L'héritage de la CEO de Brussels Airlines, Dorothea von Boxberg

Bénéfices, croissance et fierté retrouvée

L'héritage de la CEO de Brussels Airlines, Dorothea von Boxberg

La semaine dernière, Brussels Airlines a annoncé que sa CEO, Dorothea von Boxberg, quittait ses fonctions à sa demande. Une nouvelle qui en a surpris plus d'un. En décembre, elle déclarait encore dans une interview accordée à notre magazine partenaire TravMagazine qu'elle avait prolongé son contrat jusqu'en 2030 afin de poursuivre le développement de la filiale de Lufthansa.

Si Dorothea von Boxberg ne restera finalement pas jusqu'à la fin de la décennie, c'est pour une raison bien précise : elle a, selon ses propres mots, reçu une « opportunité unique » au sein du constructeur automobile allemand BMW. À partir du 1er septembre, elle y sera responsable de la politique des ressources humaines pour quelque 155.000 collaborateurs.

Malgré ce départ anticipé, Dorothea von Boxberg reste la dirigeante ayant occupé le plus longtemps les commandes de Brussels Airlines depuis que Lufthansa a repris entièrement la compagnie à la fin de 2016. Quel héritage laisse donc la « Person of the Year » (Travel Awards Gala 2025) à sa successeure italienne, Lorenza Maggio ?

Son principal mérite est sans doute d'avoir permis à Brussels Airlines d'enregistrer, sous sa direction – entamée en avril 2023 –, trois exercices consécutifs bénéficiaires. Une partie de ce résultat revient toutefois à l'un de ses prédécesseurs, Dieter Vranckx, qui, durant la crise du coronavirus, avait considérablement réduit la flotte et les effectifs grâce au programme Reboot Plus.

C'est sur cette base allégée que Dorothea von Boxberg a pu construire une « rentabilité structurelle », qu'elle considérait comme « le fondement d'une croissance saine », un message qu'elle n'a cessé de répéter. Et cette transformation opérationnelle s'est concrétisée : la flotte long-courrier atteindra 13 Airbus et le réseau en Afrique subsaharienne est revenu à son niveau d'avant avec 18 destinations.

Les effectifs ont eux aussi de nouveau progressé pour atteindre environ 3.750 collaborateurs. Sous sa direction, la fierté interne a également connu un net regain, comme l'a montré l'an dernier l'étude Randstad. Brussels Airlines y est passée de la 11e à la 4e place du classement des meilleurs employeurs. Un résultat qui découle de choix ciblés, comme la réouverture de la crew room, fermée pendant la pandémie. « Les remarques issues des enquêtes auprès des collaborateurs sont souvent plus précieuses que les chiffres », soulignait Dorothea von Boxberg. « Elles montrent ce qui manque encore aux équipes. »

Parvenir, après une profonde restructuration, à renouer non seulement avec les bénéfices et la croissance, mais aussi avec la fierté et le plaisir au travail, témoigne d'une véritable compréhension du fonctionnement d'une organisation. Que BMW la considère comme la personne idéale pour prendre en charge les ressources humaines de près de 155.000 collaborateurs n'a donc rien d'étonnant.

Par : Cesar Van den Bergh

24-07-26 - par Travel360°