoir bloquer toutes les décisions, bien ancrée dans le ‘’système belge’’. A partir de ce moment, le dossier devient politique. On bande ses muscles : ‘’Nous ne nous laisserons pas survoler’’ a dit un ministre flamand. Une déclaration forte, mais pas très constructive.

Trêve de Noël ? Pas en Belgique.

En décembre commence la surenchère politique. Les politiciens bruxellois affirment qu’il y a moins de bruxellois qui travaillent à l’aéroport. Priorité aux bruxellois donc : pas de travail, pas besoin d’activité économique non plus, semble être l’avis du ministre bruxellois de l’économie Didier Gosuin.

Saudi Cargo et Yangtze River Express ont entretemps fait savoir qu’ils allaient transférer leurs vols cargo respectivement vers Francfort et Amsterdam. D’autres compagnies aériennes expriment leur inquiétude. Pendant les vacances de Noël, rien ne bouge. En février 2017, tout s’accélère. Vous en saurez plus dans la prochaine newsletter.

23-02-17 - par Travel360°