Le lien d’affiliation disparaît

Les créateurs auront leur propre boutique de voyages

Le lien d’affiliation disparaît

Le marketing d’affiliation existe depuis des années dans le secteur du voyage. Un blogueur, un YouTubeur ou un Instagrammeur recommande un hôtel, une excursion ou un transfert, ajoute un lien, par exemple vers Booking.com, et touche une commission lorsqu’une réservation est effectuée via ce lien. Rien de nouveau, donc. Mais les choses sont en train de changer.

Klook, une grande plateforme internationale spécialisée dans les activités, les excursions et les transports, permet désormais aux créateurs de contenu — ou « Kreators », comme elle les appelle elle-même — de disposer de leur propre boutique de voyages en ligne.

Par créateurs, on entend ici des personnes qui ont développé, via les réseaux sociaux, une communauté autour du voyage. Au lieu de partager des liens séparés vers une seule excursion, ils peuvent désormais composer toute une sélection.

Par exemple : leur food tour préféré à Bangkok, un transfert depuis l’aéroport, un parc d’attractions, une activité pour les familles, etc. Le tout réuni dans une seule boutique personnalisée.

Pour le consommateur, l’expérience est différente de celle d’un lien d’affiliation classique. On ne clique plus simplement sur « réserver cette excursion » : on entre dans la « boutique de voyages » d’une personne que l’on suit déjà depuis des semaines, des mois, voire des années. La différence est subtile, mais fondamentale.

Le créateur n’organise pas le voyage. Il ne traite pas non plus le paiement. C’est la plateforme qui se trouve derrière lui qui s’en charge. Le créateur apporte surtout trois éléments : une audience, une sélection et de la confiance. Et c’est précisément cette confiance qui est désormais directement reliée à la vente.

Autrefois, un créateur vous inspirait, puis vous commenciez vous-même vos recherches. Aujourd’hui, cette même personne peut à la fois vous inspirer et vous diriger immédiatement vers une sélection complète de produits réservables. La distance entre l’inspiration et la transaction se réduit donc considérablement.

Chaque créateur construit sa propre niche : le Japon pour les amateurs de gastronomie, les citytrips en famille, les excursions de luxe, etc. Pour le consommateur, cela paraît personnel et à petite échelle. Mais derrière toutes ces petites boutiques peut se trouver une seule et même grande plateforme.

Et c’est là que réside le paradoxe. La partie visible de la vente de voyages devient plus personnelle et plus fragmentée, tandis que l’infrastructure qui se trouve derrière peut, elle, devenir de plus en plus concentrée.

On peut donc considérer cela comme une nouvelle couche dans la distribution du voyage.

16-09-26 - par Pieter Weymans