L’IA fera-t-elle un jour grève ?

Je me le demande…

L’IA fera-t-elle un jour grève ?

C’est reparti. Cet après-midi, l’espace aérien belge s’est brusquement retrouvé à l’arrêt. Une grève spontanée au sein du contrôle aérien cloue, à l’heure où nous parlons, les avions au sol sans appel. Pour le voyageur, la situation est particulièrement pénible ; pour les professionnels, c’est un nième crash-test opérationnel à la veille d’une saison estivale déjà sous pression.

Au moment même où le secteur peine à retrouver son élan, ses fondations sont ébranlées par des tensions sociales internes.

Dans le tourisme, on aime rappeler que nous sommes une people’s business. Le facteur humain — l’expertise du contrôleur aérien, l’empathie du personnel de cabine, la flexibilité de l’agent — voilà notre véritable valeur.

Mais les événements d’aujourd’hui imposent une forme de lucidité, teintée de cynisme. Car ce « facteur humain » si essentiel est aussi, dans la configuration actuelle, notre principal single point of failure.

L’IA fera-t-elle un jour grève ? Je me le demande.

Bien sûr, un algorithme peut planter. Un serveur peut surchauffer. Mais un système d’IA ne décide pas, un mardi à 14 heures, de tout arrêter parce que la pression devient trop forte ou parce que le climat social se dégrade.

D’un côté, nous défendons à juste titre le capital humain et l’emploi. De l’autre, ce chaos opérationnel, imprévisible et aigu, accélère mécaniquement l’appétit pour l’automatisation et l’intelligence artificielle.

Parfois, la limite est atteinte. Le terrain de jeu évolue. L’IA est déjà en embuscade.
Chers contrôleurs aériens… il viendra peut-être un temps où vous n’aurez même plus besoin de faire grève.

02-06-26 - par Pieter Weymans