Gardez l’Angola à l’œil

ITB

Gardez l’Angola à l’œil

 

Tous les signaux ne génèrent pas immédiatement du business, mais certains indiquent clairement la direction à suivre. Le choix de l’Angola comme pays hôte de l’ITB Berlin 2026 en fait partie.

Que l’Angola soit pays hôte de l’ITB Berlin 2026, et qui plus est lors de la 60e édition anniversaire, n’a rien d’un hasard. Depuis plusieurs années, l’ITB n’utilise plus ce rôle pour mettre en avant des destinations déjà populaires auprès du grand public, mais pour braquer les projecteurs sur des pays à un moment charnière de leur développement. Des destinations prêtes à franchir une nouvelle étape, sans être encore envahies.

Avant l’Angola, la Géorgie, Oman et l’Albanie ont notamment occupé ce rôle de pays hôte. Trois pays qui, au moment de leur mise à l’honneur à l’ITB, ne faisaient pas encore partie du segment classique des destinations majeures, mais qui disposaient d’un récit clair et cohérent : authenticité, culture, nature, et surtout un choix assumé de faire croître le tourisme de manière maîtrisée.

Et cela leur a clairement réussi.

La Géorgie s’est repositionnée avec succès comme destination culturelle et gastronomique entre l’Europe et l’Asie. Pas grâce au tourisme de masse, mais via des séjours plus longs et des dépenses plus élevées. Oman, de son côté, n’a pas utilisé son moment à l’ITB pour augmenter les volumes, mais pour ancrer durablement son positionnement haut de gamme et durable à l’international. Une approche plus discrète, mais économiquement très solide. L’Albanie est allée le plus vite. Peut‑être même trop vite. Ce qui a commencé comme une « nouvelle découverte » est devenu en quelques années une destination très prisée, avec des chiffres de croissance impressionnants, mais aussi les premiers signes de saturation dans certaines régions populaires.

Trois pays, trois rythmes. Mais un point commun : leur moment à l’ITB est intervenu juste avant cette accélération.

Et c’est précisément ce qui rend l’Angola intéressant aujourd’hui.

Soyons honnêtes : l’Angola n’est pas une destination facile. Ce n’est pas un produit de brochure qui se vend tout seul. Et c’est justement pour cela qu’il correspond parfaitement au marché actuel, où les clients demandent moins « où est‑ce que c’est beau ? » et de plus en plus « qu’est‑ce qui est encore vraiment différent ? ».

Le pays combine une nature spectaculaire – du littoral atlantique aux déserts et aux chutes d’eau – avec une identité culturelle forte, où la musique, le rythme et le patrimoine occupent une place centrale. Ce n’est pas un hasard si l’Angola a choisi le thème « The Rhythm of Life ».

Mais tout aussi important est ce que l’Angola ne cherche pas à être. Pas une destination de masse. Pas un raccourci soleil‑mer facile. Plutôt une destination pour celles et ceux qui recherchent du sens, de l’espace et de l’authenticité. Cela vaut pour le leisure, mais tout autant pour le business.

Pour le leisure, cela signifie des voyages avec du contenu et de la profondeur. Pas pour tout le monde. Mais pour des voyageurs en quête d’expériences qui demandent de la préparation, tout en offrant un réel retour. Des voyages où le rôle du conseiller en voyages est essentiel, précisément parce que rien n’y est évident.

Sur le plan business également, l’Angola entend clairement faire entendre sa voix. Ce n’est pas un hasard si le pays se positionne comme pays hôte de l’ITB Berlin 2026 avec un focus marqué sur le segment MICE. Luanda a récemment été citée par Business Traveller parmi les 20 « Trending Destinations 2026 », avec une attention explicite portée aux voyages d’affaires et à l’événementiel. L’Angola investit massivement dans l’accessibilité internationale, de nouvelles infrastructures événementielles et un cadre institutionnel renforcé. Le nouvel aéroport international de Luanda, des capacités de congrès supplémentaires et la création annoncée d’un Angola Convention Bureau doivent positionner le pays comme un acteur crédible pour les congrès, incentives et événements professionnels.

En résumé : gardez l’Angola à l’œil.

 

19-02-26 - par Pieter Weymans