Influenceurs dans le voyage
Concurrents ou collègues ?

Dans le monde des véritables professionnels du tourisme, il est de bon ton de regarder avec une certaine condescendance le segment des influenceurs. Ils sont souvent considérés comme des opportunistes qui utilisent leur armée d’abonnés comme prétexte pour voyager gratuitement. Honnêtement, je préfère encore qu’ils se désignent comme « influenceurs » plutôt que comme « journalistes de voyage free-lance ». Car, il faut bien l’admettre, il y a eu – et il y a encore – des profiteurs dans cette dernière catégorie.
Depuis la période post-pandémie, la distinction entre les influenceurs amateurs maladroits et les vrais professionnels devient plus évidente. De même, les entreprises qui font appel aux influenceurs font désormais leurs devoirs plus sérieusement. Autre évolution notable : le nombre croissant d’influenceurs qui parviennent à vivre de leur activité, voire même à en tirer de très bons revenus.
Il existe encore des influenceurs qui acceptent des voyages gratuits comme seule rémunération, avec pour unique contrepartie « un reportage de voyage accompagné de belles photos publiées sur leurs propres canaux ». Prédiction : ils vont disparaître. Car le secteur du voyage est trop vaste et trop important pour confier, même une partie du marketing, à des amateurs. Un bon test : si un influenceur publie des selfies où il s'affiche, tout sourire, devant la fontaine de Trevi, la tour Eiffel ou Piccadilly Circus – à éviter.
Il existe une classification des influenceurs qui permet de mieux comprendre leurs différences. Précision importante : les profils décrits dans le paragraphe précédent ne figurent dans aucune de ces catégories. Les sources sont internationales, mais j’ai adapté les chiffres des grands pays – comme l’Allemagne – à une échelle plus proche des normes belges.
Catégorie 1 : Méga-Influenceurs
Ils ont rassemblé des centaines de milliers d’abonnés. Leur audience est engagée et les considère comme très crédibles. Ils sont plus que de simples influenceurs – ce sont des célébrités en ligne, et parfois même hors ligne. Cette catégorie est extrêmement bien rémunérée – pensez à des montants à cinq chiffres pour une campagne de grande envergure, menée de manière intensive et ultra-professionnelle.
Catégorie 2 : Macro-Influenceurs
Ils comptent entre 50 000 et 100 000 abonnés et atteignent ainsi un large public – généralement hétérogène, ce qui rend difficile un ciblage précis.
Catégorie 3 : Micro-Influenceurs
Ce sont des experts dans leur domaine, avec au maximum quelques dizaines de milliers d’abonnés. Leur communauté est généralement active et les suit par réel intérêt pour leur spécialisation.
Catégorie 4 : Nano-Influenceurs
Ce sont des spécialistes hyper-nichés, qui se concentrent sur des domaines où le grand public ne s’intéresse pas forcément. Même s’ils n’ont que quelques centaines d’abonnés, ils peuvent être pertinents pour certaines entreprises, car leur audience affiche un taux d’engagement très élevé.
Le secteur des influenceurs a encore besoin d’une phase de tri, d’un bon coup de balai pour éliminer les amateurs et les éléments indésirables – qui sont encore bien trop nombreux. Mais les ultra-professionnels, ceux qui apportent inspiration, information et véritable qualité, ont de l’avenir. Y compris en tant que vendeurs de voyages.
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