O'Leary fait parler de lui

mais il a peu d’amis

O'Leary fait parler de lui

L’annonce récente de Ryanair de réduire de 1,1 million le nombre de sièges passagers proposés en Belgique en 2026, avec une baisse équivalente prévue pour 2027, a fait couler beaucoup d’encre. La raison ? De nouvelles taxes aériennes imposées par le gouvernement fédéral et la ville de Charleroi. Michael O’Leary, le flamboyant CEO de Ryanair, qualifie cette politique de « stupidité extraordinaire » et avertit que la Belgique se tire une balle dans le pied.

Le sujet suscite manifestement des réactions, puisqu’un article consacré à ce thème sur HLN a généré plus de 330 commentaires. Avec l’aide de l’IA, j’ai analysé ces réactions. Elles sont partagées. D’un côté, de vives critiques dénoncent le « chantage » du CEO et la qualité de la compagnie, tandis que de l’autre, la frustration liée à la pression fiscale belge et la crainte d’un impact économique dominent.

Mais un constat s’impose : Ryanair ne suscite que peu de sympathie.

1. Le groupe « Autre et Mieux » – env. 42 %

C’est la catégorie la plus importante. Ces personnes ont une aversion marquée pour Ryanair, son service ou son CEO (Michael O’Leary). Elles pensent que le marché comblera le vide et se réjouissent souvent du départ de la compagnie pour des raisons écologiques, sociales ou de tranquillité autour de l’aéroport.

Exemples de réactions :
« Place à la concurrence ! D’autres compagnies se bousculent déjà pour reprendre ces sièges. »
« Je préfère payer un peu plus que de participer au plan de ce CEO pour exploiter son personnel. »
« L’environnement y gagnera. L’avion est extrêmement polluant. »

2. Le groupe « Anti-taxes et Inquiétude économique » – env. 28 %

Ce groupe se concentre moins sur la réputation de Ryanair que sur les actions du gouvernement. Il considère la taxe aérienne comme une énième mesure de « ponction » nuisible à l’économie et à l’emploi.

Exemples de réactions :
« La Belgique étouffe sa propre économie. Le citron est pressé jusqu’à la dernière goutte. »
« Moins de passagers, c’est moins de personnel à l’aéroport, moins de fournisseurs, moins de stationnement. »
« 10 % de zéro, ça reste zéro. Le Trésor perdra de l’argent au lieu d’en gagner. »

3. Le groupe « Utilisateur satisfait » – env. 18 %

Ce groupe défend Ryanair d’un point de vue économique : c’est la compagnie qui a rendu le transport aérien accessible au « petit peuple ». Ils estiment que les critiques sur le service sont exagérées, à condition de respecter les règles.

Exemples de réactions :
« Ryanair est très bien si on respecte les consignes. Jamais eu de problème et toujours à l’heure. »
« Montrez-moi quelle compagnie propose un aller-retour pour Gran Canaria à 50 euros. C’est la compagnie du peuple modeste. »
« Pourquoi payer plus cher quand on peut voler à moindre coût ? Un vol reste un vol ! »

4. Le groupe « Relativiste ou Indifférent » – env. 12 %

Ce groupe reste indifférent à la question, soit parce qu’il ne voyage pas, soit parce qu’il ne prend pas les menaces de Ryanair au sérieux.

Exemples de réactions :
« Si tu peux te permettre un billet d’avion, tu ne vas pas pleurer pour 10 euros de taxe. »
« Il ne fait que menacer. Du bluff, comme toujours. »
« Je ne prends pas l’avion, donc cela m’est égal. »

Mais au-delà de l’opinion publique, que représente vraiment la menace d’O’Leary ? Sa stratégie est claire : les avions sont mobiles. Si la Belgique impose des taxes supplémentaires, il déplacera simplement sa flotte vers des pays qui accueillent l’aviation à bras ouverts, comme la Suède ou la région des Abruzzes en Italie, qui viennent justement de supprimer ces taxes.

Cela risque de faire mal. L’aéroport de Charleroi, qui dépend très largement de Ryanair, fait face à un immense défi. La direction a déjà averti, fin de l’année dernière, que la seule taxe de 3 €, imposée par la ville de Charleroi, plongerait l’aéroport dans le rouge, avant même que les effets des suppressions de vols ne se fassent sentir. La perte de 1,1 million de sièges par an ne se traduira pas seulement par une baisse des recettes fiscales, mais aussi par une diminution des revenus issus du stationnement, des boutiques et de la restauration.

L’argument d’O’Leary, soutenu par la courbe économique de Laffer, est que le gouvernement, dans son empressement à récolter plus d’argent, finira par en percevoir moins. Dire que « la mort de la Belgique fait le bonheur des autres » est brutal, mais cela renvoie aux dépenses touristiques et aux emplois que la Belgique perdra au profit de destinations plus accueillantes.

Les Belges, eux, n’en perdent pas le sommeil. La réalité dira qui, de Ryanair ou du gouvernement, avait raison.

21-01-26 - par Pieter Weymans