Passer à deux vitesses

Le secteur du voyage reste flexible et tourné vers l’avenir

Passer à deux vitesses

 

Ces dernières semaines, nous avons à nouveau multiplié, au sein de notre équipe, les échanges avec des acteurs du secteur. C’est évidemment quelque chose que nous faisons régulièrement, mais on sent qu’aujourd’hui, peut-être plus consciemment encore, nous cherchons à garder le doigt sur le pouls. Les réactions à notre baromètre des réservations 2026 dans TravMagazine BeLux le confirment d’ailleurs clairement: nous avons reçu un nombre impressionnant de retours. Tout le monde semble rechercher la même chose. Une comparaison. Un point de repère. La confirmation que le collègue d’en face est confronté à une dynamique de réservations similaire.

Ce que nous entendons partout, c’est le même champ de tensions. Les clients hésitent peut-être plus longtemps, scrutent la carte du monde avec davantage de nervosité, mais l’envie de voyager est toujours bien présente, peut-être même plus que jamais. L’attention se porte donc davantage sur des destinations perçues comme « exotiques mais rassurantes »: suffisamment proches pour inspirer confiance, assez lointaines pour offrir un sentiment d’aventure. Le terme de « destination sûre » revient d’ailleurs très fréquemment dans les conversations – une notion que je trouve personnellement assez étrange. En même temps, il faut se garder d’en tirer des conclusions trop rapides. La réalité est plus nuancée qu’une tendance unique ou qu’un sentiment dominant. C’est également ce que souligne Koen van den Bosch, CEO de la VVR, dans le podcast TravMag que nous publierons plus tard aujourd’hui sur le site de TravMagazine BeLux. Aux côtés de Philippe Hagelstein, président de l’UPAV, il apporte un éclairage particulièrement clair sur l’état actuel de notre secteur. Pour celles et ceux qui cherchent aujourd’hui du contexte plutôt que de simples impressions: une écoute vivement recommandée.

Parallèlement, la saison du last minute prend de l’ampleur. Même chez des spécialistes qui, traditionnellement, y étaient peu exposés, mais qui reçoivent désormais, notamment en raison du comportement des clients, des demandes de dernière minute. Cela oblige les entreprises de voyage à s’adapter. Les productions pour l’hiver sont déjà prêtes, les devis doivent être construits en amont, tandis que le marché continue à fonctionner dans l’urgence. En réalité, le secteur évolue aujourd’hui simultanément sur deux vitesses. Penser à long terme tout en répondant à des impulsions immédiates des clients. Planifier stratégiquement alors que, dans cette période, les décisions des clients tombent souvent lorsque les valises sont presque sorties.

Mais c’est peut-être précisément là que se crée un momentum intéressant. Cette situation pousse les entreprises à rester flexibles, à se rapprocher à nouveau du client et à investir de manière consciente dans la communication, le marketing et la fidélisation. Car dans les périodes où le marché se comporte différemment, la visibilité, la présence et la confiance font toute la différence. Il ne s’agit donc pas uniquement de rester opérationnel, mais aussi de continuer à construire l’avenir. Peut-être est-ce là la véritable mission de cette période: non seulement continuer à vendre, mais aussi à regarder vers l’avant. Même lorsque le client, lui, n’ose pas encore totalement le faire.

 

12-05-26 - par