Un entrepreneur patron d’un supermarché Delhaize

Dans mon village, il existe un Proxy Delhaize. Un très bon supermarché, avec une grande offre et avec des personnes très amicales - la deuxième génération qui gère le supermarché avec beaucoup de succès. Le père de famille se trouve encore tous les jours dans son magasin et il connaît tout le monde. Après les nouvelles concernant la restructuration de Delhaize, il a reçu beaucoup de questions à traiter. A la fin de la journée, j’ai eu une conversation avec ce détaillant local qui a bien réussi. À propos de Delhaize, à propos de mener une affaire. Et à propos de la vente des voyages.

Il a clairement eu une journée difficile. Beaucoup de questions, de nombreux regards apitoyés, et ses pensées étaient bien sûr souvent avec ses collègues.

Ce n’est pas le fait que “notre” Delhaize se trouverait dans une zone de danger: selon certaines sources, c’est l'un des magasins les plus réussis en Flandre. C’est un endroit où les familles aiment acheter et ils y achètent beaucoup. C’est aussi un lieu de rencontre où vous trouverez toujours quelqu'un que vous connaissez. Un exemple de bon point de vente local.

“Jan, je ne comprends pas qu’une si grande société a pu en arriver là. Ta structure de coût, tu ne peux quand-même pas si facilement en perdre le contrôle? Tu engages quand-même uniquement des gens si tu as du travail pour eux et si cela te rapporte de l’argent? Un supermarché qui tourne depuis des années avec des pertes, tu vas plus rapidement y intervenir je suppose? D’autant plus qu’ils n’existent pas des mauvaises locations ou des mauvais magasins. Il y a uniquement des entreprises mal gérées.”

“D'ailleurs, chez-vous dans le secteur du tourisme, cela se passe plutôt bien non? Je regarde autour de moi et tout le monde part en vacances, beaucoup même plusieurs fois par an. Ce n’était pas le cas il y a trente ans. On donne beaucoup pour les vacances, et à partir de fin juillet, je vois les trois quarts de mes clients revenir bien bronzés. Cela doit être un secteur où il y a beaucoup de croissance et où tout le monde gagne de l'argent?”

Je devais lui expliquer que l’industrie du voyage organisé connait maintenant depuis plusieurs années consécutives une croissance négative. Je devais lui dire que beaucoup d’agences de voyage ont dû fermer leurs portes. Je lui ai décrit un exemple de marges très petites, salaires bas et hauts risques. Je m’entendais entrain de raconter, et j’ai sursauté tellement cet exemple était négatif.

“Mais allé Jan, ce n’est pas possible? Pourquoi tout le monde vend à des prix aussi bas, pourquoi on donne tellement de réduction alors que le client n'a jamais demandé, comment se fait-il que vous ne connaissez pas mieux vos clients? Mon Dieu, ça je n’arrive pas à comprendre. Je vais te dire quelque chose: si demain Aldi ou Lidl ouvrent leurs portes tout près d’ici, la dernière chose que je vais faire c’est de diminuer mes prix. Je vais encore mieux veiller à ce que les clients se promènent ici satisfaits, je vais encore plus les choyer. Non, ce n’est pas vrai ce que je dis : nous faisons déjà maintenant constamment tout cela. Si tu es sûr que tous tes clients sont satisfaits, alors rien ne peut t’arriver. Crois-moi!”

J’ai serré la main de notre entrepreneur de Delhaize, pris mes courses et j’ai marché jusqu’à la voiture. Sur le chemin de retour vers la maison, j’ai pensé à ses paroles sages. Et alors j’ai écrit ce texte.

03-11-14 - par Travel360°