
Autrefois, chaque Belge payait une taxe appelée « taxe radio-télévision ». Dès que l’on possédait une télévision ou une radio, on devait automatiquement s’en acquitter. Cette taxe a été supprimée en 2001, d’abord en Flandre, ensuite dans le reste de la Belgique. Je n’ai jamais su combien elle s’élevait, et je parie que les lecteurs (ou leurs parents) de cet article non plus.
Par la suite, nous avons bien sûr continué à payer, car d’énormes montants de subventions sont alloués aux médias audiovisuels – et nous payons la TVA sur tous les abonnements aux services de streaming, qui sont aujourd’hui plus regardés que les programmes TV classiques.
Cet article ne traite pas des taxes, mais bien du principe des abonnements.
Le modèle économique basé sur les abonnements a commencé à s’imposer au début des années 2010 dans divers secteurs, avec des exemples à succès comme Netflix ou Spotify. Ce modèle offre aux clients un accès aux services contre un montant récurrent, avec à la clé confort et personnalisation. Une chaîne hôtelière pourrait, par exemple, proposer un abonnement mensuel permettant aux voyageurs de séjourner sans limite dans l’ensemble de son réseau, tout en ayant accès à des activités exclusives telles que des visites guidées ou des cours de cuisine locale, renforçant ainsi le sentiment d’appartenance et d’exclusivité.
Entre 2017 et 2019, des entreprises touristiques comme Inspired, TripActions (aujourd’hui Navan) et Selina ont adopté des modèles similaires, tentant d’attirer les voyageurs avec des formules flexibles incluant des réductions, un accès premium aux hébergements ou des avantages réservés aux membres.
Inspirato, par exemple, a lancé le modèle « Inspirato Pass », qui donnait accès à des hébergements de luxe pour un montant mensuel fixe, sans frais supplémentaires.
Inspirato le formule ainsi : « Inspirato Pass est un abonnement de voyage et de lifestyle de luxe qui vous donne accès à plus d’un million de séjours pour 31 900 $ par an, incluant tous les tarifs de nuit, taxes et frais. Inspirato Pass est idéal pour les voyageurs flexibles qui veulent tirer un maximum de valeur de leurs vacances haut de gamme. »
Selina, connue pour son réseau d’auberges destiné aux nomades numériques, a lancé des abonnements mensuels comprenant hébergement et espaces de coworking. Ce modèle semblait parfaitement correspondre au mouvement croissant du « travailler de n’importe où ».
Voici quelques exemples, mais jusqu’à présent, aucun modèle d’abonnement n’a véritablement explosé dans le secteur du voyage. C’est pourquoi un article récent a attiré mon attention :
« Selon le Travelport 2025 Report, 58 % des voyageurs qui partent au moins trois fois par an sont ouverts à des services d’abonnement de voyage. Cet intérêt croissant souligne une opportunité importante pour les entreprises du secteur de l’innovation afin de renforcer la fidélité client de nouvelles façons. Les modèles d’abonnement augmentent non seulement la part du portefeuille, mais assurent aussi un flux de revenus récurrents pour les entreprises, tout en favorisant des relations durables. »
Cela semble simple, mais en pratique, un « abonnement aux vacances » est difficile à mettre en œuvre. Sinon, des marques avec une clientèle très fidèle (comme Airbnb ou certaines chaînes hôtelières de vacances avec un public très attaché) l’auraient déjà testé depuis longtemps.
À mon avis, ce qui pourrait aujourd’hui vraiment séduire – avec toutes les possibilités technologiques actuelles – c’est une carte VIP payante offrant des surclassements, des transferts privés, une sorte de « forfait boissons » et d’autres avantages. L’important ici, c’est que le prix de la « carte VIP » soit suffisamment élevé pour paraître élitiste aux yeux du client et rentable pour l’entreprise, avec le moins – voire pas du tout – de restrictions sur les avantages accordés.
Ce n’est pas une carte de fidélité, mais elle incite tout de même à la fidélité – le client veut amortir son investissement. Concrètement : une personne ayant acheté une telle carte à 500 € auprès d’une chaîne hôtelière choisira très probablement cette chaîne pour ses séjours professionnels comme pour ses vacances. C’est une idée encore brute, qui existe déjà çà et là sous des formes embryonnaires, mais celui qui la mettrait en œuvre en premier pourrait bénéficier d’un avantage de pionnier.
Le secteur des croisières, notamment, expérimente de tels modèles. Si les 58 % de Tripadvisor sont corrects, cela ouvre des perspectives. Hell, yes !
25-03-25 - par Jan Peeters
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